Sécurité. Le pouvoir matraque la liberté de la presse


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Mardi, 23 Avril, 2019Caroline Constant, Mélanie Mermoz

La police a bousculé, blessé puis emprisonné des journalistes, ce week-end, pendant l’acte XXIII des gilets jaunes. La répression est montée d’un cran, dénoncent les syndicats.

Quarante-huit heures de garde à vue pour un doigt d’honneur. Gaspard Glanz, le fondateur du site Taranis News, est accusé de « participation à un groupement en vue de commettre des dégradations » et « outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Et l’affaire est grave, très grave. Pour les syndicats, pas de doute : « Castaner et le pouvoir veulent éviter que des témoins ne filment leur stratégie de maintien de l’ordre. Y a-t-il une stratégie de l’intimidation ? » s’insurge au téléphone Emmanuel Vire, du SNJ-CGT. « C’est une pente très dangereuse », renchérit Vincent Lanier, du SNJ, qui pointe « une criminalisation des mouvements sociaux, et maintenant de tous ceux qui témoignent de ce qui se passe sur le terrain ».

Lire aussi : Gaspard Glanz, le journaliste « à tuer direct ».

D’après notre confrère David Dufresne, qui recense les violences policières et les diffuse sous le mot-clé « Allô ? Place Beauvau », on en est désormais à « 76 journalistes, photographes, vidéastes entravés dans leur travail depuis l’acte I », soit plus de « 10 % des victimes ». La thèse de l’accident ne tient plus. La preuve par l’exemple, samedi dernier, avec trois exemples concrets : le premier, Alexis Kraland, de la chaîne YouTube Street Politics, a été interpellé Gare-du-Nord. D’abord simplement contrôlé, le jeune homme a osé demander des explications, ce qui a tout fait déraper : « C’était la brigade cynophile, mais ils n’avaient pas de chien. J’ai demandé le motif du contrôle, ils m’ont répondu que c’était sur réquisition du procureur », a-t-il raconté à Libération. Devant le refus du journaliste de donner sa caméra, les policiers l’embarquent et le placent huit heures en garde à vue, là aussi pour « participation à un groupement en vue de commettre des dégradations ». Sa caméra serait alors considérée comme une « arme par destination ». Une arme bien gênante, visiblement…

Déféré devant le parquet pour un doigt d’honneur

Pour Gaspard Glanz, les forces de sécurité ne se contenteront pas de huit heures de garde à vue. Il faut dire que le garçon excède le pouvoir depuis 2017. Samedi, il était à la manifestation quand, dit-il, il a été touché par une grenade de désencerclement. La suite a été filmée : le journaliste part en quête du commissaire pour demander des comptes en passant devant une ligne de policiers en armures. L’un d’entre eux le bouscule très fort. Gaspard Glanz lui fait un doigt d’honneur. Résultat : deux jours au poste, d’où il a finalement été déféré, hier midi, devant le parquet, muni d’une convocation à une date ultérieure. Pendant ce temps – c’est bien pratique –, Gaspard Glanz n’a pu ni filmer, ni montrer les exactions commises pendant la manifestation de samedi.

Pétition : Libération de Gaspard Glanz et retrait de sa fiche « S »

Enfin, dernier cas relevé parmi d’autres : aux alentours de 15 heures, place de la République, Tristan Goldbronn, rédacteur en chef et cofondateur, en 2016, de Radio Parleur, est victime de coups de matraque alors qu’il enregistre une interpellation réalisée par un « dispositif d’action rapide ». « Les CRS qui étaient à proximité nous ont dit de partir. L’un d’entre eux m’a frappé. Il ne pouvait pas ignorer que j’étais journaliste, je portais un casque avec “presse” écrit en gros et j’avais un brassard. Il m’a d’ailleurs frappé pile à cette hauteur. » Décidé à porter plainte, il tente sans succès d’obtenir le numéro de référentiel des identités et des organisations (RIO) du policier, pourtant obligatoire. Le commandant refuse même de lui communiquer le numéro de l’unité. Pire encore, alors qu’il recroise le CRS qui l’a frappé, celui-ci s’étonne de le voir encore là et le menace. Afin de faire constater ses blessures, Tristan Goldbronn se rend aux urgences : deux hématomes, l’un de 12 cm de haut, l’autre de 8 cm, sont relevés. En plus de sa plainte, le journaliste va se tourner vers l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Les syndicats de journalistes ne vont pas en rester là. « Nous demandons à être reçus par Christophe Castaner », indique Emmanuel Vire, du SNJ-CGT. Même si c’est sans illusions : les deux dernières rencontres sur le sujet, après les premières violences constatées chez les journalistes, n’ont « servi à rien », selon le syndicaliste. Vincent Lanier, du SNJ, invite les journalistes victimes de violences policières à rejoindre la plainte collective, initiée par les deux syndicats et l’Union des photographes professionnels, dont s’occupe l’avocat Jérémie Assous. « On n’est plus dans l’incident isolé. On a besoin que cette plainte soit instruite pour questionner les méthodes des forces de police, mais aussi les consignes qui leur sont données. » Caroline Constant et Mélanie Mermoz

550 personnes défilent à Clermont-Ferrand : « Le droit de manifester, on se battra pour le garder »

550 personnes, dont 150 Gilets jaunes, ont défilé en centre-ville de Clermont-Ferrand, ce samedi après-midi, 13 avril, pour défendre, justement « le droit de manifester », « la liberté d’expression, et toutes les libertés », à l’appel de la Ligue des droits de l’Homme et d’une trentaine d’organisations syndicales, associatives et politiques.

Sur les tuniques des Gilets jaunes, il y a des cœurs, des têtes de mort, des appels au RIC (référendum d’initiative citoyenne), des citations de Victor Hugo et de Che Guevara, des caricatures d’Emmanuel Macron et des appels à sa démission, quelques cocardes tricolores…

Ils étaient 150, cet après-midi, et certains pour le vingt-deuxième samedi consécutif, au sein d’un cortège composé aussi de militants réunis suite à l’appel lancé par la Ligue des droits de l’Homme et une trentaine d’organisations associatives, syndicales et poltiques. L’humoriste Chraz, en gilet jaune, battait aussi le pavé.

« Contre la criminalisation du mouvement social »

De la place de Jaude à la place de Jaude, en passant par la préfecture et les rues commerçantes piétonnes, les 550 manifestants ont marché, en début d’après-midi, « pour défendre le droit de manifester, la liberté d’expression et toutes les libertés », selon les mots de Mohanad Al Abbas, le président régional Auvergne de la LDH, et de Jean-Louis Borie. Les interventions qui ont conclu la manifestation ont appelé à l’abrogation « de la loi liberticide dite anti-casseurs portée par le gouvernement. Tous ceux qui veulent s’opposer à cette criminalisation du mouvement social, et à tout ce qui rogne les droits des citoyens résistent ensemble ».

Laurence Coupérier

Appels et participants – Ces associations demandent, avec Gilets jaunes 63, l’abrogation de la « loi anti casseurs » que vient d’adopter l’Assemblée nationale : ATTAC63, Atelier de gauche, FFMC63, Osez le féminisme63, Dal 63, CGT, PCF, DEI63 (Défense des enfants international), Survie63, ANVCOP2163, Amis de l’Humanité, Parti de gauche, Puy-de-Dôme Nature environnement, Planning familial, France Palestine Solidarité, Parti ouvrir indépendant, France insoumise, Chom’actif, Nature et progrès Auvergne, Syndicat des avocats de France, LDH Clermont et LDH Billom, Unef Auvergne, Alternatiba 63, la Cimade, NPA? FSU, RESF 63, QUEER, Amis du temps des cerises, Justice et vérité pour Wissam, Solidaires Auvergne, FO63, Libre pensée 63, Collectif 63.

13 avril 2019 à 14h, appel à manifester pour le droit de manifester

Appel a_ Manifester 13 avril pour le Droit de Manifester-1

1- Texte de l’appel : c’est le Communiqué de la LDH nationale qui a servi de base à notre débat. Il a été modifié et amendé par les représentants des organisations ;
2- Parcours de la manifestation :
– Départ de la manifestation : Place de Jaude à 14h
– Arrêt devant la préfecture et prise de parole de la LDH
– place Sugny
– place de la victoire
-contournement de la cathédrale
– passage à côté de la mairie
– rue des gras
– rue 11 novembre
– Arrivée Place de Jaude et nouvelles prises de parole (SAF, Gilets Jaunes puis micro ouvert)
– Forum : les organisations peuvent y disposer d’un stand (quelques barnum seront amenés mais si les organisations peuvent en prêter d’autres, ce serait plus pratique – chaque organisation se charge d’amener la table/les chaises nécessaires à son stand)
Plateau Radio Campus (probablement, autour de 3 thématiques avec pour chacune 30 min de débat avec celles et ceux qui interviennent sur le plateau : liberté de manifester, luttes sociales, climat)
Animation proposée par les Gilets Jaunes (« porteur de parole » : fils suspendus et petites pancartes avec des slogans ou phrases d’accroche suspendues) notamment en interpellant les passant·e·s pour que ceux et celles-ci viennent débattre.
Buvette sera mise en place.
3.- Slogans : Manifester est un droit, on s’est battu pour le gagner, on se battra pour le garder (entre autres !)

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Soutenons Julien Pauliac, Secrétaire Général de l’UD CGT du Puy de Dôme

Julien est convoqué au tribunal correctionnel pour avoir, en tant que Secrétaire Général de l’UD Cgt 63, « organisé une manifestation sur la voie publique ayant été interdite dans les conditions fixées par la loi », au péage de Gerzat, lors des mobilisations contre la loi travail XXL, le 8 juillet 2017.

Signez la pétition/motion de soutien à Julien Pauliac.

– Accusation inique –

Julien est ouvrier de l’État à l’AIA ; son syndicat appelle l’ensemble des salarié-e-s à la mobilisation et à la grève, en soutien à notre Camarade.

Lundi de la rentrée 5 novembre 2018

Rendez-vous dès 9h devant l’AIA, 161 avenue du Brézet à Clermont-Ferrand.

Rendez-vous place de l’Étoile à Clermont, de midi à 14h, début de l’audience.

Encore une fois, l’ambition est de « Casser du militant » et ici son premier responsable départemental ; « occuper » nos forces militantes à devoir affronter la justice, forces qui ont pourtant fort à faire sur le terrain social partout en France…

La répression syndicale est un des moyens patronaux et politiques privilégiés pour freiner le développement du syndicalisme et créer la peur de s’engager, de résister et de lutter.

À la CGT nous ne lâcherons jamais rien. Nous ne lâcherons jamais Julien, , ni aucun-e militant-e syndical-e, ni les millions de salarié-e-s qui donnent leur confiance à la CGT.

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MILITANTS PAS VOYOUS!

Julien Pauliac, secrétaire général de l’UD CGT du Puy-de-Dôme comparaîtra le 05 Novembre, à 14h, au TGI pour manifestation non autorisée ! MANIFESTER SERAIT-IL DEVENU ILLÉGAL ???
Sans libertés syndicales, pas de conquêtes sociales et on finira tous à poil !
Rendez-vous à partir de midi devant le palais de justice !

Violences faites aux femmes:​ ​ ​420 millions qui n’existent pas ! ​

Ou comment le gouvernement a roulé dans la farine à peu près tout le monde lors du 25 novembre. Un coup de maître.

Depuis le 25 novembre, Marlène Schiappa nous parle de 420 millions engagés par le gouvernement contre les violences.

Alors je vous propose d’en parler parce qu’en fait… ils n’existent pas. Du tout. (Coucou Agence France-Presse, Le Monde, Le Figaro, Franceinfo et d’autres qui ont repris les chiffres du gouvernement sans vérifier)

Ces 420 millions sont un chiffre issu de ce qu’on appelle le « DPT », Document de politique transversale. Un terme technique pour une idée simple. Chaque année, les services de l’Etat recensent l’ensemble des dépenses relatives à un thème transversal.

Par exemple, sur l’égalité femmes – hommes, le DPT liste les dépenses du Ministère de Marlène Schiappa mais aussi de l’Intérieur, de la Santé, de l’international, etc… En général, on est pas exhaustif. Parce qu’on connaît pas toutes les actions menées en lien avec l’égalité.
Ce document est surtout un outil de communication permettant de montrer l’engagement global de l’Etat sur l’égalité.

Première #FakeNews, la ministre annonce une hausse de 120 millions. Comme l’a montré le journal Les Nouvelles News dans un excellent article, c’est… faux. En fait, ces 120 millions existaient déjà l’an passé. D’ailleurs, incroyable, le DPT 2017 explique dès son introduction que 400 millions sont recensés. Aucune augmentation donc. On reprend les crédits de l’an passé et on les reconduit.

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Inquiétudes et « alertes » du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel)

Rappelons : le CSA est chargé de veiller au respect de diverses règles quant au fonctionnement des chaînes d’info et radio. Outre les attributions de réseau, il exerce un contrôle sur des faits de société. Ex  : protection des jeunes, respect de la dignité de la personne humaine, rigueur dans le traitement de l’info, expression pluraliste des courants d’opinion.

Au titre de cette dernière attribution, le CSA comptabilise les temps d’expression dévolus aux candidats à l’élection présidentielle.

Une précision technique

Tout d’abord, signalons que sont comptabilisés au crédit des candidats les temps d’antenne dudit candidat et ceux de ses soutiens. Les interventions opposées ne sont pas  (logiquement) intégrées dans ces temps.

Les temps ci dessous relevés par le CSA sont donc des temps de soutien.

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Paroles..paroles : temps d’antenne alloués aux partis… vers une présidentielle plus inégalitaire ?

nouvelle-image-1Avant le 10 avril 2017, rien n’impose aux medias télévisuels de respecter une égalité entre partis politiques (dans le cadre de l’élection présidentielle). Quand on connaît l’impact de l’occupation du terrain médiatique, il est intéressant de savoir ce qu’il en est.

 Tout d’abord, 4 précisions

– sont inclus les chroniques et commentaires, sauf en cas de présentation nettement négatives,

– le temps d’occupation sur les écrans par le Président ou les ministres ne sont pas affectés au PS (CF précision ci-dessous),

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Pourquoi, sur les 223 000 femmes victimes de violences conjugales chaque année, 40 % déclarent que les violences redoublent quand elles sont enceintes ?

Pour la Journée internationale des violences faites aux femmes, vendredi 25 novembre, c’est cette dernière qui prend la parole. Stéphanie, donc, avec ses grandes créoles aux oreilles et son accent du Sud, se fait une réflexion de bon sens : pourquoi, sur les 223 000 femmes victimes de violences conjugales chaque année, 40 % déclarent que les violences redoublent quand elles sont enceintes ?

Politique culturelle française : quand un spectacle est annulé faute de visas.

nouvelle-image-3Chers amis de l’Arlequin,

 Nous sommes au regret de vous annoncer que la représentation de « We almost forgot », la pièce de danse contemporaine de Qudus Onikeku, programmée pour le jeudi 3 novembre, a été annulée, plusieurs des danseurs n’ayant pas obtenu leur visa. Le théâtre de l’Arlequin, la compagnie BlonBa, les spectateurs qui avaient prévu de vivre ce grand moment d’art sont punis en même temps que les artistes concernés.
 
Je vous joins la réaction que Jean-Louis Sagot-Duvauroux a postée sur la page facebook de notre théâtre (https://www.facebook.com/arlequin.theatre?fref=ts)

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2012-2016, le changement : au Journal Officiel, un fichier biométrique de 60 millions de « gens honnêtes ».

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http://www.nextinpact.com/

Hier, au Journal officiel, le gouvernement a publié un DÉCRET instituant un fichier monstre commun aux passeports et aux cartes nationales d’identité. Destiné à faciliter établissement et renouvellement de ces titres, en plus de prévenir les fraudes, il va ingurgiter des centaines de millions de données puisées dans toute la population française.

En 2012, lorsqu’ils avaient attaqué devant le Conseil constitutionnel la proposition de loi relative à la protection de l’identité, une cohorte de sénateurs et députés socialistes, dont Jean-Jacques Urvoas, avait dénoncé le super fichier voulu par la majorité d’alors. Une mégabase regroupant l’ensemble des informations du passeport français et de la carte nationale d’identité qui représentait selon eux « une ingérence dans l’exercice du droit de toute personne au respect de sa vie privée ».

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La muraille de Chine : le maire de Clermont-Ferrand décide de la détruire sans une véritable consultation des habitants.

nouvelle-image-1Hier soir maison de quartier de St Jacques le Maire et sa majorité avaient invité les habitants du quartier pour leur dire que rien n’était fait mais que la « déconstruction » se ferait et que rien n’était acté pour l’après mais que la reconstruction se ferait.

 En bon politique après un monologue de 25 minutes suivi d’un film, l’homme a enfumé son auditoire mais il a été plutôt bon. Il s’est fait conspué en première partie lorsqu’il a pris les habitants pour des manants.

Que dire sinon que les sans voix le sont restés. Nous lui avons fait remarquer que la décence eut été de réunir d’abord les intéressés avant le grand public.

Ce matin France inter annonçait le fait que tout été acté.

 Remarque : que des politiques prennent des décisions ok, mais que les concernés l’apprennent par la presse alors que « des dizaines de réunions aient déjà eu lieu à Paris dans le cadre de l’ANRU » au dire du Maire est un déni de démocratie.

 En annexe le FG distribuait le papier ci-joint

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