Dans l’œil du cyclone – Carnet de pandémie poétique

Carnet de pandémie poétique – 29 mars 2020 –

https://blogs.mediapart.fr/laurent-thines/blog

En fin de semaine, l’inquiétude est là : la réanimation est occupée à 80%… il en faudra peu pour arriver à saturation. Ici, au sein de la tour Minjoz, on entend les bourrasques se rapprocher. On sait qu’à la frontière alsacienne, l’hôpital Nord-Franche-Comté a déjà sa réanimation remplie. Il n’y a maintenant plus aucun doute que la tempête s’abattra sur nous dans quelques jours.

Pour nous, soignants, les vendredis sectionnent nos épuisements hebdomadaires entre le corps et l’esprit – enfin, pour ceux qui ne travaillent pas les week-ends – et si le corps est au repos, l’esprit n’en reste pas moins obnubilé. Population déjà à moitié exsangue sous la succion continue de la bête à rentabilité, vingt ans de gestion néolibérale de l’hôpital auront eu raison de son épanouissement professionnel et parfois même de sa passion.

Comment rentrer chez soi heureux et fier du travail bien fait, du service rendu quand on a passé la journée à courir, à gérer les pénuries, à ne pas pouvoir prendre le juste temps d’humanité avec les patients. Comment ne pas se sentir maltraitants et nous-mêmes maltraités à la fois par l’opinion, qui ne nous a pas soutenus et maintenant nous applaudit tous les soirs, mais aussi par l’administration qui voit en nous des fonctionnaires nonchalants à contrôler, à surveiller, à manager, à motiver, à perfectionner, à rentabiliser: « planqués » pour certains, « nantis » pour d’autres, « rois de l’absentéisme » pour beaucoup…

Mais qui parlera de la pénibilité des aides-soignantes qui à cinquante ans font de l’arthrose aux cervicales et aux épaules ou des hernies discales lombaires, qui parlera des agents de soins hospitaliers qu’on considère parfois moins que des balayeurs de rue alors que leur travail d’hygiène est fondamental pour prévenir les infections nosocomiales, qui parlera des infirmières « à 1000€ » qui sont rappelés sur leurs temps de repos ou qui ne peuvent même plus prendre une semaine complète de vacances en famille à Noël… et qu’on envoie réquisitionner à leur domicile par la maréchaussée quand elles sont en grève pour défendre la qualité des soins et leurs conditions de travail …

La fin de semaine venue, nos résidus de volonté expirent aux fils électriques courant la route des retours. La voiture nous raccompagne machinalement comme une complice funeste. Croisements, virages, ronds-points. Tourniquets absurdes du quotidien. Qu’espérer de ce week-end avant cette autre semaine terrible pour beaucoup. Cette pandémie virale ne pouvait pas plus mal tomber. Personnels épuisés, raréfiés, ignorés et méprisés depuis plusieurs mois par le gouvernement et les administrations de la Santé. Les priorités étaient ailleurs. Mais on pouvait prédire qu’un jour ce système trouverait ses limites.

Face à l’imprévoyance, face à l’incurie, face à la mise en danger d’autrui et face au cynisme, se déploie à présent en nous, en petites volutes sombres, une colère sournoise qui infuse ensuite dans nos veines puis s’agglutine dans nos pensées, comme la promesse d’un orage d’été. Les nuits sont rudes… on y pense et ça tournoie là-haut de façon infernale dans nos cervelles, comme un cauchemar à ciel ouvert. On sait bien qu’on n’y échappera pas à cette tempête épidémique. Pourtant, on y croit encore, je veux dire, que l’on va pouvoir la maitriser.

D’ailleurs, malgré les pénuries de matériel de protection (masques, surblouses, solution hydro-alcoolique), malgré le manque de personnel, malgré le manque de lits, malgré le fait que de nombreux soignants soient déjà atteints par le virus, nous sommes parvenus, tous ensemble, à résister au premier coup de boutoir de l’ouragan venu du Grand Est. C’était la semaine passée. La première vague de patients a débarqué dans les services et les réanimations. Et tout est encore sous contrôle, au prix de réorganisations gigantesques ayant permis de libérer suffisamment de places pour absorber l’afflux de malades fauchés par le Covid.

Autres motifs d’espoir : des solidarités incroyables émergent entre nous soignants, qui nous étions habitués à gérer le rationnement des uns au profit des autres et à accepter l’austérité, enfermés au sein de nos pôles hospitaliers devenus des espaces de cannibalisme coutumier. Même si les vieux réflexes sont toujours en embuscade, cette maladie émergente a réussi le tour de force de nous réunir, tous comme un seul, autour de notre cœur de métier : sauver des vies.

La quantité de patients lourds arrivant simultanément en réanimation aggrave considérablement la charge de travail des équipes, en particulier les soins de « nursing » : laver et panser les corps, éviter les escarres aux points d’appui, limiter les complications de l’alitement prolongé. Les patients « Covid + » intubés sont de plus souvent atteints de Syndrome de Détresse Respiratoire Aigu qui nécessite de recourir au décubitus ventral (mise sur le ventre) une grande partie de la nuit (16h) afin d’optimiser le recrutement des alvéoles pulmonaires et d’améliorer l’oxygénation du sang : une procédure délicate (risque d’extubation, d’escarre, d’arrachage de perfusion) mais vitale qui, selon certaines études, pourrait diviser la mortalité par deux. C’est énorme ! Problème majeur: il faut 4 à 5 personnes pour retourner un malade. Simple quand vous en avez 2 ou 3 en réanimation. Mais que faire quand vous avez à faire 40, 60, 80 retournements… et qu’il faut (habillage / déshabillage de protection, retournement, vérifications avant / après) 20 à 30 minutes par patient, 5h par jour pour 5 patients, matin (décubitus dorsal) et soir (décubitus ventral) compris. Cette activité routinière devient alors une charge insurmontable pouvant mettre les équipes à genou.

Qu’à cela ne tienne. Accompagné d’une réanimatrice, de la responsable des kinés, de cadres, de secrétaires, d’attachés de recherche clinique, de médecins et d’infirmières anesthésistes motivées, nous avons monté de toute pièce une Dream Team pour retourner les patients en réanimation : la TEAM_DV (comme décubitus ventral). En une semaine, un appel au volontariat a été passé auquel plus de 100 chirurgiens séniors/juniors et 50 élèves/titulaires kinés ont répondu. Ils seront accompagnés d’infirmières de bloc opératoire, d’anesthésistes-réanimateurs et d’infirmières de réanimation. Pour les préparer à cette procédure de retournement, des ateliers de simulation sur mannequins réalistes ont été organisés auprès de 250 soignants en à peine 4 jours. Nos équipes sont maintenant prêtes à prendre en charge 40, 60, 80 patients s’il le faut, ce qui mobiliserait au pic épidémique 16 équipes ou encore 64 personnes supplémentaires par jour 7j/7 : une véritable armée de « retourneurs »… Quelle émotion de voir tant de dynamisme et d’abnégation, quand on sait les risques pour chacun d’être contaminé et peut-être de mettre sa propre vie en danger…

Vendredi, les douze premiers patients ont été mis sur le ventre…combien d’autres suivront ? Nous ne sommes pas dupes. Les mathématiques épidémiologiques sont impitoyables et en fin de semaine, l’inquiétude est là : la réanimation est occupée à 80%… il en faudra peu pour arriver à saturation. Ici, au sein de la tour Minjoz, les choses évoluent vite. On entend les bourrasques se rapprocher. On sait qu’à la frontière alsacienne, l’hôpital Nord-Franche-Comté a déjà sa réanimation remplie. Il n’y a maintenant plus aucun doute que la tempête s’abattra sur nous dans quelques jours.

Hier, samedi, la météo était pourtant digne d’un superbe printemps. Juste assez pour passer quelques moments précieux à jouer avec les enfants au soleil, presque insouciant, dans le jardin, nous qui avons la chance d’en avoir un. Mais, aujourd’hui dimanche, comme un mauvais présage, le ciel s’est déjà chargé de nuages sombres, l’air s’est refroidi et d’improbables tourbillons de neige se sont affalés sur la campagne bisontine. On aurait dit que la Nature avait compris et que les arbres fruitiers en fleur pleuraient alentour leurs pétales blancs.

Laurent Thines

« Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie… » : Annie Ernaux

lundi 30 mars 2020

par Augustin Trapenard

https://www.franceinter.fr/emissions/lettres-d-interieur/lettres-d-interieur-30-mars-2020

Cergy, le 30 mars 2020

Monsieur le Président,

« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et  ce qu’on pouvait lire sur la  banderole  d’une manif  en novembre dernier –L’état compte ses sous, on comptera les morts – résonne tragiquement aujourd’hui. Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux,  tout ce jargon technocratique dépourvu de  chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays :  les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de  livrer des pizzas, de garantir  cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle,  la vie matérielle.

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Ouvrons le débat sur « le jour d’après, c’est maintenant » (2) : Nouvel état social et communauté planétaire

Face à l’urgence écologique et climatique et aux catastrophes humaines annoncées, la pandémie actuelle doit nous faire prendre conscience de la nécessité de construire une vraie communauté mondiale, où chaque communauté particulière (locale, régionale, nationale) se sent responsable du destin de tous et « en même temps » respectée par tous

Cet article, qui, sans l’ignorer, va au-delà de la crise sanitaire que nous vivons, veut compléter (y arrive-t-il ? à vous de le dire !) celui de François Ulrich sur « Le bel avenir de l’État social » auquel je n’ai évidemment rien à retirer.

Avec la phase en cours de la mondialisation du Capital et la révolution cybernétique, une exigence s’impose de plus en plus : agir en toutes choses en intégrant la dimension planétaire des problèmes, de leurs solutions, et des luttes pour faire gagner parmi ces solutions les émancipatrices contre les régressives, c’est-à-dire contre les «pestes émotionnelles »(1) que sont le repli sur soi, le nationalisme et les intégrismes politiques et religieux.
Contre les tenants du «choc des civilisations» (Trump par exemple, parlait jusqu’à récemment de « virus chinois » !), soutenir que le monde est un et que chaque communauté (peuple, nation) ne pourra agir qu’en se sentant  partie de ce monde, et en réciprocité partie reconnue comme égale par les autres parties. Soutenir cela, sous les deux faces, est un impératif politique et moral.

L’État social, c’est-à-dire la part sociale de l’Etat-Nation, ne peut à lui seul, et par définition, du fait de son caractère national, assurer l’alternative au Capital, rapport social destructeur non pas seulement national mais mondial de qu’il y a d’humain en l’homme et destructeur non pas  seulement national mais mondial de la nature dont l’homme fait partie. Dans la reconquête de l’indispensable souveraineté dans les secteurs économiques clés (transports, secteurs médical et paramédical de services et de productions, pour nous en tenir à l’actualité de la crise du Covid-19), la relocalisation et les circuits courts ont sans aucun doute un rôle utile et important à jouer (voir l’article de François Ulrich), la coordination mondiale des efforts de développement et d’humanisation des hommes aussi – et pas moins.

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« Chiche » aux engagements annoncés par le gouvernement : signons les pétitions pour l’hôpital public et Luxfer

CHICHE 1

 Une récente contribution sur le site de l’Atelier disait « Chiche » aux engagements annoncés par le gouvernement. A juste titre.

Dès maintenant, Chiche !

Propos d’un responsable LR (Les Républicains)

Damien Abad (LR) s’est exprimé sur la crise sanitaire actuelle. Au-delà de considérations évidentes du genre « on n’est pas en capacité de faire des dépistages massifs de la population… », il est allé plus loin en affirmant : « Il ne suffit pas de dire qu’il faut un plan massif pour les hôpitaux, il faut accepter de dire que l’hôpital public doit échapper à toute logique comptable ».

Que dire hormis « CHICHE » ?

CHICHE 2

Nationalisations à l’ordre du jour ?

Hypothèse envisagée au niveau gouvernemental (ex : M. Lemaire). Un cas précis.

L’entreprise Luxfer (à Gerzat), de très haute technologie, produit les bouteilles indispensables aux soins de santé. Elle est l’unique producteur européen de bouteilles d’oxygène médical et est, à ce jour, condamnée par les intérêts financiers-boursiers-spéculatifs. Donc, sa nationalisation est urgente.

Que dire hormis « CHICHE »

Pour ces 2 dossiers, des pétitions invitent les citoyens à faire plus que de belles paroles (hypocrites pour LR) ou des applaudissements (sincères mais avec effet incertain). Donc, signez, même si ce n’est qu’un premier pas.

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Ouvrons le débat sur « le jour d’après, c’est maintenant » (1) : le bel avenir de l’État social.

Un virus, une pandémie, ont des causes systémiques. Elles tiennent pour partie à des raisons d’organisation économique du monde. Les grandes épidémies du moyen âge suivaient déjà les routes commerciales. La cupidité de quelques marchands ayant corrompu les officiers de quarantaine fait déferler le choléra sur Marseille en 1720.

Une crise du capitalocène

Aujourd’hui les causes de cette pandémie sont, avant même qu’elle n’atteigne son pic, déjà bien recensées :

  • Une accélération des transports qui la diffuse presque instantanément, des conditions de mondialisation qui ont rendu les sociétés plus interdépendantes.
  • La contradiction capitaliste, nous disait déjà Marx, tient au fait qu’il y a déjà socialisation de la production mais privatisation des bénéfices. Nous y sommes plus que jamais. Le grand déménagement du monde accroît la dépendance des peuples, tandis que les profits se concentrent dans une part de plus en plus restreinte d’oligarques qui ont seuls les moyens d’échapper aux dangers de leur modèle.

Les choix économiques de la mondialisation heureuse se heurtent au principe de réalité :

  • délocaliser les industries médicamenteuses, la production de masques aux quatre coins du monde rend impossible une réponse en cas de crise globale. La CGT propose la nationalisation de Luxfer à Clermont-Ferrand, usine qui, avant sa fermeture, était la seule en Europe à fabriquer des bouteilles à oxygène médical, et pourrait permettre de créer des stocks et de fournir non seulement la France , mais toute l’Europe. Une usine bretonne de fabrication de masques chirurgicaux a été délocalisée en Tunisie : la pénurie frappe donc la France au pire moment.
  • l’autre cause tient à l’affaiblissement de la biodiversité. Aujourd’hui 60% des maladies infectieuses viennent d’une transmission de l’animal à l’homme. L’extension de l’agriculture rend plus fréquent les contacts entre espèces domestiques et espèces sauvages et par là ensuite le contact avec les humains. La multiplication des pesticides et antibiotiques perturbe la réponse naturelle. Ainsi en Inde les vautours qui faisaient œuvre de charognards sont morts par millions, remplacés par des rats et chiens errants vecteurs de la rage. Nous sommes aujourd’hui rattrapé.e.s par l’affaiblissement de l’écosystème que le capitalisme a accéléré.

L’État social (1), seule solution à la crise mondiale

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Je n’applaudis pas … je crie

le 26/03/2020

NON.

Aujourd’hui, je n’applaudis les soignants. Pourquoi ?

Car ils sont toujours formidables. Comme le sont tant de travailleurs.

Car ce n’est à eux de supporter le poids de l’échec actuel.

Car je ne veux pas réduire cette crise à une Ola médiatique.

Car je veux que les responsables soient démasqués.

Car je veux que les décisions politiques obsédées par les critères européens soient identifiées.

Car je veux que les profits dégagés par les grands groupes financiers-industriels soient exposés

Car je veux que les promesses entendues depuis 2008 soient suivies d’effets.

Car je veux que les hypocrites qui gémissent aujourd’hui assument leur culpabilité.

Car…car..

NON.

Je n’applaudis pas les soignants.

Car je dois applaudir tant de gens. Tant de simples gens. Qui donnent leur temps, leur travail, leur santé, parfois leur vie.

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Coronavirus : la Palestine, confinée, subit de plein fouet les exactions de l’occupation israélienne

http://www.france-palestine.org/Coronavirus-la-Palestine-confinee-subit-de-plein-fouet-les-exactions-de-l

Partout dans le monde les populations, les unes après les autres, vivent le confinement pour lutter contre la pandémie. Tous confrontés au même problème, nous ne sommes pas tous dans les mêmes conditions pour y faire face.

On aurait pu imaginer que la « start-up nation », obsédée par sa propre sécurité, consacre toute son énergie à assurer la sécurité sanitaire des populations qu’elle « administre ». Au lieu de cela, depuis deux semaines, entre la protection des populations et l’application du plan Trump, Israël a choisi : destruction de maisons pour « punir » des familles ou pour prolonger le mur au sud de Jérusalem, construction de nouvelles routes interdites aux Palestiniens pour relier les colonies, arrestations et meurtres d’enfants, incursions toutes les nuits dans les quartiers populaires de Jérusalem…

Plus de limites à l’imagination de cette armée qui ose encore se prétendre la plus éthique du monde : arrêter des volontaires qui désinfectent les rues d’un quartier de Jérusalem abandonné par les services de la ville, quoi de plus normal. Les jeter sans ménagement dans des véhicules en leur hurlant dessus, c’est une conception particulière de la distanciation sociale. Interdire l’accès à l’Esplanade des mosquées pour les musulmans par mesure sanitaire alors que les colons sont toujours accompagnés par l’armée pour y parader : quelle logique si ce n’est d’affirmer la domination d’un peuple sur un autre, et de rappeler aux Palestiniens qu’ils vivent sous un régime d’apartheid ?

Depuis hier, la Cisjordanie est isolée du monde « par mesure sanitaire ». Tous les points de contrôle ont été fermés, isolant complétement du monde des lieux comme le camp de réfugiés de Shuafat où vivent 20 000 personnes entassées les unes sur les autres.

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Hôpital:  Après la tempête le beau temps?  J’ai des doutes…

Il est formidable cet élan populaire de sympathie et de soutien envers les personnels soignants, manifesté chaque soir à leurs fenêtres par bon nombre de nos concitoyens et unanimement encouragé par tout ce que le PAF compte de vedettes, par tout ce que le monde politique compte de tribuns et par tout ce que le gouvernement compte de ministres…
C’est l’union sacrée autour de ces héros envoyés au front sans masque, sans gant, sans lunettes ni combinaison de protection et dont on peut déjà prévoir que certains y laisseront leur vie, sacrifiés sur l’autel de la rigueur budgétaire et de l’impéritie étatique à l’instar de vulgaires liquidateurs de Tchernobyl…

Pour autant, sortira-t-il de cette crise un hôpital meilleur? Plus humain, plus accueillant, plus performant et surtout moins soumis aux rouleaux compresseurs du Marché?
J’ai de sérieux doutes lorsque j’observe que, malgré les louanges dont ils nous abreuvent, nos gouvernants demeurent extrêmement timorés quant aux efforts qu’ils envisagent de déployer pour aider notre système hospitalier à se relever du marasme dans lequel 30 années de bureaucratisme ultralibéral l’ont plongé.
Alors que les subventions pleuvent, que les exonérations se multiplient, que les promesses d’aides en tout genre abondent en direction de la moindre microentreprise de livraison de bonnets de nuit à domicile, alors que des centaines de milliards d’euros sont déjà fléchés pour relancer la machine économique, l’hôpital demeure le grand absent de ces agapes, la crise servant une nouvelle fois de prétexte à la dispersion en règle de notre trésor au profit d’une poignée d’aigrefins dont le bonheur national constitue le cadet des soucis…

De toute façon, nous les soignants, nous le saurons vite si l’actuelle bienveillance affichée à notre endroit par la Nation est, ou non sincère. Nous le saurons exactement dans 3 mois, quand l’été viendra et que ceux d’entre nous qui auront survécu au coronavirus avec son cortège de stress, d’heures supplémentaires, d’admissions de malades à la chaine, de lits d’hospitalisation manquants, bref, de ces constants numéros d’équilibristes auxquels notre conscience professionnelle nous oblige afin de maintenir malgré tout sur pied ce chef d’œuvre en perpétuel péril qu’est devenu l’hôpital, quand tous ceux-là, exténués et néanmoins satisfait du devoir accompli, aspireront à quelques semaines de vacances bien méritées.

En effet, tous ceux qui ne travaillent pas dans le monde médical ne peuvent pas savoir que depuis plusieurs années la politique de grippe-sous qui prévaut à l’hôpital fait que d’années en années les mensualités de remplacement estival qui nous sont allouées se réduisent comme peau de chagrin. Autrement dit l’hôpital rechigne de plus en plus à embaucher des CDD pour remplacer pendant les congés d’été. Désormais, afin de bâtir des plannings estivaux en recourant le moins possible à des remplaçants, nos administrations n’hésitent pas à être coercitives, refusant à certains d’enchaîner plus de 15 jours de congés d’affilée, obligeant des temps partiels à bosser à temps complet et chargeant les plannings des présents afin de compenser les absences…

Nous saurons vite, lorsque viendra l’été et que la crise, espérons-le, sera derrière nous, si limitant nos remplacement nos gouvernants retrouveront leur coutumière morgue ou bien si, cohérents avec ces lauriers que pendant toute la crise ils n’auront pas cessé de nous tresser, ils se résoudront à nous accorder de vraies vacances, à nous servir nos droits sans chercher de quelque manière que ce soit à nous les faire rembourser dans la foulée.
Honnêtement, j’ai des doutes…

J.B, médecin

« Plus rien ne serait comme avant ». Chiche !

Le manque d’équipements met tout le monde en colère.

Toutefois, en ce qui concerne le manque de masques, la faute en incombe à F. Hollande et son gouvernement : en 2011, la France avait en stock 1,5 milliards de masques dont 800 millions de masques chirurgicaux. C’est Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, qui a décidé en 2012 du changement de doctrine, le gouvernement décidant de ne plus s’occuper que du stock pour les soignants, et donc de ne pas renouveler les masques périmés. Pour les autres, aux entreprises, administrations, collectivités, de gérer…

Cela n’exonère en rien le gouvernement actuel de ses errements: retard dans la fermeture des écoles, dans le confinement, et ce qui est pire encore, décisions contradictoires (par ex: restez chez vous et allez travailler en sachant que nombre d’entreprises n’ont pas les moyens matériels  d’assurer le respect des consignes de sécurité). On ne gagne pas « une guerre » sans stratégie claire me semble-t-il. Quoique ! Une stratégie claire peut être erronée…

L’heure n’est pas à la polémique ou au « buzynades » si vous préférez. Quand nous serons sortis de cette crise, il sera temps de créer des commissions parlementaires, et de préciser les responsabilités s’il y a lieu.

Profitons de cette période pour réfléchir et préparer l’après.

Macron a dit que « plus rien ne serait comme avant ». Chiche!

Et cela dépend de nous, car souvenons nous :

En 2008, Sarkozy avait dit la même chose…  Au printemps 2009, il y avait eu trois manifestations massives  où nous disions que « nous ne paierions pas leur crise ». Mais nous n’avions aucun mot d’ordre clair sur la nationalisation des banques, du crédit, le fléchage des aides de la BCE, … Rien de solide n’avait diffusé dans la population, les partis, les syndicats… Et tout est rentré dans l’ordre financier, en pire !

Il serait bien que l’on ne recommence pas. Car chacun le pressent, le sait… Cette pandémie n’est que le prémisse de ce qui nous attend avec le réchauffement climatique : inondations, tornades, sécheresses, canicules, que sais-je encore ? Il ne s’agira plus d’une pandémie menaçant 1 ou 2% de la population, mais bien de catastrophes menaçant l’espèce humaine  toute entière. Osera-t-on les mesures nécessaires qui bouleverseront nos modes de vie occidentaux ? Ou reviendra-t-on au « business as usual » ?

Comment réagirons nous ? Par la guerre de tous contre tous ? Ou par l’entraide et la fraternité ?

François Ulrich

Khi 2 à Ceyrat : Suite … et fin ?

Préalable : la situation sanitaire est sérieuse. Chacun.e. doit être très prudent.e et solidaire. Pour autant, garder le sens de l’humour n’est pas nocif. Au contraire. Alors, tentons de sourire.

Rappel : M. Masselot, maire sortant, a utilisé une formule mathématique (le Khi 2) puis des pratiques bizarres pour imposer ses choix.

Dimanche 15 mars 2020

Le résultat de l’élection municipale  met M. Masselot, en position 3.

Question

Masselot disait : KHI 2

Aujourd’hui, nous questionnons : Qui en 3 ?

Souriez, mais restez très vigilants, pour vous, vos proches et la collectivité. Merci

Coronavirus et protection des personnels : le groupe Front de gauche écrit au maire de Beaumont

Monsieur le Maire,

Certains commerces (alimentation, pharmacies…) restent ouverts, assurant un réel service public, qui nous l’espérons sera reconnu comme tel , à la fin de cette crise sanitaire.

Néanmoins il apparait que le personnel en contact avec la clientèle n’a pas toujours à sa disposition masques et gants indispensables… pourtant  pour la sécurité de toutes et tous .

Au même titre que la police nationale est intervenue sur Beaumont pour vérifier les motifs de déplacements des automobilistes, pouvez-vous diligenter des contrôles dans les commerces de notre commune ?

Ou toute autre intervention qui vous paraîtra opportune pour le bien de toutes et tous.

Sincèrement

Christine Thomas

pour le groupe Front de Gauche  (Christine Thomas – François Ulrich)