IL Y A URGENCE ! LE BILLET DU DR CHRISTOPHE PRUDHOMME. CASTEX

L’HUMANITÉ – Mercredi 8 Juillet 2020

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

Le nouveau premier ministre, Jean Castex, n’est pas un inconnu dans le monde de la santé. Il a été responsable de la direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins dans le ministère de Philippe Douste-Blazy, puis directeur de cabinet de Xavier Bertrand. Son bilan est… impressionnant : généralisation de la tarification à l’activité transformant les hôpitaux en entreprises productrices de soins, mise en avant de l’ambulatoire avec des fermetures massives de lits, préparation de la loi Bachelot qui a tué la démocratie à l’hôpital, en concentrant tous les pouvoirs dans les mains du directeur. En résumé, il a mis en place une bonne partie des mesures qui ont conduit à la situation catastrophique que connaît aujourd’hui l’hôpital public et qui a provoqué la révolte des personnels.

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Droits des femmes: le gouvernement de la honte

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En nommant l’avocat Éric Dupond-Moretti à la justice, Gérald Darmanin à l’intérieur et Élisabeth Moreno aux droits des femmes, Emmanuel Macron inflige un camouflet à toutes celles et tous ceux qui promeuvent des rapports plus égalitaires et luttent contre les violences sexuelles.

Le soir de la cérémonie des César, on avait pris une gifle. La deuxième est arrivée lundi 6 juillet, quand le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler a prononcé ces mots : Éric Dupond-Moretti, ministre de la justice, garde des Sceaux.

À cette nomination, il faut joindre celle de Gérald Darmanin à Beauvau, ainsi que celles, à un degré moindre, d’Élisabeth Moreno à l’égalité entre les femmes et les hommes, et de Barbara Pompili à la transition écologique, pour mesurer à quel point le gouvernement de Jean Castex est une déclaration de guerre aux droits des femmes.

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Si nous voulons décarboner l’Europe…

Intervention lors de l’examen du Rapport d’information sur l’indépendance énergétique de l’Union européenne, le 24 juin 2020 devant la Commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale.

 Je voudrais tout d’abord saluer la qualité du rapport d’information présenté aujourd’hui, et en particulier sa première partie qui fournit un constat objectif de la réalité de la situation énergétique européenne et de la croissance de notre dépendance.
A ce titre, il dénote très largement de propos trop souvent angéliques, voire fantasmés, sur notre situation énergétique et sur notre capacité à régler cet enjeu stratégique au niveau européen par des coups de baguette magique, la baguette fusse-t-elle verte ! Il ne serait d’ailleurs pas inutile d’avoir dans le rapport une analyse de la croissance de la dépendance au gaz russe en particulier pour la production électrique, et de les mettre en relation  avec les choix de soutien public et d’investissement des vingt dernières années en faveur d’énergies renouvelables intermittentes et non pilotables comme l’éolien pour certains pays.

 Je n’en partage pas en revanche toutes les analyses sur la transition énergétique, notamment sur les capacités et les impacts de productions électriques décentralisées, et pas non plus tous les outils, mais nous pouvons nous retrouver sur les principales priorités des recommandations. 

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Railcoop, la coopérative qui fait renaître les lignes de train abandonnées

2 juillet 2020 / Marie Astier (Reporterre)

C’est un nouvel acteur qui bouscule le petit monde ferroviaire : Railcoop a choisi une gouvernance coopérative et de relancer des lignes abandonnées par la SNCF, plutôt que de se tourner vers celles considérées comme rentables. Une initiative permise par l’ouverture à la concurrence du ferroviaire prévue pour la fin de l’année.

La proposition est inattendue : dans un monde ferroviaire qui demande des investissements aussi lourds que des locomotives, un poids léger a décidé de tenter de se faire une place. Railcoop, comme son nom l’indique, est une société coopérative ferroviaire. Si les amoureux du train l’avaient rêvée, ils n’auraient sans doute pas fait mieux. Elle compte réinvestir plusieurs pans de l’offre ferroviaire peu à peu délaissée par la SNCF et les politiques publiques ces dernières années : trains entre régions permettant d’éviter la centralisation parisienne, fret et train de nuit.

Ses premiers trains de fret pourraient rouler dès 2021, et surtout, la première ligne voyageurs devrait s’ouvrir mi-2022, entre Bordeaux et Lyon. Tout un symbole, alors que la liaison avait été abandonnée par la SNCF en 2014. Le projet est permis par l’ouverture totale à la concurrence du trafic ferroviaire, prévue pour fin 2020. «C’est l’occasion de proposer un modèle alternatif, estime Alexandra Debaisieux, directrice générale déléguée de la société. Nous partons du principe que le ferroviaire est un maillon important de la transition énergétique.»

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Infrarouge. Les damnés, des ouvriers en abattoir. Sur France 2, en replay

un documentaire remarquable qui montre les mots et les maux des ouvriers d’abattoir…

Joseph, Nadine, Stéphane… les lignes d’abattage ont été ou sont encore leur cadre quotidien. Ce mardi soir, sur France 2, ils témoignent, entre rage et désespoir.

Le documentaire s’ouvre sur des images du procès de quatre salariés et de l’ex-directeur de l’abattoir de Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), en septembre 2018, devant le tribunal de grande instance de Pau. La justice avait été saisie à la suite de la révélation, par l’association L214, de pratiques de maltraitance animale. Si les images de bêtes martyrisées ont ébranlé l’opinion publique, un raisonnement simpliste a pu, dans le même temps, se répandre, assimilant les ouvriers de ce secteur à des « tortionnaires ». De ce point de vue, ce numéro d’ Infrarouge remet les pendules à l’heure. L’idée n’est ni d’exonérer ni d’accabler des individus, mais de démonter les mécanismes d’une violence en réalité systémique. « Je suis un élément participatif, constitutif de l’industrie de la mort. Ce n’est pas anodin : on ne fabrique pas des chaises, on tue des bêtes », annonce d’emblée Joseph, qui n’est pas tout à fait un inconnu. Les amateurs de littérature reconnaîtront Joseph Ponthus, auteur du roman (éditions de la Table ronde, 2019), dans lequel il a consigné son quotidien d’intérimaire en abattoir. Une expérience aujourd’hui derrière lui, mais qui ne cesse de le hanter. Un autre visage se révèle familier, celui de Nadine (Hourmant), charismatique déléguée syndicale FO de France Poultry (ex-Doux). D’autres s’expriment à visage caché, tel Michel qui, après une description factuelle du protocole d’exécution des animaux, confie « pleurer » avec ses vaches.

Comment ne pas flancher ? Et, surtout pourquoi ne pas partir ?