Ouvrons le débat : en quoi la maîtrise publique améliore-t-elle la gestion de l’eau ? (3)

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Alors que les groupes privés Suez et Veolia recherchent une fusion, les collectivités locales se tournent de plus en plus vers une gestion publique.

La question d’une nationalisation

Yannick Nadesan Maire adjoint PCF de Rennes, président d’Eau du bassin rennais de 2014 à 2020

Dans le bassin rennais (510 000 habitants, 59 communes), la société publique locale (SPL) Eau du bassin rennais est depuis 2015 le « bras armé » d’une gestion durable stratégique et quotidienne de la ressource en eau, dans une trajectoire de renforcement de la maîtrise publique impérative pour un territoire qui se caractérise par une ressource limitée, l’agriculture d’élevage intensive et le développement économique et démographique.

L’expérience des dernières années permet d’être très affirmatif : bien préparée, suivie et développée avec sérieux, la gestion de l’eau par une entité publique est la meilleure des gestions. D’abord, elle a permis de passer les épisodes sévères de sécheresse de 2016 à 2018. À l’inverse d’un opérateur privé qui privilégie les ressources les plus avantageuses à exploiter d’un point de vue financier et la plus grande quantité d’eau prélevée et probabilisée pour rentabiliser au maximum l’activité, la société publique locale a été pilotée en fonction de deux orientations politiques : fragiliser le moins possible les ressources et participer à une solidarité d’approvisionnement des territoires voisins.

D’autre part, la gestion publique offre un gain économique pour une raison assez simple : l’argent généré par l’activité retourne à 100 % vers le service public et le territoire, alors que dans le modèle privé, une partie de l’argent doit être dégagée pour rémunérer les actionnaires. Au sujet de l’avantage économique, un autre élément est rarement cité en faveur de la gestion par un opérateur public : celui de l’amélioration de la performance du service lui-même. Dans le cas rennais, la mise en place de la SPL a été l’occasion d’une remise à plat en s’appuyant sur les savoir-faire et les compétences du personnel sollicité pour construire le nouveau projet. Résultat : un projet mieux partagé, des fonctionnements optimisés et… des gains de productivité importants.

Au total, le nouveau modèle public permet de gagner plus de 3 millions d’euros supplémentaires chaque année, orientés de manière prioritaire vers les investissements, en particulier le doublement du renouvellement de nos réseaux, enjeu essentiel dans la lutte contre le gaspillage de l’eau. Dans le même temps, cette performance économique a permis de baisser de manière importante le prix de l’eau dans les communes rurales et de le maintenir dans les parties plus urbaines. La performance économique du modèle public a ainsi pu être mise au service d’objectifs écologiques, sociaux et de solidarité entre les territoires.

Pour autant, soyons lucides : la prise en main directement par une collectivité des services d’eau n’est pas toujours évidente, notamment pour les collectivités les plus petites dont l’approvisionnement est compliqué et nécessite des processus de potabilisation complexes. La perspective d’un seul grand opérateur privé national avec la fusion entre Veolia et Suez confirme l’analyse de Marx de la tendance aux monopoles des entreprises capitalistes. Si cette fusion devait se concrétiser, se poserait plus que jamais la question d’une nationalisation pour éviter que des pans entiers de nos territoires en soient prisonniers. Une telle nationalisation pourrait être une chance formidable d’articuler opérateurs publics locaux et grand opérateur national dans une logique de service public décentralisé, de coopération et de mutualisation pour la recherche, l’innovation et la fourniture de matériel.

 

Hommage à Samuel Paty

La condamnation du crime abject et révoltant dont vient d’être victime notre collègue ne peut souffrir d’aucune relativisation. Mais contre l’horreur de la violence inacceptable, nous devons plus que jamais affirmer le primat absolu de l’éducation. Aucune société d’égalité et de liberté ne peut faire un autre choix que celui d’une confiance absolue dans l’éducation.

Paul Devin : Syndicaliste FSU, inspecteur de l’Education nationale, secrétaire général du SNPI-FSU, syndicat des inspecteurs (IEN et IA-IPR).

Ouvrons le débat : en quoi la maîtrise publique améliore-t-elle la gestion de l’eau ? (2)

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Alors que les groupes privés Suez et Veolia recherchent une fusion, les collectivités locales se tournent de plus en plus vers une gestion publique.

Citoyens et usagers

Joël Josso Secrétaire de la coordination Eau Île-de-France, administrateur d’Eau bien commun France

La maîtrise publique de l’eau améliore-t-elle la gestion ? Oui… et non. Oui, la gestion publique de l’eau améliore la gestion de l’eau. Non, seule, elle ne suffit pas. Paradoxe, tous les services de l’eau sont aujourd’hui sous maîtrise publique de communes, d’agglomérations… Malheureusement, de nombreux élus ont pris la mauvaise habitude de « confier la gestion de l’eau » à des privés comme Veolia et Suez. C’est le cas pour environ 60 % de la population française.

La gestion publique ne suffit pas. Qui dit privé dit profit et, pour nous militants de l’eau, personne n’a le droit de faire de l’argent sur les communs que sont l’eau, l’air… Donc oui à la gestion publique, mais une gestion citoyenne et écologique de cette ressource. Citoyenne car les usagers du service, les personnels doivent être associés à sa gestion dans tous les lieux de décision. Celle-ci ne peut être de la seule responsabilité des élus et des techniciens, fussent-ils les plus compétents.

La gestion doit être publique et citoyenne pour être écologique. Elle doit être décentralisée, au plus proche de la ressource, au plus proche des citoyens. Une gestion écologique, c’est la protection de la ressource, des aires de captage, des cours d’eau contre les pollutions industrielles ou le plus souvent agricoles, c’est à tout moment le souci de la prévention. Tout l’inverse de ce qui est fait aujourd’hui où les préfets, sous la pression des agriculteurs et de leur syndicat, effacent des cours d’eau le « chevelu » pour limiter les obligations de protection en herbe de chaque côté de ceux-ci. Sans les citoyens, les associations, la situation serait encore pire.

Partout où il y a de gros syndicats de commune, d’agglomération ou de département, le privé fait son beurre. Une gestion publique et citoyenne, c’est sortir du tout industriel pour potabiliser l’eau. Oui, il est plus facile et plus rentable pour le privé de créer de nouvelles usines d’eau plutôt que de développer le maraîchage, les cultures bio sans intrants chimiques. Plus facile de mettre en place une station d’épuration gigantesque que de multiplier les petites installations en sortie d’hôpital, d’usine, de quartier, où l’on peut pratiquer le lagunage. Quand il y a le privé, la rentabilité prime, on a la fuite en avant technologique du Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) avec son projet délirant d’usine à « osmose inverse » ou, dans une moindre mesure, on a le syndicat d’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap), avec ses énormes stations d’épuration et ses gigantesques réseaux. Pas de citoyens, pas d’associations, alors c’est le règne de l’opacité, le royaume des multinationales.

C’est le Monopoly Suez-Veolia. Pas besoin d’aller chercher loin, l’actualité nous fait la démonstration qu’elles se sont gavées pendant des dizaines d’années et qu’elles vont se battre avec cet argent sur le dos des usagers, des élus et des collectivités. Pendant des dizaines d’années, on a dit aux élus, aux citoyens, l’eau c’est compliqué, laissez faire les spécialistes. Résultat, des techniciens qui ont perdu leur savoir-faire, des élus paresseux qui laissent faire, des entreprises qui se gavent.

Pourtant, à rebours de ce que je viens d’indiquer, la gestion publique et citoyenne progresse. Sous les coups de boutoir des usagers, des mouvements environnementalistes, des élus choisissent de plus en plus souvent le retour en gestion publique, c’est vrai en France mais aussi dans le monde.

Ouvrons le débat : en quoi la maîtrise publique améliore-t-elle la gestion de l’eau ?(1)

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Alors que les groupes privés Suez et Veolia recherchent une fusion, les collectivités locales se tournent de plus en plus vers une gestion publique.

Un impératif politique : l’accès de tous à ce bien commun.

 

Sylvie  Paquerot Administratrice de la Fondation Danielle-Mitterrand, professeure à l’École d’études politiques, université d’Ottawa (Canada)

Il nous semble devoir reformuler la question ; en effet, Ray Vernon, spécialiste des multinationales à la Harvard University Business School, a démontré que le statut d’une entreprise, privé ou public, n’était pas un facteur significatif dans l’évaluation de l’efficacité de sa gestion, l’efficacité ne pouvant être évaluée que par rapport à des objectifs. Ses études, menées dans près d’une dizaine de pays, ont montré que la comparaison entre privé et public s’avère biaisée dans la mesure où le privé n’a, dans le cadre du système économique actuel, qu’une seule finalité : être rentable. Le public poursuivant d’autres finalités, d’intérêt public, sa gestion en est dès lors nécessairement plus complexe.

Le besoin impérieux d’investissements dans les infrastructures est souvent un argument principal pour proposer une gestion privée. Or la gestion déléguée au privé n’apporte pas de solution réelle au problème d’entretien et de rénovation des infrastructures. Sachant que les entreprises privées sont là pour faire de l’argent et non pour en donner, on doit reconnaître que l’argent qui servira à rénover les infrastructures sera public : soit il sortira des goussets des gouvernements, soit il sortira des poches des citoyen·ne·s… comme les autoroutes françaises, dont les milliards de profits, issus d’investissements publics ou de la poche des contribuables, ne servent pas à des missions d’intérêt public.

La maîtrise publique de la gestion de l’eau n’est donc pas un impératif de gestion mais un impératif politique. C’est bien ce que fait perdre de vue la seule considération de l’efficacité de sa « gestion ».

Impératif politique dans la mesure où il s’agit de faire des choix, de poursuivre des objectifs parfois contradictoires qu’il nous faut concilier… ou choisir. À Moncton (Nouveau-Brunswick, Canada) par exemple, lorsque a été discuté de déléguer la gestion de l’eau au privé, les citoyen·ne·s ont refusé au motif qu’à leur connaissance une entreprise privée ne pouvait vouloir que ses « client·e·s » consomment moins, alors que, d’un point de vue écologique, l’eau doit être « économisée » au sens propre du terme.

Finalité écologique, finalité démocratique, finalité de droit humain (non-exclusion), finalité d’équité (péréquation) sont toutes des objectifs qu’aucune entreprise privée n’a vocation à assumer mais que doivent poursuivre les autorités publiques. Si la maîtrise publique n’est pas une garantie d’une bonne gestion, elle seule nous permet de choisir les finalités d’intérêt public avant celle de rentabilité : la vie avant le profit au sens propre.

En conclusion, la gestion privée donne-t-elle accès à du capital privé pour rénover les infrastructures ? La réponse est non. Il serait plus judicieux de nous emprunter à nous-mêmes. La gestion privée génère-t-elle des économies (de l’eau) ? La réponse est non. La gestion privée permet-elle un plus grand contrôle démocratique ? La réponse est non. Ni le public ni les élus ne siègent aux conseils d’administration des firmes multinationales de l’eau. La gestion privée assure-t-elle l’accès universel ? Au vu des nombreuses poursuites pour coupure d’eau ces dernières années, la réponse est évidemment non.

Réunion mensuelle de l’Atelier de gauche ouverte aux adhérents et sympathisants, samedi 17 octobre de 9h30  à 12h30

Réunion mensuelle de l’Atelier de gauche ouverte aux adhérents et sympathisants,

samedi 17 octobre de 9h30  à 12h30

à l’Espace « Les Chabades »  place Jacques Bingen (derrière la Poste).

Pour tout contact : http://atelierdegauche.fr/
atelierfdegauche@gmail.com
ou https://www.facebook.com/Latelier631/

GOUVERNEMENT ET FINANCEMENT DES DÉPENSES DE SANTÉ , LES ROIS DE LA DIALECTIQUE !

 

            Encore bravo à notre Président-représentant du libéralisme et à ses ministres CASTEX, VÉRAN et DUSSOPT lorsqu’ils vous annoncent (à grands coups de trompes médiatiques et juré-craché) qu’ils « ne pratiqueront aucune augmentation des impôts ». Mais ils préparent en sous-main une au moins aussi importante récupération financière dans la poche des français, sous la forme (bien rodée depuis longtemps) d’une augmentation de taxes, qu’ils s’empressent de justifier, sous le nom délicat de « contribution exceptionnelle » (Taxe Covid).

Toutes ces mesures seront couplées (c’est nouveau, çà vient de sortir) à la mise en place d’un forfait payant (non susceptible de remboursement) pour les passages dans les services d’urgence sans hospitalisation à partir de 2021, même pour ceux qui ne disposent d’aucune alternative !

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Les néonicotinoïdes tuent les abeilles … et les agriculteurs (2)

François Ulrich, le 05/10/2020

Un texte de loi autorisant le recours aux néonicotinoïdes est examiné aujourd’hui 5 octobre à l’Assemblée nationale. Le gouvernement souhaite autoriser à nouveau les producteurs de betteraves  à utiliser de manière préventive ce pesticide contre un puceron responsable de la jaunisse de la betterave. Macron avait promis l’interdiction du glyphosate en novembre 2020 ; à la place il prolonge l’utilisation d’un autre pesticide. Ce gouvernement est à la solde des lobbies !

C’est une aberration environnementale et économique. Les néonicotinoïdes tuent les abeilles, la biodiversité et les apiculteurs. Ce projet de loi est un grave recul : il est déconnecté de l’urgence écologique (érosion de la biodiversité) et économique (modèle agro-industriel à bout de souffle qui broie les paysans et empoisonne le vivant).

31 organisations environnementales, de consommateurs, la Confédération paysanne, les apiculteurs, …) sont contre. 7 Français sur 10 se disent opposés à cette dérogation d’après un récent sondage.

Il y a urgence à se mobiliser !

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Des nouvelles du Conseil Municipal du 29 septembre 2020 que vous ne lirez pas dans la presse…

Lors du Conseil Municipal du 29 septembre 2020, deux délibérations concernant l’une, la création d’un « fonds de relance aux commerçants et artisans de proximité de la commune de Beaumont », l’autre celle d’un « fonds de solidarité en faveur des associations beaumontoises » ont été adoptées avec les voix de la majorité et du groupe Aimer Beaumont présidé par M. Dumeil. Les élu.e.s du groupe Uni.e.s pour Beaumont ont refusé de participer au vote.

Ces décisions posent plusieurs questions et donnent des indications sur la politique à venir de cette majorité.

  • Commençons par le fonds de relance aux commerçants et artisans :

Il faut se souvenir que depuis les lois MAPTAM et NOTRe , le développement économique est une compétence de la Région et de la Métropole, et en aucun cas de la Commune. Ce qui impose la signature d’une convention avec la Région, et donc, parmi les critères à remplir par les entreprises, celui d’être bénéficiaire du fonds de solidarité (volet 1) de la région.

Ce fonds est doté de 20 000€, et l’aide communale est limitée à 1 000€ par entreprise.

Quelle peut alors être son efficacité ?

Nous avons interrogé Monsieur le Maire pour savoir si cette création correspondait à une étude de besoins (hormis celui légitime d’honorer une promesse de campagne) auprès des artisans et commerçants beaumontois, et si une concertation avec la Métropole était prévue. La réponse est négative pour les deux questions.

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