Coronavirus et protection des personnels : le groupe Front de gauche écrit au maire de Beaumont

Monsieur le Maire,

Certains commerces (alimentation, pharmacies…) restent ouverts, assurant un réel service public, qui nous l’espérons sera reconnu comme tel , à la fin de cette crise sanitaire.

Néanmoins il apparait que le personnel en contact avec la clientèle n’a pas toujours à sa disposition masques et gants indispensables… pourtant  pour la sécurité de toutes et tous .

Au même titre que la police nationale est intervenue sur Beaumont pour vérifier les motifs de déplacements des automobilistes, pouvez-vous diligenter des contrôles dans les commerces de notre commune ?

Ou toute autre intervention qui vous paraîtra opportune pour le bien de toutes et tous.

Sincèrement

Christine Thomas

pour le groupe Front de Gauche  (Christine Thomas – François Ulrich)

Pauvreté. Les précaires privés de confinement

http://www.humanite.fr/

Emilien Urbach

le 17/03/2020

Médecins du monde (MDM) exhorte le gouvernement à donner des moyens pour accompagner les défavorisés.

Le président de l’ONG, Philippe de Botton, décrit les difficultés et besoins des associations pour aider les plus démunis dans la crise sanitaire que nous traversons.

Dans quelle situation se trouvent les associations et ONG face à l’épidémie ?

Philippe de Botton On fait face à une accélération sidérante des événements. Comment a-t-on pu si peu anticiper la situation alors que plusieurs médecins alertaient les autorités depuis plusieurs semaines ? Au sein de MDM, on cherche l’équilibre entre la continuité de nos actions et de la protection de nos usagers, de nos salariés et de nos bénévoles. Pour l’instant, nous continuons toutes nos activités. Les missions de MDM en France regroupent 2 000 bénévoles et 100 salariés. Si avec le confinement, nous n’avons plus assez de personnes pour agir, on devra les suspendre. On navigue à vue. On va essayer de tenir le coup mais ce n’est pas du tout sûr que nous y arrivions.

Le gouvernement agit-il dans le bon sens pour protéger les plus démunis ?

Philippe de Botton « La santé avant tout, les droits plus tard », a dit en substance Emmanuel Macron. Ça veut dire qu’une personne atteinte par le Covid-19 doit être prise en charge quel que soit son statut administratif. Personne ne doit rester à la rue, pour des raisons humanitaires, bien sûr, mais aussi pour éviter la propagation du virus. C’est pourquoi nous insistons pour que des solutions pérennes d’hébergement soient mises en œuvre. La trêve hivernale est certes prolongée mais les centres ne sont pas équipés pour faire face à l’importante promiscuité entre les résidents. La remise à la rue des réfugiés déboutés du droit d’asile ou ayant obtenu le statut ne devrait pas arriver. Les préfets ont reçu des consignes en ce sens.

Concernant les SDF, l’État a évoqué l’ouverture de centres d’accueil départementaux avec des chambres isolées et une présence médicale. Mais globalement on reste dans le flou. Le confinement généralisé n’est d’ailleurs pas envisageable concernant les populations qui vivent en squat et dans les campements. On ne peut pas confiner des gens dans des situations sanitaires déjà insupportables. On ne peut pas militariser tous les camps et bidonvilles. Il nous faut d’importants moyens supplémentaires afin de pouvoir organiser des maraudes pour faire du dépistage et de la prévention dans ces lieux. La santé doit réellement passer avant toute autre considération.

Voir aussi : Le Secours populaire français lance un appel aux dons et aux bénévolat

Entretien réalisé par Émilien Urbach