La retraite aux flambeaux contre la réforme des retraites :

3 000 manifestants ont répondu à l’appel de plusieurs organisations syndicales qui protestent contre la réforme des retraites initiée par le gouvernement. Le cortège est parti à 17h30 de la place de l’Europe à Chamalières, en direction de la place de Jaude à Clermont-Ferrand. Parmi les manifestants, on a pu recenser des membres de la CGT, de FO, de Solidaires, de l’UNSA, de l’UNEF, du PCF, et du Modef (syndicat paysan). Des salariés de Michelin, de l’Education Nationale, d’EDF-GDF et des personnels soignants étaient présents.

Merci à Vincent pour toutes ces photos…mais vous pouvez en voir d’autres sur les liens suivants :

la retraite aux flambeaux du 11

https://photos.app.goo.gl/gwNZJoHAm3FqSDAk8

Le 11/01/2020 à 09:20, velilla vincent a écrit :
> https://photos.app.goo.gl/ouSdSDtthSJkRsYR8

RETRAITES : ET LES VRAIS GAGNANTS SONT…

un extrait d’un article de Mediapart intitulé « Retraites: le compromis avec la CFDT se fait toujours attendre… » : Des points non négociables dans le projet de loi

10 janvier 2020
Par Romaric Godin et Ellen Salvi

…Interrogée sur le texte transmis au Conseil d’État, la ministre de la transition écologique et solidaire a déclaré, vendredi matin sur France Info : « C’est bien normal qu’il y ait un texte de travail […]. Clairement ce texte peut évoluer en fonction des concertations d’ici à la présentation en conseil des ministres le 24 janvier. » Le texte, a-t-elle précisé, peut aussi être modifié au cours du débat parlementaire, débat que le gouvernement a toutefois pris soin de verrouiller en amont. Contrairement à ce qu’Élisabeth Borne a laissé entendre, bon nombre d’éléments du projet de loi ne sont plus sur la table des négociations.

Parmi ces éléments figure le fonctionnement de la retraite par points. Comme le précise le texte en son article 55, la valeur de ces derniers « ne pourra pas baisser ». La valeur d’acquisition et de service des points évoluera chaque année « par défaut » comme le « revenu moyen par tête constaté par l’Insee, en moyenne supérieure à l’inflation » (article 9). Mais il y aura une période de transition et surtout ce même article 55 fixe une obligation d’équilibre du système universel sur une période de cinq ans, conformément à la proposition du rapport Delevoye.

Ce sera au conseil d’administration du SRU (Système de Retraite Universel) de jouer sur les paramètres pour parvenir à cet objectif. L’exposé des motifs rappelle les marges de manœuvre possibles : « Modalité d’indexation des retraites, évolution de l’âge de référence, revalorisation des valeurs d’achat et de service, taux de cotisation et le cas échéant, produits financiers de réserve. » Ces paramètres devront être ajustés chaque année pour respecter la trajectoire qui, par ailleurs, fait abstraction de la conjoncture.

Évidemment, le conseil d’administration sera soumis aux conclusions du « comité d’experts indépendants sur les retraites », créé par l’article 56 et inspiré du Haut Conseil aux finances publiques. Quelle que soit la situation économique, l’équilibre sur 5 ans glissant sera obligatoire. Au point que si le conseil d’administration ne prend pas les mesures, c’est l’État – via le budget de la Sécurité sociale (PLFSS) – qui le fera. Cet article 55 est un des plus importants du projet de loi : il instaure un « pilotage automatique » financier du système par lequel tous les paramètres devront se mettre au service de l’équilibre financier. C’est ici la vraie fonction de cette réforme.

L’article 64, lui, renforce clairement la capitalisation dans le système français en ratifiant les ordonnances sur l’épargne retraite d’une autre loi : Pacte. Ces ordonnances permettent notamment d’introduire la faculté de transfert transfrontalier de portefeuilles de contrats, qui est une demande du secteur financier et notamment du fonds d’investissement étasunien Blackrock. Elle visera effectivement à pouvoir transférer les fonds vers des pays à la fiscalité plus avantageuse. L’épargne retraite peut donc échapper à la fiscalité française.

L’exposé des motifs de cet article précise clairement que « le secteur de l’assurance est appelé à se mobiliser afin que le recours à ces véhicules [développés par la loi Pacte – ndlr], se généralise et que l’économie française puisse ainsi bénéficier du dynamisme de l’épargne retraite généré » par cette loi. Autrement dit, le gouvernement revendique le caractère systémique de la baisse des cotisations et de couverture pour les salaires les plus élevés (entre 3 et 8 plafonds de Sécurité sociale), afin d’en faire une source de développement du secteur assurantiel.

Solidarité grèvistes : appel à soutenir financièrement ceux qui luttent pour nous tous.


Une quarantaine d’écrivains, comédiens, d’universitaires, tels Annie Ernaux, Edouard Louis, Éric Vuillard, Corinne Masiero ou Jean-Marie Bigard, appellent à «soutenir financièrement» les cheminots en grève Pour que le mouvement social «dure et s’amplifie», un large collectif d’artistes et intellectuels appelle à soutenir financièrement les grévistes en contribuant aux cagnottes de grève.
Car chaque journée de grève coûte, et les grévistes «défendent un de nos biens communs, un système de retraites qui, loin d’avoir été octroyé par les patrons, est le fruit des luttes de nos aînés»

Dix-huit mois après l’Appel pour la cagnotte des cheminots, nous sommes à nouveau aux côtés des grévistes de la RATP et de la SNCF. Ils défendent un de nos biens communs, un système de retraites qui, loin d’avoir été octroyé par les patrons, est le fruit des luttes de nos aînés.

Le gouvernement veut aujourd’hui faire table rase de ce pan de l’histoire sociale du pays. Après la journée de grève de la RATP du 13 septembre, les ministres concernés n’ont ouvert aucune discussion avant la grève reconductible lancée le 5 décembre. Le pouvoir a engagé un bras de fer.

Nous nous souvenons des grèves de 1995 et 1968 durant lesquelles les cheminots et les salariés de la RATP et de la SNCF arrêtèrent le travail. La solidarité entre voisins et collègues mit en échec le calcul gouvernemental de dresser les usagers contre la grève.

Chacun comprend que, pour la grande majorité d’entre nous, une retraite calculée sur toute une carrière serait plus basse que celle calculée sur les 25 meilleures années, comme c’est le cas aujourd’hui.

Les journées de grève coûtent. Pour imposer le maintien du système actuel de retraites, il importe que le mouvement dure et s’amplifie. Avant de manifester aux côtés des cheminots, le samedi 28 décembre, et de tous les grévistes, le 9 janvier, nous soutiendrons financièrement les grévistes de la RATP et de la SNCF en mouvement reconductible depuis le 5 décembre :

RATP :

CGT : Chèque libellé « USR CGT RATP CAISSE GREVE », à envoyer à USR CGT RATP, 85 rue Charlot, 75003, Paris ou par virement bancaire

Cagnotte UNSA

Cagnotte Solidaires

Cagnotte Force Ouvrière

SNCF :

CGT cheminot :

Deux manières de contribuer à la solidarité financière :

  • Par chèque :

à l’ordre de « Solidarité CGT Mobilisation » adressé à :

« Confédération Générale du Travail Service Comptabilité« 
263 rue de Paris 
93100 Montreuil

  • Par virement (informations bancaires dans le RIB en téléchargement)  

Téléchargements :

RIB CGT Télécharger

Cagnotte Force Ouvrière

Cagnotte SudRail 

Les références de ces cagnottes et comptes bancaires sont validées par les directions des organisations syndicales.

Signataires : 

Étienne Balibar, philosophe ; Patrick Bard, romancier, photographe ; Jean-Marie Bigard, humouriste ; Laurent Binet, romancier ; Fred Le Bolloc’h, auteur ; Jordi Le Bolloc’h, comédien ; Livio Le Bolloc’h, réalisateur ;  Yvan Le Bolloc’h, comédien ; Mathieu Bourgasser, Président de la Film(e) équipe ; Michel Broué, mathématicien, Dominique Cabrera, cinéaste ; Maxime Carsel, réalisateur ; Stéphanie Chevrier, éditrice ; Yves Cohen, historien ; Antoine Comte, avocat ; Fanny Cottençon, actrice ; Alexis Cukier, philosophe, Didier Daeninckx, romancier ; Leyla Dakhli, historienne ; Vikash Dhorasoo, ancien footballeur, consultant media ; Didier Éribon, philosophe ; Annie Ernaux, écrivaine. Pascale Fautrier, romancière ; Geneviève Fraisse, philosophe ; Dan Franck, écrivain, scénariste. Bruno Gaccio, auteur ; Dominique Grange, chanteuse ; Nedim Gürsel, écrivain. Sam Karmann, comédien, réalisateur. Geoffroy de Lagasnerie, philosophe ; Jean-Marie Laclavetine, écrivain, éditeur ; Édouard Louis, écrivain ; Matthieu Longatte, réalisateur ; Didier Maïsto, PDG de Sud Radio ; Corinne Masiero, comédienne ; Gérard Mordillat, romancier, cinéaste. Toni Negri, philosophe. Roland Pfefferkorn, sociologue ; Patrick Raynal, romancier ; Emmanuel Reich, conseil aux CE. Emmanuel Renault, philosophe ; Judith Revel, philosophe. Christian Salmon, écrivain et chercheur ; Jean-Marc Salmon, chercheur en sciences sociales ; Alain Serres, écrivain pour la jeunesse, éditeur ; Shirley et Dino, humouristes. Tardi, dessinateur. Éric Vuillard, écrivain.

La réforme des retraites :« Une vision néolibérale… »

Cette réforme entend pousser les seniors à travailler plus longtemps en coupant dans les retraites, dans un contexte de chômage de masse, analyse l’économiste Anne Eydoux.
 

Anne Eydoux est Chercheuse, membre des Économistes atterrés

Quelle que soit l’architecture finale de cette réforme des retraites, si elle se fait, ce gouvernement comme les précédents vise un allongement du temps passé au travail parce que l’espérance de vie augmente. L’argument est-il recevable ?

Anne Eydoux L’espérance de vie a progressé aussi parce qu’on peut partir à la retraite avant que la santé ne se dégrade. On constate quand même un tassement de cette progression et une stabilisation de l’espérance de vie en bonne santé autour de 63 ans.

Retrouvez toutes nos données sur www.data.drees.sante.gouv.fr

Reculer l’âge de la retraite revient à imposer une norme d’activité à un âge où la santé est plus précaire, surtout pour les moins qualifiés. Or, en France, où la fécondité est restée élevée, la démographie ne dessine pas de scénario catastrophe. Le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) montre que le financement des retraites n’est problématique que dans l’hypothèse d’un désengagement de l’État. La retraite est une question politique bien plus que démographique. C’est d’abord le choix de la part que le pays est prêt à y consacrer : le gouvernement voudrait la geler à 14 % du PIB, mais pourquoi les retraités, qui représenteront une plus grande part de la population, ne bénéficieraient pas d’une part proportionnée du PIB ? C’est aussi un choix de répartition du travail : le gouvernement veut à tout prix nous pousser à travailler plus longtemps, mais à quoi bon dans un contexte de chômage massif ?

Selon vous, cette réforme, sans en minorer l’importance, prend-elle les choses par le petit bout de la lorgnette ?

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Mardi 17 décembre 2019, l’impérieuse urgence de se mobiliser tou.te.s (argumentaire)

Une évidence : la retraite au lieu d’être calculée sur les 25 meilleures années (salariés du privé) ou les 6 meilleurs mois (salariés du public), ce sont désormais les 43 annuités qui seront prises en compte. c’est-à-dire les 18 ou les 42,5 années où l’on gagne le moins.

            C’est désormais clair : après les annonces d’E. Philippe, on sait que quasiment tout le monde va perdre beaucoup ou énormément. Les explications délibérément confuses ne cachent pas quelques cruelles évidences.

Une fausse justification : aucun déficit ne justifie ces mesures. En effet, même dans le scénario catastrophe du Conseil d’Orientation des Retraites (COR), le déficit prévu pour 2025 serait de 17 milliards (soit 0,7 % du PIB). Rappelons que les cadeaux fiscaux d’E. Macron (ISF, Flat tax, Exit Tax) représentent un manque à gagner minimal de 12 milliards. N’oublions pas le CICE qui coûte 25 milliards/an sans effet identifié. Rappelons aussi que, en 2024, le régime de la sécurité sociale sera excédentaire de 18 milliards.

Un rappel : ce scénario « catastrophique » est établi par le COR qui précise avoir pris en compte des exonérations mises en place par ce gouvernement. Avant ces exonérations, le déficit était estimé à 8-10 milliards.

Une conclusion : Ce sont les choix de ce pouvoir qui génèrent une situation anormalement tendue … au profit des riches.

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Vincent Lindon : « Aux oubliés de la start-up nation, il ne reste que la rue pour dire leur colère ou leur désespoir. »

Vincent Lindon est ce que l’on appelle un acteur engagé. Autrement dit, un acteur qui n’hésite pas à partager ses convictions, ses engagements et ses coups de gueule. Il faut dire qu’il fait ça avec un certain panache… Démonstration dans cet édito coup de poing qu’il a accordé dimanche 1er décembre aux Échos

Son texte, clair et précis, ne passe pas par quatre chemins et dit les choses comme on les entend rarement. Et, apparemment, son point de vue est partagé par beaucoup de monde.

Extraits :

« Qu’est-il arrivé au service public, jadis objet de fierté, aujourd’hui ruiné, rogné, raillé ? Ses activités rentables ont été privatisées. Ainsi le gaz, l’eau, le rail, le téléphone, les autoroutes ont-ils été, partiellement ou en totalité, vendus à l’encan.

Comment nos décideurs peuvent-ils dormir la nuit ? Ont-ils oublié que rien n’est plus précieux que la santé ? Ne savent-ils plus que l’école est l’outil indispensable d’ouverture sur le monde, où l’on apprend à nos enfants à discerner le bien du mal, le juste de l’inéquitable ? Ne voient-ils pas la catastrophe qui s’avance, qui pourrait bien les menacer eux aussi, l’histoire nous ayant appris que, parfois, les peuples les mieux soumis décapitent leur roi ?

Aux oubliés de la start-up nation, il ne reste que la rue pour dire leur colère ou leur désespoir. »

Un édito musclé.