Menace sur les forêts françaises

François Ulrich

le 9 novembre 2020,

Comme l’agriculture, la sylviculture connaît un processus d’industrialisation.

On recense en France 136 essences d’arbres différentes. 76 % des forêts sont feuillues. Or, depuis quelques décennies, l’industrie du bois convertit progressivement les plantations de feuillus en plantations de résineux comme le douglas. La spécificité de ces essences est leur croissance rapide. Le douglas par exemple atteint à 40 ans une taille et un diamètre suffisants pour être prélevés par les têtes d’abattage des machines forestières. L’industrie procède par le triptyque suivant : coupe rase, plantation, monoculture. La coupe rase désigne l’abattage de tous les arbres d’une parcelle au moyen d’engins lourds qui tassent les sols. La plantation en monoculture consiste à réaliser un « champ d’arbres », c’est-à-dire la plantation d’arbres de même âge et de même hauteur.

Or il est scientifiquement prouvé que cette sylviculture intensive a des effets délétères sur l’écosystème : les coupes rases fragilisent les sols, détruisent la biodiversité, réchauffent le climat local et entravent la régénération de la forêt. La monoculture rend les plantations plus vulnérables aux aléas climatiques, aux maladies ou aux attaques d’insectes.

Ce type de sylviculture sert des intérêts purement financiers.

Pourtant des alternatives existent.

De nombreux forestiers résistent et prônent des alternatives appelées « sylviculture à couvert continu », encouragées par l’association Pro-Silva, qui réunit des propriétaires désireux de développer une sylviculture respectueuse de l’écosystème. Celle-ci préconise la diversification des essences et des âges des arbres (futaie irrégulière), la conservation de la biodiversité, afin d’accroître la résilience de la station forestière aux aléas climatiques. Il s’agit alors de prélever les arbres en les sélectionnant un par un, lorsqu’ils arrivent à maturité.

Contrairement à la sylviculture intensive, qui est coûteuse en travaux, en machines et en fuel, ce type de sylviculture est peu coûteuse en frais de gestion et plus intéressante à moyen et long terme pour les propriétaires forestiers.

« L’arbre, géant de l’espace et du temps, enraciné dans le ciel et dans la terre, mémoire des siècles et source de vie, ami de toujours attend… que l’homme s’arrête, qu’il le regarde et qu’il lui dise : « continuons ensemble ! » »

Ernst Zürcher

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