À l’Élysée, « Monsieur Vaccin » multiplie surtout les moulinets

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Jeudi 4 Février 2021

Emmanuel Macron se pose en architecte d’une production largement défaillante aujourd’hui. Mais comme il n’entend pas toucher au système des brevets, il recycle les annonces précédentes…

À l’issue de sa rencontre, mardi soir, avec les producteurs de vaccins occidentaux – calquée sur celle organisée quelques jours plus tôt par la chancelière allemande, Angela Merkel –, le président de la République s’est invité, par surprise, à la télévision. « Tous les Français adultes qui le souhaitent » se verront proposer « un vaccin d’ici à la fin de l’été », affirme Emmanuel Macron. Mais derrière cette ligne d’horizon, les moyens pour atteindre cet objectif, sur fond de chaînes de production en difficulté et de pénurie globale, manquent cruellement. Dans les faits, le locataire de l’Élysée ne compte pas changer grand-chose, ou alors juste de costume : un de ses conseillers vante auprès de l’AFP « une vraie volonté de montrer que le Monsieur Vaccin, c’est lui ».

Tout en prétendant « entendre le débat qui monte sur le sujet », Macron claque la porte au nez aux mouvements mondiaux, qui revendiquent une limitation de l’empire des droits de la propriété intellectuelle afin de faire des vaccins un « bien public mondial », accessible sur toute la planète. Selon le président, « la contrainte n’est pas la propriété intellectuelle des vaccins mais la capacité à produire ces vaccins en grande quantité ». Le distinguo est osédans un contexte où les monopoles basés sur les brevets de Big Pharma ont empêché précisément de mobiliser toutes les capacités industrielles possibles, alors qu’elles existent bel et bien, comme le démontrent de manière partielle les partenariats désormais noués entre ceux qui sont dans la course (Pfizer, CureVac), d’un côté, et ceux qui sont relégués ou n’y participent pas du tout (Sanofi, GSK, Novartis, Bayer, etc.), de l’autre.

Sur l’accélération de la fabrication en tant que telle, le président ne propose strictement rien de neuf. Mais il tente de tirer la couverture à lui en évoquant une « production en France dans les prochaines semaines ». Comme prévu depuis des mois, trois groupes sous-traitants implantés en France – Delpharm, Recipharm et Fareva – participeront en bout de course, grâce à des aides publiques, à la phase de conditionnement des vaccins Pfizer, Moderna et CureVac (lire l’Humanité du 11 décembre 2020). Et Sanofi interviendra pour la même étape finale dans le circuit de Pfizer-BioNTech, mais à partir d’une de ses usines en Allemagne et pas avant le deuxième semestre !

 

 

 

 

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