Les 10 questions des cadres supérieurs de la SNCF à la ministre


Adhérent à la FNCDS

Madame la Ministre,

Madame Elisabeth BORNE Ministre des Transports Hôtel LE PLAY

40, rue du Bac 75700 – PARIS

De très nombreux cheminots se sont engagés dans un mouvement particulièrement dur soutenu notamment par deux organisations syndicales réformistes. Le SNCS ne peut soutenir un tel mouvement particulièrement pénalisant pour nos concitoyens en particulier les plus faibles, mais la responsabilité d’une telle situation ne saurait incomber qu’aux seuls cheminots.

De ce fait, cette situation conflictuelle très grave nous conduit à nous adresser à vous, car la nécessité de réformer doit s’appuyer sur des éléments concrets objectifs et non se traduire par une mise en cause injustifiée du corps social des cheminots qui a entraîné un tel mouvement.

Pour des raisons de stratégie politique, vous avez fait le choix, avec le Président de la République et le Premier Ministre, de livrer à la vindicte populaire les cheminots et à les mettre en cause, en laissant entendre notamment qu’il y aurait un lien entre les récents dysfonctionnements de la SNCF et les cheminots (statut, organisation du travail, etc.).

A ce petit jeu pernicieux et irresponsable quant aux conséquences prévisibles, les médias et les réseaux sociaux se sont précipités sur ce dossier et des caricatures grossières ont fleuri :

« Les cheminots rentiers du rail », « l’emploi à vie », « le statut en or massif », « des billets gratuits à gogo pour toute la famille… les cousines », « les agents ne font même pas les 35 heures », « la charge énorme des retraites », « surcoût du statut : 30 % », etc.

Les cheminots, comme tous les travailleurs de ce pays, n’ont aucune raison de mériter cette mise au pilori.

Ils ne méritent pas non plus d’être soumis à un chantage : « l’État va enfin assumer ses responsabilités d’actionnaire sur le plan financier, partiellement et en fin de quinquennat ! », mais en échange d’efforts partagés notamment une modification des règles de leur contrat de travail.

Ce n’est pas honnête, car absolument rien n’est immédiatement engagé concernant ce problème primordial et récurrent depuis 1938 quand la SNCF a repris la concession d’entreprises privées endettées.

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Réforme de la SNCF : « Il y a de faux arguments absolus », s’indigne le réalisateur Robert Guédiguian

Par franceinfoRadio France

Le réalisateur Robert Guédiguian , en juillet 2016. (ERIC CABANIS / AFP)
Le réalisateur Robert Guédiguian à Toulouse, en juillet 2016.

Le cinéast Robert Guédiguian, qui apporte son soutien aux cheminots grévistes, a affirmé dimanche sur franceinfo, qu’à la SNCF « il y a des choses qu’il faut améliorer », mais « que ça marche plutôt bien ».

Le réalisateur Robert Guédiguian a réagi dimanche 15 avril sur franceinfo à la tribune qu’il signe sur un blog de Mediapart. Avec une trentaine d’écrivains, de réalisateurs ou d’universitaires ils ont lancé une cagnotte pour aider financièrement les cheminots grévistes. Sur franceinfo, le cinéaste a voulu expliquer qu’à ses yeux la réforme ferroviaire ne se justifie pas.

franceinfo : Pourquoi soutenez-vous les cheminots ?

Robert Guédiguian : Je considère qu’ils ne défendent pas seulement leurs positions, je crois qu’ils défendent l’unité générale qu’on pourrait appeler l’idée du service public. L’idée du service public est pour moi un marqueur très fort de la gauche. Depuis que je suis né les services publics se réduisent comme peau de chagrin.

Le gouvernement explique-que la SNCF ne fonctionne pas. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas exact. Cela fait des mois que les uns et les autres, pour préparer cette réforme, prétendent que la SNCF est un désastre. Ce n’est absolument pas vrai. Il y a des choses qu’il faut améliorer, mais je trouve que ça marche plutôt bien. Quant à la dette, c’est une chose qui ne dépend absolument pas du statut des cheminots. Cela dépend des politiques de droite et de gauche menées depuis 30 ans et qui ont conduit à cet endettement.

Que pensez-vous de la réforme ferroviaire ?

Il y a de faux arguments absolus. C’est une croyance d’un côté et les autres ne croient pas à la même chose. A partir de là, il y a un rapport de force qui s’installe. C’est une opposition droite-gauche sur une conception du monde : ou le libéralisme ou le service public.

Emmanuel Macron a dit que l’État allait reprendre la dette. Cela vous rassure-t-il ?

Non, parce qu’il est très flou sur les dates de la reprise de la dette. Très franchement je ne le crois pas. Je ne comprends pas pourquoi on change le statut. Donc, je suis obligé de penser qu’on le change parce qu’on glisse, comme on dit en maçonnerie. On met un coin dans une faille pour qu’elle s’élargisse. Donc, on change le statut et on a un peu grignoté cette affaire. Je n’y vois là qu’un cheval de Troie.