Le Serment du Centquatre

Un Serment pour l’accueil des migrants adressé à la classe politique a été lancé jeudi 25 octobre à Paris par 11 rédactions (Mediapart, Politis, Regards, Basta !, Le Courrier des Balkans, L’Humanité, Là-bas si j’y suis, Siné Mensuel, Alternatives économiques, le Bondy Blog et La Marseillaise) à la suite du Manifeste signé par plus de 50.000 personnes.

Considérant que l’humanité n’est pas assignée à résidence et qu’il n’y a pas de crise migratoire mais une crise de l’accueil ;

Considérant que toute concession aux idéologies de rejet des étrangers et aux politiques de préférence nationale nourrit les peurs et fait le lit de la haine, au lieu de faire reculer les ombres qui menacent ;

Considérant que, de même qu’hier, un peuple qui en opprimait un autre ne pouvait être libre, aujourd’hui un peuple ne sachant pas être au rendez-vous des solidarités avec l’humanité ne saura plus les défendre pour lui-même ;

Considérant que toute dérobade au devoir d’hospitalité ouvre la voie à la remise en cause de l’égalité des droits, fondement premier d’une politique démocratique, au plus grand bénéfice de l’autoritarisme et du fascisme qui grandissent.

Les médias initiateurs du Manifeste « Pour l’accueil des migrants » demandent aux élus locaux, nationaux et européens, à tous les responsables politiques qui entendent solliciter les soutiens et les suffrages des citoyennes et citoyens pour pouvoir agir et gouverner, de faire le serment d’accueillir les migrants.

C’est-à-dire :

Le serment de s’engager à respecter les droits fondamentaux de tout être humain à quitter tout pays, y compris le sien, à y revenir et à circuler librement à l’intérieur d’un État, tels qu’ils sont énoncés par l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Le serment de promouvoir un accueil digne de tous les nouveaux arrivants, de leur assurer les droits civils, sociaux et politiques qui leur sont dus, avec des dispositifs publics assurant la prise en charge des personnes les plus vulnérables et l’information complète de tous les migrants sur leurs droits.

Le serment de garantir le respect effectif du droit d’asile des personnes menacées de persécution, avec l’élargissement des critères ouvrant droit au statut de réfugiés afin de prendre en compte les causes variées de l’exil forcé.

Le serment de refuser toute discrimination liée à l’origine, à la culture, à l’apparence ou à la croyance, tout comme au sexe et au genre. Le serment de faire en sorte que le pays où furent proclamés sans frontières les Droits de l’homme et du citoyen ne soit pas celui de sa seule déclaration, mais celui qui leur donne vie et réalité, par une politique volontaire et exemplaire.

La situation des migrants regroupés place du 1er mai : intervention au conseil municipal de Beaumont

Nous pensons que nous ne pouvons pas conclure ce conseil municipal sans évoquer ce qui s’est passé et se passe encore place du 1er Mai, dans notre métropole.

Nous savons très bien que l’accueil d’urgence est une compétence de l’État et que l’accueil des mineurs isolés est une compétence du Conseil Départemental. Ce n’est pas parce que l’un et l’autre n’assument pas leurs responsabilités que nous ne devons rien faire et que nous pouvons regarder ailleurs.

Nous sommes une métropole de 290 000 habitants, dont le budget de fonctionnement avoisine 230 M€, dont une étude de 2015 estime à 7% environ le nombre de logements vides, et il a fallu 7 semaines pour trouver un début de solution et placer 144 personnes à l’abri sur les 251 que la Préfecture a dénombré le 9 octobre. En effet depuis ce matin 100 personnes sont accueillis dans un gymnase appartenant au ministère des finances semble-t-il et 44 autres à Monanges. Il reste selon les décomptes de la préfecture une centaine de personnes place du 1er mai qui selon nos informations devraient être abrités dans le gymnase Andanson à Montferrand (gymnase qui bénéficie d’un permis de démolition depuis 2 ans!).

Nous savons tous très bien que ce problème est permanent et se posera à nouveau de manière aussi visible. Et nous savons tous également très bien qu’une des causes importantes de celui-ci est le choix absurde des gouvernements successifs et de celui-ci en particulier qui consiste à refuser de régulariser la situation des personnes non expulsables. Du coup celles-ci ne peuvent ni travailler ni se loger, et errent entre les hébergements d’urgence, les squats et la rue.

Le 26 septembre, a vu le jour l’ Association nationale des villes et des territoires accueillants qui s’est fixée pour but de refuser « toute politique remettant en cause l’accueil inconditionnel, entravant les libertés fondamentales et constituant une forme de violence institutionnelle ». Il s’agit de dire à l’ Etat qu’il y a des politiques migratoires qui ne résolvent rien, fabriquent de la misère et restreignent les droits humains. Là où nous sommes, nous élus de territoires, nous voyons bien que cela n’est pas acceptable. Des villes comme Nantes, Grenoble, Briançon sont dans cette association.

Nous pensons que notre commune doit prendre sa part de responsabilités, s’organiser pour pouvoir proposer des places d’accueil, et peser de tout son poids au sein de la métropole pour organiser la solidarité des communes envers ces personnes exilées.

Je vous remercie.

Groupe Front de Gauche

Christine Thomas, François Ulrich

Conseil municipal du mardi 16/10/2018

Commentaire de la rédaction : le maire et le conseil municipal n’ont pas réagi après cette déclaration. Le Maire est passé à la question suivante…

Un toit c’est un droit ! Solidarité avec les exilé.e.s de 1er mai !

Depuis début septembre, plus de 150 exilé.e.s dont une cinquantaine d’enfants ont posé leurs tentes sur la place du 1er mai à Clermont-Ferrand. Ils viennent d’Albanie, de Russie ,d’Afghanistan, de Macédoine de Géorgie, d’Éthiopie, de Guinée, de Serbie ou d’Algérie… Dans le même temps, 90 mineurs isolés venus seuls de différents états africains survivent de squats en squats.

Depuis plusieurs mois, les services de l’État les laissent vivre dans le dénuement le plus total sans toit au dessus de leurs têtes, sans accès à l’eau ni à des sanitaires. Les pouvoirs publics (Préfecture, Mairie, Conseil Départemental) se renvoient la balle, laissant la situation pourrir et confrontant ces familles et ces enfants aux dangers et à l’insalubrité de la rue et bientôt au froid. Beaucoup sont demandeurs d’asile ou bénéficiaires de la protection subsidiaire et de ce fait l’État leur doit le logement. C’est un droit. C’est à la préfecture de rendre ce droit accessible.

L’obtention d’un toit est la condition première pour que soient respectés les droits humains fondamentaux – soins, scolarité et formation, emploi… – conduisant à une bonne insertion dans ce pays.

Des solutions existent. La mobilisation de l’année dernière avec l’occupation de la fac de lettres de Gergovia nous a prouvé que lorsque nous nous organisons, les pouvoirs publics n’ont d’autres choix que de respecter le droit de ces personnes à un hébergement d’urgence. A l’échelle seule de la ville de Clermont-Ferrand, plus de 4000 logements sont vides et pourraient accueillir ces personnes. La loi de réquisition administrative des logements vacants le permet. Il faut l’appliquer.

Face à cette situation sanitaire et humanitaire dramatique, les exilé.e.s soutenu.e.s par les associations et les citoyen.ne.s ont pris leur sort en main pour s’organiser, lutter collectivement et exiger des solutions de relogement pérennes pour l’hiver et une issue positive à l’examen des situations administratives.

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Solidarité avec les migrants : l’Atelier écrit au préfet du Puy-de-Dôme et au président du conseil départemental

Monsieur le Préfet du Puy-de- Dôme,

                        Depuis maintenant près de trois semaines un «camp» improvisé de personnes de différentes nationalités s’est installé place du 1er mai à Clermont-Ferrand. Ces personnes au nombre de 150 environ, dont une quarantaine d’enfants parfois très jeunes (au moins trois sont des nourrissons), vivent dans un dénuement complet et dans des conditions sanitaires déplorables, voire même à court terme dangereuses : un seul point d’eau et deux toilettes.

Chaque jour, de nouvelles personnes sont accueillies, aggravant la promiscuité déjà problématique et, par voie de conséquence, les risques épidémiques.

De plus, la présence de seringues dans les toilettes d’urgence mises à disposition par la municipalité (seule autorité ayant apporté à ce jour une aide) est constatée. C’est dire si, aux risques sanitaires s’ajoutent des risques en termes de sécurité, et singulièrement pour les plus exposés, que sont les adolescents et les jeunes adultes. 

                        Devant la gravité de cette situation intolérable, les membres de «l’Atelier de gauche» de Beaumont, Ceyrat et Saint-Genès-Champanelle vous demandent de façon solennelle que soit mis fin à cet état de fait indigne de notre République, contrevenant formellement au respect des droits humains les plus élémentaires.

                        Nous requérons en conséquence, un hébergement et des conditions sanitaires et d’alimentation conformes aux normes en vigueur, quelle que soit la situation administrative de ces personnes et ce, dans les plus brefs délais.

                        Particulièrement sensibles au devenir des nombreux enfants présents avec leurs parents, et à celui des mineurs non accompagnés, les membres de « l’Atelier de gauche » souhaiteraient également, conformément à la loi, que les autorités du département rompent avec la passivité et l’indifférence qui ont été les leurs jusqu’alors, et prennent en charge ces enfants et adolescents, tant sur le plan de leurs besoins élémentaires que sur celui de leur éducation.

                        « L’Atelier de gauche » apporte tout son soutien et exprime sa gratitude aux Associations de solidarité, ainsi qu’aux citoyens, qui par leur action quotidienne pallient l’absence de prise en charge des autorités du département.

 Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de nos salutations distinguées.

                                                          

                                                                       Pour «l’Atelier de gauche»

                                               de Beaumont, Ceyrat et Saint-Genés- Champanelle,

 Le président

Roger Bichon

 

N.B : copie de ce courrier à Monsieur Président du Conseil Départemental du Puy-de- Dôme.

Monsieur le Préfet du Puy de Dôme

Monsieur Président du Conseil Départemental

Un appel à la solidarité de la part du collectif « Clermont Fait Monde »

Depuis plus de 15 jours, plus de 150 exilé.e.s dont une cinquantaine d’enfants ont posé leurs tentes sur la place du 1er mai à Clermont-Ferrand. Ils viennent d’Albanie, de Russie ,d’Afghanistan, de Macédoine de Géorgie, d’Éthiopie, de Guinée, de Serbie ou d’Algérie…

Avec le soutien de citoyen.n.es et de militant.e.s, les familles et les personnes isolées se sont regroupées pour faire respecter leur droit à un logement digne. Depuis plusieurs mois, les services de l’État les laissent vivre dans le dénuement le plus total sans toit au dessus de leurs têtes, sans accès à l’eau ni à des sanitaires. Les pouvoirs publics (Préfecture, Mairie, Conseil Départemental) se renvoient la balle, laissant la situation pourrir et confrontant ces familles et ces enfants aux dangers et à l’insalubrité de la rue et bientôt au froid.
Beaucoup sont demandeurs d’asile ou bénéficiaires de la protection subsidiaire et de ce fait l’État leur doit le logement. C’est un droit.
C’est à la préfecture de rendre ce droit accessible.

La solidarité est forte mais afin d’assurer un relais entre militant.e.s et bénévoles, nous lançons un appel que nous espérons être le plus large possible : nous avons besoins de présence sur place, toute la journée, mais encore plus le soir pour la préparation et la distribution du repas (entre 18h et 21h) , et la nuit pour la tranquillité du camp.

Merci de relayer cet appel dans vos réseaux militants et privés.

Pour suivre les actualités du campement sur les réseaux sociaux, c’est par ici :
https://www.facebook.com/clermontfaitmonde/

Un framadate permet aussi de signaler sa présence afin de s’organiser au mieux :
https://framadate.org/2cSVrlaLCzHdoVJR

Les horaires sont donnés à titre informatif et peuvent être définis plus précisément en commentaire sous le tableau.

Un toit, c’est un droit !

Depuis le 3 octobre 2017, une centaine de réfugiés, dont une quarantaine d’enfants, « campent » dans l’enceinte de la faculté des lettres de Clermont-Ferrand. Ailleurs, dans un squat, plus de trente mineurs isolés venus de différents états africains « vivent » avec l’aide de militants du Réseau Éducation Sans Frontière (RESF).

Certains sont demandeurs d’asile et de ce fait l’État leur doit le logement, les mineurs relèvent de la responsabilité du Conseil Départemental, la loi permet la réquisition des logements vides.

Il n’est pas acceptable que la Préfecture du Puy-de-Dôme, le Conseil Départemental, la Mairie de Clermont-Ferrand et le Conseil Communautaire de la future métropole auvergnate ne réussissent pas à loger décemment une centaine de personnes et laissent dehors une quarantaine d’enfants !

L’Atelier du Front de Gauche du canton de Beaumont appelle les pouvoirs publics (Préfecture, Conseil Départemental, Mairie de Clermont-Ferrand , Conseil Communautaire) à répondre rapidement à cette situation au risque de laisser ces familles et ces enfants sans protection face aux dangers et à l’insalubrité de la rue et maintenant au froid.

Réfugié-e-s sur le campus universitaire : Appel au soutien militant

Images intégrées 1Depuis le 3 octobre une centaine de demandeurs d’asiles, dont une quarantaine d’enfants ont posé leurs tentes dans l’enceinte de la faculté de lettres de Gergovia.

Avec le soutien des membres du Réseau Éducation Sans Frontières, ces familles et ces personnes isolées se sont regroupées pour faire respecter leur droit à un logement digne. Depuis plusieurs mois, les services de l’État délaissent ces familles, les laissent vivre dans le dénouement le plus total sans toit au dessus de leurs têtes, sans accès à l’eau ni à des sanitaires. Les pouvoirs publics (préfecture, mairie, conseil départemental) se renvoient la balle, laissant la situation pourrir et confrontant ces familles et ces enfants aux dangers et à l’insalubrité de la rue.

Pourtant, des solutions existent. A l’échelle seule de la ville de Clermont-Ferrand, plus de 4000 logements sont vides et pourraient accueillir ces personnes. La loi de réquisition administrative des logements vacants le permet.

Face à cette situation sanitaire et humanitaire dramatique, les demandeurs d’asiles et les associations ont pris les choses en main pour s’organiser, lutter et exiger des solutions de relogement pérennes pour l’hiver et une issue positive à l’examen des situations administratives.

Alors que la situation s’enlisait depuis plusieurs semaines, dès le 4 octobre nous avons été reçus par la préfecture nous annonçant qu’elle accélérait l’examen administratif des dossiers de ces familles.

Sur le camp la solidarité s’organise. Étudiant.e.s, badauds et riverains offrent leurs services, organisent des collectes de nourriture, de vêtements chauds, de tentes, de duvets… Malgré ce soutien toujours plus nombreux nous avons toujours besoin de nourriture, de produits d’hygiène, de couvertures, de matériel de camping (retrouvez la liste des besoins sur la page Facebook du RESF 63).

Néanmoins nous avons besoin qu’un maximum de camarades puissent passer sur le camp afin de relayer les militant-e-s présent-e-s depuis le début. Pour des raisons évidentes de sécurité et d’accueil nous assurons une présence 24h/24h. La menace des fascistes est réelle (plusieurs d’entre eux sont déjà venus perturber le camp et ont été évacués par les militant-e-s).

Incendie du centre d’accueil et d’orientation des migrants de Calais à Loubeyrat (63): répondons à la haine par la solidarité.

Communiqué de Presse  Boris BOUCHET,
Conseiller régional PCF,  Conseiller municipal et communautaire de Riom

 Dans la nuit du 23 au 24 octobre, le site de Loubeyrat destiné à abriter un centre d’accueil et d’orientation des migrants de Calais a été la cible d’un incendie criminel.

Celà fait suite à une série d’actes criminels du même type en Isère, en Loire-Atlantique et en région parisienne. Je dénonce avec force cet acte aussi stupide qu’abject, témoin du climat délétère distillé dans notre société. J’en appelle à la solidarité des femmes et des hommes de notre territoire qui sauront répondre avec humanité aux actes racistes et xénophobes.

 La responsabilité des personnalités politiques est d’éteindre plutôt que d’attiser les braises de la haine et du rejet de l’autre comme l’a fait récemment le président de région Laurent Wauquiez, en lançant une pétition contre l’accueil de 1784 migrants de la jungle de Calais dans notre région qui compte 7,7 millions d’habitants. Je veux retenir de ce week-end face à la bêtise des auteurs de cet acte ignoble, les centaines de femmes et d’hommes ( plus de 2000 personnes) qui se sont rendus  sur le mont Mézenc afin de proclamer notre région terre d’accueil.

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La politique d’exclusion des mineurs isolés étrangers mise en place à Calais : on leur donne de fausses dates de naissances pour les rendre majeurs.

La jungle à Calais

Un article du blog des passeurs d’hospitalité. 

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2015/11/10/le-1er-janvier-1997-tout-plein-de-naissances/

Les avocat-e-s le constatent en ouvrant le dossier des personnes placées en rétention, les juges s’en offusquent parfois, les bénévoles le lisent sur les documents que les exilé-e-s leurs présentent parfois pour y comprendre quelque chose : un nombre important de personnes placées en rétention après être passées par le commissariat de Coquelles, près de Calais, ont cette année pour date de naissance le 1er janvier 1997.

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la 2ème édition du Festival Migrant’Scène : Samedi 14 Novembre au 13 rue Marmontel à 11h, début de cette édition..

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Un festival dans plus de 45 villes à travers la France et à Rabat au Maroc.
2 semaines d’événements, de débats, de rencontres et de fêtes durant toute la deuxième quinzaine de novembre.

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