Les jeunes, premiers de cordée de la pauvreté

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Vendredi 27 Novembre 2020

 

Dans son rapport annuel, l’Observatoire des inégalités alerte sur les écarts qui risquent de se creuser. Et propose des solutions pour aider ceux qui risquent de tomber dans le cercle infernal de la misère.

Les chiffres ne sont pas encore là, mais les signaux inquiétants s’amoncellent déjà. « Compte tenu de la perte de revenus subie par les demandeurs d’emploi, de la baisse d’activité de certains non-salariés, plusieurs centaines de milliers de personnes ont déjà basculé sous le seuil de pauvreté », note l’Observatoire des inégalités dans son deuxième rapport annuel sur la pauvreté, rendu public hier. Cet été, le nombre de foyers allocataires du RSA avait déjà grimpé de 10 % par rapport au début d’année, l’allocation devenant la seule ressource pour 400 000 personnes supplémentaires. Et le flux ne devrait pas se tarir, avec entre 800 000 et 900 000 nouveaux chômeurs attendus en raison des faillites et des réticences à embaucher en période de crise.

Les chiffres ne disent pas tout. « On a entendu parler d’un million de pauvres en plus, mais ce chiffre n’a aucune valeur statistique. Surtout, ça ne veut rien dire par rapport au profil des personnes touchées », souligne Louis Maurin, le directeur de l’Observatoire. En prenant comme référent un seuil de pauvreté inférieur à celui des statistiques officielles, il invite à mieux cerner le profil de ceux qui ont déjà basculé ou vont le faire, pour mieux cibler les aides.

Premiers touchés, les jeunes. « Ils sont plus souvent en emploi précaire et ont été les premiers à être débarqués des entreprises au moment du confinement. L’arrêt de l’économie a empêché des dizaines de milliers de jeunes de trouver un emploi dès le mois de mars 2020 », note le rapport. Une conjoncture qui vient renforcer une situation déjà défavorable : entre 2002 et 2018, le taux de pauvreté des 18-29 ans a progressé de plus de 50 %, passant de 8 % à 13 %. Pour autant, attention à ne pas généraliser. « Une partie d’entre eux, ceux qui viennent des grandes écoles, va s’en sortir, mais que va-t-il se passer pour les autres, à commencer par ceux issus des milieux populaires ? » interroge Louis Maurin.

Louis Maurin propose un RSA à partir de 21 ans, âge qui correspond plus à l’entrée dans la vie active

La même prévention vaut pour les non-salariés. « Une partie – artisans, autoentrepreneurs, petits commerçants – va dégringoler, note Louis Maurin. Mais il faut distinguer entre ceux qui disposent de capital et parviendront à rebondir et les plus touchés, qui sont ceux venus des milieux populaires avec un faible niveau de diplôme. » Meilleure porte de sortie de la pauvreté, le travail ne peut pas tout. Déjà avant la crise, « la moitié de la population pauvre est active (salariés, indépendants, chômeurs), preuve de l’ampleur de la dégradation structurelle du marché du travail à l’œuvre depuis les années 1980 ».

« La majorité au pouvoir, qui a largement soutenu le niveau de vie des plus riches, continue à faire la sourde oreille aux demandes pour plus de justice sociale, alors même que l’épargne a progressé du fait du confinement », s’alarme l’Observatoire. Louis Maurin appelle à sortir du dialogue de sourds, entre ce pouvoir et ceux qui tendent à oublier l’efficacité de notre État social. C’est le cas pour les jeunes, dont la situation est connue depuis longtemps, mais pour lequel le débat se résume à un affrontement entre ceux qui veulent leur octroyer le RSA et ceux qui le refusent au nom d’un risque supposé d’assistanat. « Ces discours ignorent la réalité des jeunes, et notamment de ceux issus des milieux populaires, qui veulent travailler pour s’en sortir », estime Louis Maurin. Il propose un RSA à partir de 21 ans, âge qui correspond plus à l’entrée dans la vie active. Et avant ça, de « mettre le paquet sur l’accompagnement et la formation ».

Un millier de manifestants à Clermont-Ferrand contre le projet de loi sur la « sécurité globale »

La Montagne, publié le 28/11/2020

Le projet de loi sur la « sécurité globale », voulu pour étendre les compétences des forces de sécurité, qu’elles soient nationales, municipales ou privées, a fait se lever un vent de fronde. Ils étaient un millier à manifester, ce samedi matin, à Clermont-Ferrand.

L’initiative législative, portée par les députés de La République en marche sous le nom « Sécurité globale », et adopté par l’Assemblée Nationale, fait, un peu partout, descendre des foules dans la rue pour protester contre « une loi liberticide ».

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Menaces de coupures sur le jus d’hiver

Surtout lorsqu’on prétend s’engager dans une électrification massive des transports routiers avec l’interdiction de la vente de voitures à moteurs thermiques en 2040. La légèreté coupable avec laquelle des gouvernements et des majorités parlementaires gèrent ce sujet s’est révélée avec le report de dix ans de l’objectif d’une diminution à 50% du nucléaire dans la production, relativement à la loi TECV (transition énergétique pour la croissance verte) de 2015. Il est plus que temps, pour éviter de prendre des risques majeurs avec notre système électrique, de fonder les décisions sur les réalités techniques et non sur des discours politiciens.

 

le 19 novembre 2020, la ministre de la transition écologique Barbara Pompili est intervenue sur BFM TV pour évoquer le risque de coupures d’électricité en cas de grosses vagues de froid cet hiver. Pour y affirmer qu’il n’y aura «pas de black-out», autrement dit la France dans le noir. Et qu’il faudrait «diversifier nos sources d’électricité» au dépens du nucléaire. Qu’y a t-il de vrai et de faux et d’imprécis dans ce propos ?

Est-ce qu’il y a un risque de manque d’électricité ? Au point de devoir couper le jus à certains consommateurs afin d’éviter un black out total ? Voyons d’abord ce qu’en dit RTE, le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (les lignes à haute tension), chargé de surveiller l’équilibre production/consommation. RTE,  utilise des formules qui adoucissent le ton, sinon la réalité. «Dans l’ensemble, l’hiver 2020-2021 demeure toujours sous vigilance particulière et l’équilibre prévisionnel entre offre et demande d’électricité devrait rester tendu, notamment de mi-novembre à décembre en cas de froid précoce.»

Des mots doux pour dire une réalité rude : en cas de vague de froid, il faudra demander à toutes les entreprises grosses consommatrices volontaires (et rémunérées pour cela) de stopper leur production, recourir à des importations massives, baisser un chouïa la tension (mais pas plus d’un chouïa sinon le réseau tombera comme un château de cartes) et, in fine, si tout cela ne suffit pas, opérer des délestages tournants épargnant uniquement les services essentiels. Autrement dit couper le jus des foyers et entreprises temporairement, ici puis là, afin d’éviter un écroulement général du réseau. Dans son vocabulaire magnifique d’euphémisme, RTE qualifie ces risques de coupures de «moyens post marché».

Se faire peur

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Le 25 novembre, c’est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes !

Soyons nombreux·euses pour refuser la violence patriarcale, mercredi, à 18h, place de Jaude, à l’appel du Collectif 8 mars Toute l’Année !*
Le rassemblement aura lieu dans le respect des mesures barrières.

*rassemblement organisé par ATTAC, Le Planning Familial, Osez Le Feminisme, ARA, Solidaires 63, la FSU 63, l’UNEF Auvergne, LFI, le NPA, l’UCL,CGT, PCF…

Cette année, pour le 25 novembre 2020… nous ferons quand même entendre nos voix ! Qu’il s’agisse de violences conjugales, intrafamiliales physiques, sexuelles, psychologiques, administratives… à l’égard des femmes et des enfants, des personnes en situation de handicap, des personnes lesbiennes, des personnes trans… la liste est longue pour décrire toutes les violences subies.

 Les violences peuvent toucher tout le monde. De n’importe quel âge, origine, milieu social… Si le premier confinement a montré encore l’ampleur de ce fléau, l’invisibilité doit cesser, et les actes doivent répondre aux besoins réels. La liste est longue au regard du manque de moyens et du manque de réels changements dans la prise en charge, que nous continuons de constater chaque jour : des procédures juridiques longues, de mauvais accueils en commissariats où les preuves doivent être amenées encore par les femmes, la peur de partir en période de confinement car il n’y a pas d’hébergements suffisants.

La liste est longue au regard de l’impact de ces violences sur la santé physique et mentale des personnes qui sont victimes. La liste est longue : 81 crimes de féminicides jusqu’à présent recensés pour 2020. De nombreuses affaires encore non comptabilisées, sont encore en surveillance et subissent l’omerta des parquets. Non ce ne sont pas “des drames familiaux ni des drames de séparation” mais de véritables féminicides[1]. La crise sanitaire a aggravé les inégalités pour les femmes les plus précaires et a modifié les possibilités de choix pour les femmes en général dans l’accès aux soins et aux services sociaux.

Si la formation des professionnel.le.s de police et justice, et tout.e professionnel.le est une solution primordiale, elle s’associe à la prévention dès le plus jeune âge par les séances d’éducation à la sexualité et à l’égalité hommes/femmes durant tout le parcours scolaire et tout au long de la vie ! Lutter contre les violences c’est prévenir dès le plus jeune âge et éduquer à l’égalité.

Nous lutterons virtuellement et visuellement, ensemble, toute la semaine du 21 au 25 novembre pour faire entendre nos revendications ! Nous lutterons tant qu’il faudra !

[1] Chiffres et analyse issus du collectif Féminicides par compagnons ou ex.

Loi sécurité globale : le soupçon généralisé

Elsa Faucillon (député communiste, 1re circonscription des Hauts-de-Seine)

À partir du mardi 17 novembre, est débattue à l’Assemblée nationale une nouvelle loi sécuritaire qui accompagne le raidissement autoritaire de la pratique macroniste du pouvoir.

Le tournant répressif engagé à l’encontre de la mobilisation contre la Loi travail en 2016 s’est accentué à l’occasion du mouvement des gilets jaunes. Cette nouvelle doctrine du maintien de l’ordre a laissé nombre d’éborgnés, mutilés, blessés.

Cette réalité était déjà connue de trop d’habitants des quartiers populaires qui ont fait les frais des expérimentations de nouveaux dispositifs policiers, à commencer par l’utilisation d’armements dangereux comme les LBD.

Alors que notre société déjà éreintée par les crises écologique, sociale et économique a besoin d’apaisement pour trouver des réponses fermes et efficaces, le seul réflexe du gouvernement est d’établir une société du soupçon généralisé. Nous devenons tous des coupables potentiels en puissance.Lorsque confrontés à la première vague, notre sécurité résidait dans la solidité de notre système de santé et l’accès aux masques et matériels utilisés par les soignants, ils étaient aux abonnés absents. Lorsqu’aujourd’hui les petits commerçants demandent de l’aide pour sécuriser leur activité professionnelle et ne pas mettre la clef sous la porte, une véritable réponse se fait attendre. Quand 565 personnes par an meurent d’un accident du travail, la sécurité n’est pas une priorité. Quand plus de 12% des femmes en France déclarent avoir été victimes de viol, les moyens demandés par les associations ne sont pas délivrés. C’est au moyen de ces renoncements qu’ils peuvent réduire notre sécurité à un énième projet de renforcement des dispositifs policiers répressifs et de recul de nos libertés. Faute de la volonté de mettre en place des mesures permettant aux citoyens de vivre leur vie, il faut asseoir son autorité par la force, la force violente plutôt que la force du droit.

Surveiller et punir

Dans ce dernier projet, la loi dite de « sécurité globale » viendra de nouveau chambouler le code de la sécurité intérieure, le code pénal, le code de procédure pénale, le code de la route, le code de la défense et jusqu’à la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ! Dans le bouleversement apparent ne se joue qu’une vieille idée : surveiller et punir. La loi permettra ainsi d’expérimenter l’élargissement des pouvoirs de la police municipale. Étendre le pouvoir répressif d’agents formés moins longtemps semble une curieuse réponse à la période, surtout quand il semble n’avoir pour but que de multiplier la possibilité de contraventions pour des petits délits (tag, consommation de stupéfiant, etc.). Derrière cette décision, c’est toujours l’obsession de l’amende et du chiffre. Les nouvelles dispositions législatives octroieront même ce pouvoir de délivrer des contraventions à des sous-traitants privés. En dessaisissant ainsi l’État de sa mission régalienne, nos gouvernants prouvent qu’ils préfèrent placer leur confiance dans des acteurs privés que dans l’outil collectif censé être au service de ses citoyens.

Ce projet de loi est une attaque antidémocratique qui instrumentalise le terrorisme pour s’attaquer à notre culture démocratique. En faisant des citoyens la cible plutôt que le fondement de la légitimité de gouverner, le gouvernement offre aux terroristes l’opportunité d’une victoire morale coûteuse.

 

Quand l’on considère ceux que l’on sert comme des suspects ou des coupables, réduire leurs libertés et leurs droits est l’étape logique suivante. Ainsi, la loi sécurité globale propose dans son article 21 de permettre l’exploitation en direct des images des caméras portées par les membres des forces de l’ordre, pouvant les conserver jusqu’à 30 jours, sans préciser si les citoyens concernés y auront accès. De même, elle offrira par son article 22 un cadre légal pour l’utilisation de drones et engins aéroportés de surveillance. Difficile d’y voir de nouveau un instrument de la lutte contre le terrorisme quand ces dispositifs sont surtout utilisés pour mettre au pas les citoyens qui se mobilisent et exercent leur droit de contester démocratiquement les décisions politiques ou les conditions de vie qui sont les leurs. Pour justifier chaque recul de notre droit à une vie privée, la même petite musique pernicieuse se fait entendre : « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à craindre ». Mais qui déterminera ce qui demain pourra nous être reproché quand nos gouvernants ne cessent de démontrer leur manque de confiance criant dans la participation de toutes et tous à l’orientation politique de notre société ?

En voulant interdire la diffusion d’image des policiers en mission dans son article 24, le texte fonde même un nouveau pouvoir de criminalisation qui pourra toucher tour à tour journalistes, observateurs associatifs ou simples citoyens qui seraient amenés à filmer des policiers faisant un usage disproportionné de la force. Il n’y a jamais de limites à la suspicion lorsque le pouvoir l’alimente. Comment prouver une violence policière, comment établir les faits sans ses images ?

Nous devons conserver le droit de questionner et remettre en cause l’ensemble des dispositifs qui s’attachent à régir nos vies. En démocratie, il n’y a pas d’ordre public qui ne repose sur le consentement des citoyens. Nous devons pouvoir disposer de contre-pouvoirs à celui de l’État. C’est le principe de l’État de droit : prééminence du droit sur le pouvoir politique.

Ce projet de loi est donc une attaque antidémocratique qui instrumentalise le terrorisme pour s’attaquer à notre culture démocratique. En faisant des citoyens la cible plutôt que le fondement de la légitimité de gouverner, le gouvernement offre aux terroristes l’opportunité d’une victoire morale coûteuse. Il veut faire oublier que notre sécurité ne se réduit pas à échapper à la violence mais qu’elle s’exprime dans la construction des conditions nécessaires à une vie réussie, riche d’opportunités, de relations, de plaisirs. Voilà ce que serait le sens d’une sécurité globale.

QU’AVONS NOUS MANQUÉ …? , Axel Kahn

Le célèbre généticien, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, publie un texte fort sous forme de billet d’humeur sur son compte Facebook . Nous le reproduisons ici dans son intégralité, car il s’agit d’une série de questionnements qui traverse aujourd’hui de nombreux chercheurs, enseignants et vulgarisateurs…

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QU’AVONS NOUS MANQUÉ, nous les intellectuels, scientifiques et vulgarisateurs de la fin du XXe siècle ?

Telle est la question que je posais hier en conclusion de mon cri de détresse « J’ai mal à ma France » ?

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Radios et télévision : 90% des invités défendent l’ultra-libéralisme

Extraits d’ un article de Siné Mensuel n° 101 – novembre 2020

Serge Sanches

 

Entre 8 heures et 9 heures, les matinales font partie des tranches horaires d’information les plus suivies. De fait, les plus hauts responsables politiques y participent volontiers, voire sollicitent une invitation ! Sur une période assez longue (du 26 mai au 24 juillet), nous avons examiné quels partis ou quelles sensibilités politiques étaient à l’antenne. Au total (sur les cinq jours de la semaine), nous avons relevé 273 invités, hors les médicaux et les « neutres » (sportifs,écrivains,scientifiques…). Notre choix s’est porté sur 9 media, en réalité 7 puisque BFM et RMC diffusent la même interview, tout comme France-Info Radio et télévision.

Quels sont les enseignements que nous pouvons tirer sur la partialité des différents medias pour notre gouvernement ?

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Un tour d’horizon de rivières qui souffrent : l’Artière et l’Allier

Le collectif Auzon l’Artière propres vous propose deux vidéos documentaires  sur la rivière L’Allier, le fleuve la Loire et deux émissions H2O France Bleu animé par Christophe NOISEUX : Julien Saillard du Conservatoire d’Espaces Naturels Auvergne et le reportage H20 sur les rivières L’Artière et L’Eau Mère  :

 

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Menace sur les forêts françaises

François Ulrich

le 9 novembre 2020,

Comme l’agriculture, la sylviculture connaît un processus d’industrialisation.

On recense en France 136 essences d’arbres différentes. 76 % des forêts sont feuillues. Or, depuis quelques décennies, l’industrie du bois convertit progressivement les plantations de feuillus en plantations de résineux comme le douglas. La spécificité de ces essences est leur croissance rapide. Le douglas par exemple atteint à 40 ans une taille et un diamètre suffisants pour être prélevés par les têtes d’abattage des machines forestières. L’industrie procède par le triptyque suivant : coupe rase, plantation, monoculture. La coupe rase désigne l’abattage de tous les arbres d’une parcelle au moyen d’engins lourds qui tassent les sols. La plantation en monoculture consiste à réaliser un « champ d’arbres », c’est-à-dire la plantation d’arbres de même âge et de même hauteur.

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9 novembre 2020 : Appel Journée mondiale pour un Monde sans Mur 2020

63 afps

Du mur d’apartheid israélien sur la terre palestinienne au mur de la honte américain à la frontière mexicaine, près de 70 murailles sur tous les continents déchirent la vie et les terres des peuples alors qu’elles renforcent ou créent des frontières ou des limites de contrôle des États, souvent définies unilatéralement en dehors du Droit international. Ce sont des édifices d’expulsion, d’exclusion, d’oppression, de discrimination, d’exploitation et d’annexion. C’est ce qu’est le Mur israélien.

 

En Palestine, au-delà de la pandémie qui s’est conjuguée avec l’occupation pour que l’oppression des Palestiniens soit encore plus cruelle, l’année 2020 a été marquée par la décision de Netanyahou – encouragé par Trump – d’annexer la vallée du Jourdain et les colonies israéliennes situées en Cisjordanie occupée. L’annonce d’une soi-disant suspension de l’annexion n’a trompé personne : l’annexion de facto de la Palestine a connu depuis le début de l’année une accélération qui s’est traduite par :

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RSA : Plus de bénéficiaires, pas de financement !

3 novembre 2020

En mars 2020, 1,9 million de personnes étaient allocataires du RSA (environ 15 500 dans le Puy-de-Dôme, dont     1 000 nouveaux bénéficiaires entre février et avril 2020). Selon les prévisions elles seront près de 200 000 de plus d’ici la fin 2020, soit près de 9 % d’augmentation en moyenne sur l’année. Cette situation est inédite : par comparaison, entre 2017 et 2018, le nombre de bénéficiaires du RSA avait augmenté de 1 %.

C’est une conséquence de la crise sanitaire, et le couvre-feu puis le confinement ne vont rien arranger.

Face à cette situation, les Départements sont en première ligne. Ce sont eux qui financent le RSA pour un peu plus de 11 milliards d’euros en 2019. Dans le Puy-de-Dôme, le budget 2020 adopté le 3 juillet fait apparaître pour le RSA la somme de 97 millions d’euros en augmentation de 4 % par rapport à 2019 ; ce montant représente environ 14 % du budget de fonctionnement qui s’élève à environ 684 millions d’euros. Avec la hausse de 9 %, c’est plus d’un milliard d’euros supplémentaires à trouver. Et avec quelles ressources ?

Les ressources des Départements sont essentiellement constituées des droits de mutation à titre onéreux (taxes sur les transactions immobilières) qui baissent en période de crise ; des dotations de l’ État, stables après avoir baissé pendant plusieurs années ; et depuis cette année d’une fraction de la TVA (elle aussi en baisse en période de crise) qui remplace la taxe foncière transférée aux communes.

Ainsi les dépenses sociales des Départements augmentent en période de crise alors que leurs recettes baissent ! Et l’ État ? Déjà en 2019 il ne prenait en charge que 60 % du RSA. Le nombre de bénéficiaires augmente, les dotations baissent : mécaniquement, l’écart se creuse ! Si, jusqu’à l’année dernière, les Départements pouvaient augmenter la taxe foncière, ils n’ont aucun pouvoir sur la fraction de TVA qu’ils perçoivent et qui pèse proportionnellement davantage sur les classes populaires. Cette négation de l’autonomie fiscale des Départements devient intenable dans une période où la solidarité nationale devrait jouer pleinement son rôle, « quoi qu’il en coûte » disait Macron.

Le modèle de financement de la solidarité en France doit être profondément revu, pour le RSA comme pour les autres prestations sociales portées par les Départements, notamment celles destinées aux personnes âgées ou handicapées.

F. U

Rentrée scolaire: protocole sanitaire « renforcé ». Ah bon?

2 novembre 2020

Le blog de Roger Colombier

Et sans honte, mais les commis du capital n’en ont jamais, Jean-Michel Blanquer, chambellan du palais de l’Elysée chargé de l’éducation nationale, s’est répandu dans le Parisien Dimanche: « Nous avons renversé la vapeur, les enseignants savent qu’ils sont soutenus« . D’où le dessin ci-dessus.

Et question protocole sanitaire « renforcé »: masque obligatoire dès le CP, quand il n’y a aucune obligation pour les gosses dans la rue, les transports en commun ou les grandes surfaces. On pourrait interroger les nombreux savants en médecine abondant sur les plateaux télé. Pour cette catégorie d’âge, le coronavirus n’est-il présent que dès l’entrée dans les écoles ? Pour les adultes dans les transports publics, Jean-Baptiste Djebarri, lui en charge des Transports, dirlo d’une compagnie de jets privés dans le civil, claironne que tout est clean dans lesdits transports. Est-il savant en épidémiologie? A moins qu’une étude secrète à ce sujet n’ait eu lieu, sinon…

Bon, faut aérer les classes, nettoyer les poignées de portes et tutti quanti, distancier les gosses à la cantoche. Mais sans embauche de personnel. Et pas de demi-groupe en classe pour ne pas se contaminer.

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