Ouvrons le débat sur les élections municipales : une chaufferie urbaine (un projet métropolitain) – 5 –

C’est un gros projet Métropolitain découvert de façon anodine au milieu d’un imposant dossier de présentation à Paris dans le cadre de l’Aménagement rénovation urbaine (ANRU) il y a un an. Avant cette date rien n’avait filtré. Interrogé, le Président de la Métropole très embarrassé a promis une concertation.

En conseil Municipal de BEAUMONT, Monsieur DUMEIL a fait comme à l’accoutumée, une pirouette, indiquant que ce projet n’était pas d’actualité. Quelques jours plus tard en conseil Métropolitain (28 juin 2018), le groupe des verts présentait le projet sous la forme d’une concession à usage public (SEMOP) ; et que fit notre édile ? Il signa  … lui qui, quelques jours auparavant jurait que !!!

En quoi consiste ce projet ? C’est un projet partenarial de territoire.

Le projet de réseau de chaleur « Saint-Jacques+ » a en effet été initié par la commune de Clermont-Ferrand et élaboré dans le cadre d’un partenariat avec plusieurs acteurs du territoire : les communes d’Aubière et de Beaumont, le Département du Puy-de-Dôme, Clermont Communauté, le CHU et le Centre Jean Perrin, l’Université Blaise Pascal (aujourd’hui Université Clermont Auvergne), le CROUS, Logidôme et Auvergne Habitat… .                                               

L’idée est d’utiliser la vapeur pour chauffer : La fontaine du Bac, les Cézeaux, le plateau St Jacques, l’actuelle Délégation de Service public de Beaumont étendue jusqu’au Grand Champ.

Bien ou Mal ?

Avant tout il faut prendre en compte le plus objectivement la situation.

En 2009 les mêmes élus du groupe vert « vendait » un projet de 2 chaufferies urbaines (La Gauthière et Croix de Neyrat), promettant une baisse du coût d’environ 10%. A la fin des travaux quelques années plus tard et encore aujourd’hui, l’opération se traduit par 30% plus cher pour les locataires. Devant cet état de fait et la rébellion des usagers, c’est le bailleur qui assure le différentiel. Il faut savoir que les calculs sont réalisés en prenant en compte que tous les usagers (privés, publics, entreprises …) participent à l’opération ; ce qui n’a pas été le cas puisque devant le coût, certains se sont désengagés.

Par ailleurs, concernant le parc HLM, il y a une spécificité : lorsque le bailleur est propriétaire de sa chaufferie (ce qui est le cas sur une grande partie du parc), la partie investissement et gros travaux ne sont pas des charges récupérables. Hors dans le cadre d’une chaufferie urbaine, un amendement socialiste avait crée un distinguo qui permet au bailleur de tout faire payer au locataire (sans pour cela faire baisser son loyer !). Voilà pourquoi l’association CLCV est montée au créneau.

Beaumont a un parc HLM et des locataires chez des propriétaires privés qui n’auront pas leur mot à dire si le projet dérive. Si l’on rajoute que lors du débat (Nicolas BONNET, élu Vert), pour rassurer ses collègues ajoutait : «  pas de soucis pour la collectivité, c’est l’utilisateur qui paie » … ça rajoute un peu d’angoisse.

Pour ou Contre ?

Utiliser un instrument déjà en place laissant échapper de l’énergie dans l’atmosphère qui pourrait être utilisée, pourquoi pas. Mais est-on en mesure de quantifier le coût réel de l’opération, en particulier la longueur de réseaux de Puy Long à Beaumont centre ( Clermont Communauté a construit un incinérateur jugé aujourd’hui surdimensionné – décrié et contesté à l’époque, y compris par le groupe vert-).

Il faut une deuxième chaufferie pour prendre le relais s’il y a un problème (imposé par la Loi).

– Le CHRU pourra-t-il adapté sa chaufferie (spécificité vapeur ?).

– Si les coûts flambent, la collectivité prendra t elle à sa charge le dépassement pour ne pas pénaliser les locataires HLM ?

– Pour alimenter la machine, ne serait-on pas tenter de faire venir des norias de camion du val d’allier ou autre lieu ?  et tant d’autres questions.

On le voit, c’est un sujet complexe qui demande des études fines, qui implique le citoyen et pas que le futur utilisateur (impôts). Ce sujet n’est abordé par aucune des listes, il est temps de demander le positionnement des uns et des autres et d’ouvrir le débat.

Ch. Bernaud