L’entretien du mois : Eric Frasiak.

L’Atelier FDG : « Dans tes chansons tu parles de tes parents, de ton frère, de ton fils, … mais rarement des copains. Parce que tu n’en as pas? ou trop? ou c’est pas si important que ça? ou…? »
Afficher l'image d'origineEric Frasiak :Ah ça c’est une question qu’on ne m’a jamais posée…
Bon c’est vrai, j’ai pas écrit “Les copains d’abord” mais les copains passent quand même de temps en temps dans mes chansons :
T’ETAIS PAS NE : « Tous c’qu’on avait c’était nos potes…” “C’étaient des zozos un peu space/ Mes vrais amis pas ceux d’MySpace »
LA POESIE : « Les copains de nuits blanches qui passent à la maison / Chanter quelques boutanches et vider des chansons »
TAIS TOI : « J’défendais mes potes à l’école / J’la ram’nais déjà un peu trop / Pendant qu’faisais mes heures de colle/ Z’étaient tous fourrés au bistrot”

A bien y réfléchir, c’est vrai aussi qu’avec les années, je suis peut être devenu un peu plus solitaire… 
Et même si je défends plus que jamais les valeurs de fraternité, je ne fais partie d’aucun parti, d’aucune réunion, d’aucun clan…
Alors c’est souvent sur la route des concerts que je fais des centaines de rencontres, qui, bien que de courtes durées, sont toutes plus belles les unes que les autres… 
Mais tu as raison, on a le temps de moins se voir avec les potes mais l’amitié est toujours là. 
Il y a tant de sujets qui m’interpellent que je les ai peut être un peu laissé de côté…
Une bonne idée, pour une prochaine chanson…
L’Atelier FDG :Est-ce que l’expression « chanteur engagé » a un sens pour toi?
Afficher l'image d'origineEric Frasiak :Non pas vraiment de sens, au même titre que cette appellation de “Chanson à texte”… 
Comment peut-on ne pas s’engager dans ce monde de fous. 
Nos actes au quotidien sont un engagement, la chanson est mon quotidien. J’y défends mes valeurs, et si on veut mettre l’étiquette “engagé”, mettons là… 
En fait ce sont les étiquettes que je n’aime pas… C’est gonflant les étiquettes…
J’ai longtemps été un chanteur trop rock et un rockeur trop chanteur.. 
Et pour en revenir à « Chanson à texte”, comment peut il en être autrement…? « Du texte dans une chanson ??!!… ouahhh” c’est vrai qu’il était important de le préciser…
L’Atelier FDG : Woody Guthrie disait de sa guitare « cette machine tue les fascistes »? Est-ce que tu reprendrais cette phrase? Est-ce d’actualité?
Afficher l'image d'origineEric Frasiak :Une chouette utopie c’est vrai… mais une chanson n’est qu’une toute petite goutte de carburant dans la machine à tuer le fachisme.
C’est le travail pour tous,  la fraternité, le partage, le combat politique et social, les chansons, les films… qui finiront par faire avancer les choses, je l’espère de tout coeur.
En tout cas ma petite pierre à moi pour rendre le monde un peu meilleur, c’est d’envoyer des mots et des notes dans l’air, de l’amour dans l’air…
La goutte d’eau du colibri…
L’Atelier FDG :Tu affirmes ton lien avec François Béranger. Qu’est-ce qu’il avait que les autres n’ont pas?
Afficher l'image d'origineEric Frasiak :Quand François Béranger est arrivé dans ma vie, j’avais 15 ans… la claque… 
J’entendais dans ses chansons toutes les utopies, l’espoir, les rêves et les combats identiques à ceux qui se bousculaient dans ma tête d’adolescent…
Avec mon père, qui était chauffeur poids lourd, on ne parlait pas beaucoup de tout ça et j’ai trouvé en Béranger un genre de père spirituel..
Et puis la musique, ce mélange rock et chanson avec la bande d’Alarcen, ça envoyait du lourd… 
Sans cette rencontre avec le père François, je ne serais, sans aucun doute, pas là en train de répondre à tes questions…
L’Atelier FDG :Est-ce que l’idée de chanter dans un zénith ou un palais des sports te fait rêver?
Afficher l'image d'origineEric Frasiak :Rêver non, pas plus que ça… mais j’ai déjà chanté devant 3000, 5000 ou 8000 personnes.
Contrairement à ce qu’on pense, c’est plus facile de chanter devant un nombreux public que dans des petits lieux où la moindre quinte de toux peut te déstabiliser..
Ce qui est bien par contre, c’est qu’en une seule fois tu touches une multitude de personnes, que tu mettrais des mois à toucher en 30, 50 ou 80 concerts dans des petites salles.
Mais les chemins de traverse et les petits lieux qu’on fréquente à longueur d’année me vont bien.. Du bonheur…

L’Atelier FDG :  François Béranger commençait souvent ses concerts par « Bonsoir chers clients ». Ca en énervait certains et pouvait mettre le public à distance. Tu en penses quoi?

Afficher l'image d'origineEric Frasiak :J’en pense que Béranger était un gentil emmerdeur et c’est pour ça qu’on l’aimait aussi fort… En même temps il disait la vérité non (sic..) ?? Et franchement, quand on connait un peu Béranger, y’a vraiment pas de quoi prendre ses distances.. 
J’adore aussi les petits coups de canif dans le bien pensant… Ah merde, je vais me mettre mon public à distance… mais je crois que c’était juste pour titiller… c’est bon le titillement non ???

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