Et au milieu coule une rivière …polluée !

La cellule  « Clovis Chirin »

Suite aux multiples pollutions de l’Artière depuis le début de l’été et de leurs concomitances avec les sècheresses et l’état d’urgence sanitaire, au-delà des « préoccupations écologiques habituelles » se pose raisonnablement la question d’une contamination sanitaire des eaux traversant notre commune.

Une dizaine de pollutions par des eaux usées ont eu lieu depuis la fin du printemps. Certains d’entre vous, partis cher­cher un peu de fraicheur cet été, se rappellent, peut-être d’une odeur d’égouts plus ou moins forte aux abords de l’Artière ? Plusieurs sources de pollutions en sont à l’origine, avec plus ou moins de consé­quences visibles.

Deux pollutions importantes ont marqué les esprits :

  • La semaine du 15 août : Les eaux usées provenaient de Ceyrat où les évacuations de nouvelles constructions descendraient sur Beaumont. Mais les collecteurs étaient insuffisants… tout se déversait dans la rivière : excréments, lingettes…

(La Montagne 17/08/20)

  • Aux environs du 30 septembre, des habitants d’Aubière multiplient les té­moignages signalant une forte mortalité de poissons. La direction du cycle de l’eau au sein de Clermont Auvergne Mé­tropole confirme une pollution. « La DCE a constaté mardi un rejet d’eaux usées dans l’Artière depuis la rivière Gazelle »

(La Montagne 1er/10/20)

La Gazelle est la source de la majorité des autres pollutions observées, la dernière remonte au 9/11. D’intensités variables, ces pollutions ont un point commun : un déversement d’eaux usées dans l’Artière.

Revenons à la question d’une possible contamination sanitaire, alors que n’est plus à démontrer la présence fréquente de matières fécales dans l’Artière.

Dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, la question de la conta­mination virale des eaux du milieu naturel n’est pas infondée, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a rendu un avis à ce sujet en date du 1er mai 2020. Cet avis ne porte pas sur l’eau potable, mais sur les eaux directement issues des milieux naturels non traitées qui sont parfois utilisées.

Cet avis, détaillé, mérite d’être analysé :

Il conclut en substance, qu’une analyse du risque d’infection transmise pour­rait éventuellement se justifier pour les eaux à forte pollution fécale… Le haut conseil, justifie et demande l’applica­tion du principe de précaution face à ces risques, non négligeables, de conta­mination par contact mains/visage di­recte ou indirecte des eaux naturelles polluées, où le virus pourrait survivre plusieurs jours… Le fonctionnement des fontaines, cascades et bassins décoratifs qui ne peuvent qu’être alimentés par de l’eau non potable, sera interrompu et ils devront être vidés de leur contenu.

A la lumière de cet avis, que penser dé­sormais d’une ballade au bord de l’Ar­tière avec les enfants qui jouent dans le lit à la recherche de petites bêtes sous les cailloux ou d’une ballade avec son chien qui saute à l’eau ?

Oui, la pollution de l’Artière prend une toute autre importance !

Récurrentes, les pollutions de la Gazelle associées au faible débit d’eau, dues aux sécheresses estivales et automnales, sont problématiques. Cela conduit à une forte concentration des contaminants et donc à une présence importante du virus dans l’Artière. La revue « Food and Environmental Virology » a trouvé qu’il faut environ 10 jours pour l’élimi­nation des coronavirus dans de l’eau à 23 °C, et plus de 100 jours lorsque l’eau est à 4 °C.

Malheureusement, la municipalité en place n’a pris conscience de la pollution de l’Artière que lorsque des messages sont apparus sur les réseaux sociaux suite à la mort de nombreuses truites ! Qu’en est-il des pollutions antérieures et postérieures à celle, si marquante du 30 septembre ?

La municipalité a fait de la sécurité son cheval de bataille et de l’écologie une de ses préoccupations majeures… L’idée de sécurité est un sentiment si vite éveillé par un matraquage adéquat et si vite rassuré par la proposition d’installa­tion de caméras…

Qu’en est-il réellement de notre sécurité et de celle de notre rivière ?

La municipalité vous a-t-elle informés concernant les risques sanitaires dus aux nombreuses contaminations de l’Artière et vous a-t-elle informés sur les précautions à prendre ?

Y a-t-il eu la mise en place de sur­veillance des pollutions afin d’agir au plus vite dans le contexte pan­démique actuel ?

La municipalité vous a-t-elle parlés d’un capteur d’alerte, hors service, pouvant prévenir en temps réel de la moindre pollution de la Gazelle, si, pour un coût modique, il était réparé ?

Les prouesses de la municipalité et du maire d’Aubière se bornent à faire pas­ser l’idée que celui-ci peut être partout et tout faire. Les élus, trop occupés par l’idée de conserver leur majorité, en cette période de recours déposé par l’opposition concernant les dernières élections municipales, les poussent à une campagne permanente afin d’assu­rer leur réélection en cas d’annulation des précédentes élections. Communica­tion avant tout ! Est-ce qu’ils en oublie­raient qu’ils sont censés veiller au bien commun, à la santé des Aubièrois avant tout, en plein état d’urgence sanitaire ?

Ne vous inquiétez pas, vous serez testés gratuitement à quelques mètres de l’Artière…

H.Michel

 

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