Le projet de la réforme des retraites : des chiffres à connaître (1)

Des chiffres à connaître

 L’argument essentiel pour la réforme des retraites est : le régime est déficitaire, cela s’aggrave et ne peut pas durer.

Qu’en est-il ?

Oui le régime est déficitaire

Il manque 2,9 milliards d’euros sur plus de 300 milliards. Donc le déficit existe. Il est conséquent en chiffes absolus. Mais inférieur à 1%.

Oui le coût des retraites croît

Entre 2016 et 2019, l’augmentation des régimes cumulés de retraites a crû de 6 milliards (moins de 0,5 % par an).

Dès lors, une réforme est  nécessaire ?

Pourquoi pas ? Tout est envisageable. Il faut poser la question… toutes les questions. Ainsi, pourquoi fixer le coût total des retraites à moins de 14 % du PIB (13,7 % aujourd’hui) ?

Mais d’autres questions sont envisageables. Elles peuvent intégrer diverses “portes d’entrée”. Pas uniquement celle de la réduction, celle d’une réforme-punition, celle d’une évolution négative.

Les possibilités sont certainement multiples.

Un seul exemple

Le chiffre des dividendes servis en 2019 aux actionnaires dans le monde est désormais connu (Source : L’Express) Il est en hausse de l’ordre de 4 %. En Europe, le record est détenu par … la France.

Entre 2016 et 2019, la hausse des dividendes servis aux actionnaires français est de 10 milliards (Source officielle). Soit 66,6 % de plus que la hausse du déficit des retraites.

On  peut (on doit) commencer à s’interroger.

Conclusion (provisoire)

Ce n’est pas tant les chiffres affichés par le pouvoir qui sont faux. Mais l’absence de points de comparaison limite la réflexion. L’Atelier ne fait que mettre en relation des données connues mais que la plupart des media se taisent.

A chacun.e. d’alimenter le débat et la réflexion

20 février 2020

L’intersyndicale 63 CGT-FO-FSU-Solidaires et l’UNEF propose un nouveau calendrier d’initiatives

L’intersyndicale départementale CGT-FO-FSU-Solidaires et l’UNEF réunie jeudi 13 février en fin d’après-midi propose un nouveau calendrier d’initiatives à renforcer en interprofessionnelle pour préparer la prochaine journée de grèves et de manifestation du 20 février 2020. Le gouvernement est plus que jamais fébrile! Ce nouveau temps fort interpro doit être massif, à l’image du 05 décembre, et constituera une nouvelle étape vers la victoire et le retrait du projet de loi de réforme des retraites. Retrouvez en pièces jointes le tract confédéral Cgt et le tract intersyndical départemental à diffuser partout.

Vendredi 14 février : pour certains, c’est la fête des amoureux… Pour la Cgt, c’est la journée j aime mon Hôpital, avec montage d’un hôpital de fortune sur la place de Jaude. L’occasion de discuter des problèmes des retraites et des problèmes dans le secteur de la santé, avec notamment la perte de la pénibilité. A partir de 10h30/13h place de Jaude et dans les Hôpitaux de proximités: CHU/Billom/Riom.

Samedi 15 février : l’Union Locale Cgt de Riom organise une nouvelle « retraite aux flambeaux » dans le cadre de la mobilisation initiée depuis le 05 décembre contre la casse de notre système de retraites juste et solidaire. Retrouvez toutes les infos en suivant ce lien.

Lundi 17 février : les camarades de la T2C, avec le soutien de l’intersyndicale départementale, vous invitent à faire un tour dans le « Tram des luttes » qui circulera dans Clermont-Ferrand pour diffuser le tract d’appel au 20 février et discuter des propositions pour maintenir et renforcer notre système par répartition. Rendez-vous à 9h30 au terminus du tram, juste devant la gare de la Pardieu. Une conférence de presse se tiendra à 11h00 Place de Jaude lors du passage du tram pour médiatiser cette initiative et amener celles et ceux qui n’ose pas encore faire grève à franchir le pas le 20 février.

Mardi 18 février : la culture clermontoise rejoint la lutte, touchée de plein fouet par une nouvelle réforme passée sous silence et visant à démanteler l’enseignement artistique. Nous ne voulons pas que l’enseignement artistique soit encore sacrifié au nom de nouvelles économies budgétaires. Rendez-vous à 10h00 au départ du Conservatoire Emmanuel-Chabrier de Clermont-Ferrand pour une manifestation en direction de la DRAC. Retrouvez le tract en pièce jointe.

Jeudi 20 février : grande journée de grèves et de manifestations interprofessionnelle… Avec un nouveau parcours qui partira à 10h00 du palais de justice, Place de l’Etoile, aux côtés des avocats qui entame leur 7ème semaine de grève pour le retrait du texte de loi contre la réforme des retraites. Ce départ symbolique montrera notre détermination à rester vigilant face à la répression qui se propage contre celles et ceux qui ont décidé de lutter contre la politique de destruction sociale de ce gouvernement au service de la finance. Retrouvez le parcours de la manifestation en pièce jointe.

Pour les lèves-tôt, les camarades du syndicat CGT FAPT appellent à la grève et un rassemblement aura lieu à partir de 8h30 devant la Plateforme Colis (PFC) aux Gravanches, où sera organisé un point presse, afin de dénoncer la volonté de la direction locale de licencier 5 salariés de nuit pour des motifs plus que contestables. La politique répressive désastreuse de l’opérateur Colis du Groupe La Poste a des conséquences très concrètes sur les conditions de vie et de travail ainsi que l’emploi sur la PFC de Clermont Ferrand. Cette grève sera l’occasion de réaffirmer les exigences du personnel de voir s’ouvrir de réelles négociations sur l’emploi, les conditions de travail, la reconnaissance de la pénibilité, et le respect de la dignité du personnel. Retrouvez le tract – pétition à signer massivement en pièce jointe.

Vendredi 21 février : grand concert de solidarité à la salle Marcel Vivier, à côté du complexe sportif Marcel Paul route de Cébazat à Gerzat… Avec la participation de Catherine Perret, membre de la direction confédérale qui prendra la parole aux côtés de nombreux secteurs en lutte (Energie, Cheminots, Santé, Education, Luxfer etc…). Informations, affiche et programmation à venir très vite!

D’autres dates sont également en construction. Le 25 février, qui sera sous le signe des libertés syndicales et de la répression, notamment chez nos camarades de la FNME… Et bien entendu le 8 Mars prochain, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Le slogan de l’ONU cette année : “levez-vous pour les droits des femmes” qui sont les grandes perdantes de ce projet de réforme des retraites et qui encore aujourd’hui en France subissent une bien plus grande précarité. Salaires inférieurs, retraites inférieures, temps-partiels subis, chômage, licenciements après congé maternité, harcèlement au travail, difficulté d’accès aux promotions, aux postes à responsabilités… La liste est malheureusement trop longue.

Soyons convaincu-e-s… Pour convaincre que nous allons gagner cette bataille! Affirmons haut et fort aujourd’hui que cette lutte sera une victoire historique et le début d’une ère nouvelle de conquis sociaux.

 

Démocratie. « Monsieur le président, soumettez votre réforme au référendum »

Pour signer cette pétition : http://chng.it/BYhjbLJ5

Après plus de deux mois de mobilisations sociales d’une ampleur historique, une majorité de Français demandent toujours le retrait de la réforme du système de retraite voulue par le gouvernement. Alors que les projets de loi commencent à être examinés à l’Assemblée nationale, tout est organisé pour contourner le débat devant la représentation nationale et inciter les parlementaires à voter à l’aveugle, avec le recours programmé à pas moins de 29 ordonnances.

Même le Conseil d’État a rendu un avis très sévère, relevant « la fausse promesse d’un régime universel », des projections financières « lacunaires  », mais aussi des dispositions « contraires à la Constitution ».

Ce niveau de défiance à l’égard d’une réforme « inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social », comme le souligne à juste titre le Conseil d’État, pose un problème démocratique majeur. À ce stade, seule une consultation populaire permettrait de le résoudre. Un référendum sur le retrait du projet gouvernemental doit être organisé, pour que le peuple ait le dernier mot.

La Conférence de financement tournera-t-elle court, comme les négociations sur l’assurance chômage ? Quelques commentaires…

Article France Info du 23 janvier 2020

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/chomage/reforme-des-retraites-la-conference-de-financement-tournera-t-elle-court-comme-les-negociations-sur-l-assurance-chomage_3785771.html

Le texte ci-après proposé par l’Atelier de Gauche est la transcription totalement fidèle d’un document mis en ligne par France Info le 23 janvier 2020. Afin de faciliter la prise de connaissance de son contenu, cette transcription n’intègre pas tout le document. Pour cela, ne pas hésiter à se référer à l’original. Ainsi, les positions exprimées par les organisations syndicales et autres concernées ne figurent pas.

Par contre, les zones soulignées ne le sont pas dans le document original. Il s’agit d’un pointage destiné à insister sur les points forts. Et en conclusion, 2 observations en bleu.

Hormis cela, TOUT est intégralement issu (et dans le même ordre de présentation) de France Info.

Bonne (et courte) lecture

 La Conférence de financement tournera-t-elle court, comme les négociations sur l’assurance chômage ?

 La CFDT a obtenu satisfaction. Une conférence de financement sera lancée le 30 janvier pour que le système de retraite soit à l’équilibre en 2027.

En échange, le gouvernement retire, provisoirement, l’application de l’âge pivot dès 2022, même si cette mesure s’appliquera bien lors de l’entrée en vigueur du système à points.

Pour beaucoup, cette conférence semble promise au même destin que les négociations sur l’assurance-chômage.

Les similitudes ne manquent pas.

Dans les deux cas, le parcours est fléché comme les objectifs financiers.

Deuxième point commun : qu’il s’agisse du chômage ou des retraites, l’exécutif interdit de peser sur le coût du travail, autrement dit d’augmenter les cotisations patronales.

Troisième ressemblance : en dernier ressort, c’est le gouvernement qui tranche. Il l’a fait pour l’assurance-chômage. Il le refera pour l’équilibre du système de retraite.

N’hésitez pas à consulter ce document. Tout est dit. Sauf. Dérogeons à notre préambule. Donc 2 compléments.

1- La réaction de la CFDT “Il y a plus de jeu que ça n’en a l’air”. Un aveu ??

2– Plus fondamental : QUI FIXE et  SUR QUELS CRITÈRES la notion d’équilibre financier ?

 25 janvier 2020

Réforme des retraites : près de 15000 personnes, dans les rues de Clermont-Ferrand

ce vendredi matin 24 janvier la manifestation contre la réforme des retraites a encore rassemblé des milliers de personnes à Clermont-Ferrand. 15.000  – du privé, de la fonction publique mais aussi des professions libérales comme les avocats – dans la rue pour dire non au système de retraite par points.

« La retraite à points, c’est de la retraite en moins ! »

« Avec ce système nous serons tous perdants, mais les femmes plus encore.  »

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merci à Annick, Pierre et surtout Michel pour leurs photos

La retraite aux flambeaux contre la réforme des retraites :

3 000 manifestants ont répondu à l’appel de plusieurs organisations syndicales qui protestent contre la réforme des retraites initiée par le gouvernement. Le cortège est parti à 17h30 de la place de l’Europe à Chamalières, en direction de la place de Jaude à Clermont-Ferrand. Parmi les manifestants, on a pu recenser des membres de la CGT, de FO, de Solidaires, de l’UNSA, de l’UNEF, du PCF, et du Modef (syndicat paysan). Des salariés de Michelin, de l’Education Nationale, d’EDF-GDF et des personnels soignants étaient présents.

Merci à Vincent pour toutes ces photos…mais vous pouvez en voir d’autres sur les liens suivants :

la retraite aux flambeaux du 11

https://photos.app.goo.gl/gwNZJoHAm3FqSDAk8

Le 11/01/2020 à 09:20, velilla vincent a écrit :
> https://photos.app.goo.gl/ouSdSDtthSJkRsYR8

RETRAITES : ET LES VRAIS GAGNANTS SONT…

un extrait d’un article de Mediapart intitulé « Retraites: le compromis avec la CFDT se fait toujours attendre… » : Des points non négociables dans le projet de loi

10 janvier 2020
Par Romaric Godin et Ellen Salvi

…Interrogée sur le texte transmis au Conseil d’État, la ministre de la transition écologique et solidaire a déclaré, vendredi matin sur France Info : « C’est bien normal qu’il y ait un texte de travail […]. Clairement ce texte peut évoluer en fonction des concertations d’ici à la présentation en conseil des ministres le 24 janvier. » Le texte, a-t-elle précisé, peut aussi être modifié au cours du débat parlementaire, débat que le gouvernement a toutefois pris soin de verrouiller en amont. Contrairement à ce qu’Élisabeth Borne a laissé entendre, bon nombre d’éléments du projet de loi ne sont plus sur la table des négociations.

Parmi ces éléments figure le fonctionnement de la retraite par points. Comme le précise le texte en son article 55, la valeur de ces derniers « ne pourra pas baisser ». La valeur d’acquisition et de service des points évoluera chaque année « par défaut » comme le « revenu moyen par tête constaté par l’Insee, en moyenne supérieure à l’inflation » (article 9). Mais il y aura une période de transition et surtout ce même article 55 fixe une obligation d’équilibre du système universel sur une période de cinq ans, conformément à la proposition du rapport Delevoye.

Ce sera au conseil d’administration du SRU (Système de Retraite Universel) de jouer sur les paramètres pour parvenir à cet objectif. L’exposé des motifs rappelle les marges de manœuvre possibles : « Modalité d’indexation des retraites, évolution de l’âge de référence, revalorisation des valeurs d’achat et de service, taux de cotisation et le cas échéant, produits financiers de réserve. » Ces paramètres devront être ajustés chaque année pour respecter la trajectoire qui, par ailleurs, fait abstraction de la conjoncture.

Évidemment, le conseil d’administration sera soumis aux conclusions du « comité d’experts indépendants sur les retraites », créé par l’article 56 et inspiré du Haut Conseil aux finances publiques. Quelle que soit la situation économique, l’équilibre sur 5 ans glissant sera obligatoire. Au point que si le conseil d’administration ne prend pas les mesures, c’est l’État – via le budget de la Sécurité sociale (PLFSS) – qui le fera. Cet article 55 est un des plus importants du projet de loi : il instaure un « pilotage automatique » financier du système par lequel tous les paramètres devront se mettre au service de l’équilibre financier. C’est ici la vraie fonction de cette réforme.

L’article 64, lui, renforce clairement la capitalisation dans le système français en ratifiant les ordonnances sur l’épargne retraite d’une autre loi : Pacte. Ces ordonnances permettent notamment d’introduire la faculté de transfert transfrontalier de portefeuilles de contrats, qui est une demande du secteur financier et notamment du fonds d’investissement étasunien Blackrock. Elle visera effectivement à pouvoir transférer les fonds vers des pays à la fiscalité plus avantageuse. L’épargne retraite peut donc échapper à la fiscalité française.

L’exposé des motifs de cet article précise clairement que « le secteur de l’assurance est appelé à se mobiliser afin que le recours à ces véhicules [développés par la loi Pacte – ndlr], se généralise et que l’économie française puisse ainsi bénéficier du dynamisme de l’épargne retraite généré » par cette loi. Autrement dit, le gouvernement revendique le caractère systémique de la baisse des cotisations et de couverture pour les salaires les plus élevés (entre 3 et 8 plafonds de Sécurité sociale), afin d’en faire une source de développement du secteur assurantiel.