Ouvrons le débat sur les élections municipales : pour un accueil digne des personnes migrantes (appel de la CIMADE)- 8 –

Dans chaque commune, faire le choix d’accueillir des personnes exilées, c’est engendrer une dynamique positive qui s’avère bénéfique pour l’ensemble des habitant·e·s.

En France, la mise en œuvre de la politique d’immigration et d’asile est une prérogative étatique. Mais dans les faits, les municipalités se retrouvent en première ligne pour l’accueil des personnes migrantes qui vivent sur leur territoire.

D’une part, parce qu’elles portent des politiques publiques en matière d’accès aux droits, l’information, au service public, au logement, à l’emploi, à la scolarisation… pour l’ensemble des habitant·e·s, dont les personnes migrantes.

D’autre part, parce qu’elles se trouvent en situation de devoir pallier les insuffisances de l’État. Le  manque de moyens, d’anticipation, de volonté politique mais aussi la logique sécuritaire et la  remise en cause de la solidarité entraînent des conséquences désastreuses. En matière d’hébergement par exemple, l’État fait le choix politique de ne pas assurer sa mission régalienne de mise à l’abri des plus précaires dans une logique de dissuasion des personnes exilées, quitte à les mettre en danger. De plus en plus de villes sont donc obligées de répondre à l’urgence humanitaire en proposant une prise en charge des personnes migrantes à la rue.

Enfin, parce qu’elles sont garantes de la cohésion sociale dans leur territoire. Elles sont des actrices essentielles de la construction collective d’un bien vivre ensemble et dans la lutte contre les replis identitaires.

Leur action est certes soumise à des contraintes (partage des compétences avec l’État et les départements, financements restreints, opposition d’une partie des habitants…) mais elle peut être innovante grâce à leur très bonne connaissance du territoire et des ressources mobilisables, ainsi qu’à leur capacité d’adaptation.

Les nombreux exemples de politiques locales inclusives et la mise en réseau – à travers plusieurs une belle réussite ! initiatives d’acteurs qui vivent des réalités sociales différentes mais qui partagent des valeurs communes – sont porteurs.

Les villes sont en capacité d’agir :

  • en rappelant à l’État ses responsabilités, à partir de leur connaissance des réalités de terrain et des défaillances du système d’accueil
  • en apportant des réponses opérationnelles quant à l’accueil effectif des personnes exilées pour assurer le respect de leur dignité et des droits fondamentaux, notamment le logement
  • en incarnant et en assumant une politique d’hospitalité grâce à des mesures et des messages positifs sur l’immigration
  • en veillant à favoriser la rencontre et les échanges interculturels pour apaiser la méfiance et  créer du lien social.

La Cimade appelle les municipalités à se mobiliser solidairement.