Ouvrons le débat sur « la déchéance de nationalité »(suite): Arguments de défiance face à la déchéance.

Réactions. La date du vote de réforme constitutionnelle devant le Congrès n’est pas connue. Il faudra les 3/5e des voix pour qu’elle soit adoptée. à gauche comme à droite des voix s’élèvent.

  • Pouria Amirshahi, député PS :

« Il n’y a aucune raison que, pour un même crime, il y ait deux peines différentes. Il n’y a aucune raison qu’un autre pays accueille un “terroriste” né français, ayant grandi et travaillé en France et accepte ainsi de devenir le réceptacle de nos monstruosités. (…) On ne modifie pas la Constitution ainsi, surtout “pour quelque cas”. C’est une insulte à l’esprit des lois, de la loi fondamentale. »

  • PCF :

« Cette mesure de vengeance symbolique rétablit une double peine pour les binationaux, constituant ainsi, en droit, deux catégories de citoyens inégaux. (C’est) une honte et un reniement pour notre République. »

  • Jean-Marc Ayrault, ancien premier ministre :

« Si la France est en péril de paix, alors ne la divisons pas davantage ! »

  • Anne Hidalgo, maire PS de Paris :

« Cette mesure est d’autant plus brutale et injuste qu’elle est érigée en symbole par ses défenseurs. Or, la fonction de tout symbole est de réunir et de ne jamais diviser. »

  • Alain Juppé, maire LR de Bordeaux et ancien premier ministre :

« Ce n’est pas une réforme utile. Son efficacité sera faible, voire nulle. Dans un moment où notre pays a besoin d’unité et d’apaisement, c’est un acte de mauvais gouvernement. »

  • Esther Benbassa, sénatrice EELV :

« Que cherche François Hollande ? Quels petits calculs bassement électoralistes l’auront-ils convaincu de liquider une des valeurs fondatrices de notre République : son indivisibilité ? »

  • Cécile Duflot, députée EELV :

« Il faut savoir poser des bornes infranchissables. À force de vouloir couper l’herbe sous le pied du FN, on risque d’appliquer son programme. »

  • Nathalie Kosciusko-Morizet, députée LR :

« Tous ceux qui voient dans la binationalité un problème, voire le début de la trahison, s’engouffrent dans la brèche. Et déjà proposent de nouveaux motifs pour déchoir les binationaux de leur nationalité française. La machine à diviser est lancée. Sur cette pente-là, on ne sait pas où on s’arrête, ni d’ailleurs si on pourra s’arrêter. »

  • Jean-Pierre Mignard, avocat, président de la haute autorité éthique du PS :

« Attention. Un texte écrit aujourd’hui par des gens ayant de bonnes intentions peut-être utilisé demain par des gens ayant d’autres attentions plus perverses. »

  • Benoît Hamon, député PS :

« Commencer le quinquennat par la promesse du droit de vote des étrangers aux élections locales et le terminer sur la déchéance de nationalité des binationaux, une telle transhumance politique et intellectuelle déboussole. (…) Et si les pays victimes du terrorisme comme l’Algérie ou le Maroc décidaient de faire la même chose à leurs binationaux, accepterions-nous de récupérer en France les terroristes d’Aqmi ? »

  • Jean-Luc Mélenchon :

« Mieux vaut garder sous notre propre surveillance ceux que nous condamnons pour terrorisme plutôt que de les voir réclamés par l’expéditeur ou par un pays incapable de les garder. »

  • Mouvement des Jeunes socialistes :

« Cette mesure ouvre une brèche dans le droit du sol, qui fait partie de notre identité républicaine et qui est attaqué depuis des décennies par l’extrême droite. »

  • Pierre Joxe, ancien ministre socialiste :

« Non, (les Jeunes socialistes) ne “s’égarent” pas – comme le leur reproche ingénument un premier ministre feignant d’ignorer que, bien au contraire, c’est en oubliant leurs valeurs que de vieux socialistes “égarés” ont jadis déconsidéré la gauche, détruit pour dix ans leur parti et abattu la IVe République. »

  • Olivier Faure, député et porte-parole du PS :

« C’est une mesure qui a l’apparence du bon sens, mais qui est en réalité un contresens. (…) C’est une reconnaissance glorieuse du combat des djihadistes. »

96 associations et 16 syndicats dont la CGT, la FSU, la Confédération paysanne, le Planning familial, le Mrap, le Syndicat national des journalistes, Emmaüs France, la Ligue des droits de l’homme, la Cimade, Médecins du monde lancent un appel à refuser la constitutionnalisation de l’état d’urgence et le projet de déchéance de nationalité sous le titre : « Nous ne céderons pas ». Le texte, qui a déjà recueilli plus de 3 000 signatures de soutien, s’insurge contre « la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels ». À retrouver à l’adresse suivante:http://www.nousnecederonspas.org/

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