Ouvrons le débat : 2017, année électorale, ça se prépare collectivement (4).

Jean Claude Mairal
Ancien président du Conseil général de l’Allier
Ancien vice-président du Conseil régional Auvergne

Allons nous avoir l’intelligence collective de créer une dynamique  citoyenne avec une plateforme commune, un candidat commun de rassemblement désigné de toutes les forces de la gauche alternative et écologiste et un nouveau front populaire et citoyen permettant de peser efficacement lors des présidentielles de 2017 et de gagner. Ou allons nous avoir pléthore de candidats de la gauche alternative, de Jean Luc Mélenchon à un socialiste frondeur,  en passant par un communiste, un candidat écologiste et autres candidats? Un tel éparpillement serait inefficace et suicidaire.

L’Humanité est confrontée à des défis considérables qui, si on ne leur apporte pas de réponses, mettent en danger son avenir même? Chaque jour en apporte la confirmation.Capitalisme prédateur, financiarisation, Inégalités sociales et territoriales grandissantes, guerres, migrations de la misère, jeunesse marginalisée, montée des nationalismes et des conflits religieux, réchauffement climatique et ses conséquences,etc. Dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté, la France se doit de répondre à ces défis et à leurs conséquences au plan économique, social, culturel et sociétal. Or les politiques libérales d’austérité menées par les différents gouvernements ces dernières années n’ont fait qu’aggraver les difficultés rencontrées par notre pays. Outre leur impact sur la vie quotidienne des françaises et des français, elles ont généré un rejet des politiques et favorisé la montée de l’extrême droite, des nationalismes et du communautarisme. Avec tous les dangers que cela risque d’entraîner pour l’avenir de la démocratie et la stabilité de notre société. En effet à la lecture des propos haineux et violents que l’on peut lire (ou entendre) dans les médias et les réseaux sociaux, de la part de simples citoyens et de responsables politiques, il y a de quoi être inquiet. Et cela transcende chez nos concitoyens tous les courants politiques, y compris le notre. Cela rappelle les années 30.
 
L’heure est grave! L’orage gronde en France et en Europe. De ce fait l’élection présidentielle, élection majeure aux yeux de nos concitoyens (qu’on le regrette ou non), qui sera suivie par les élections législatives, prend une importance considérable. On voit la droite piaffer d’impatience, le FN en embuscade prêt à ramasser la mise, un PS en perdition qui essaie de sauver sa « peau », avec un président de la République au plus bas dans les sondages qui manœuvre pour se représenter. Quelque soit le scénario, avec de tels prétendants à la présidence de la république, il est clair que le pire est devant nous. 
 
Allons nous laisser faire ou serons nous capable de créer une dynamique citoyenne et une alternative crédible ? La réponse dépend des choix que feront l’ensemble des forces de gauche, écologistes, socialistes frondeurs, communistes, altermondialistes, réseaux citoyens, etc. Refusant à juste titre la précipitation, Pierre Laurent a proposé lors du congrès du PCF, d’attendre novembre pour désigner un candidat, mais de travailler au préalable un contenu, Ce contenu doit être élaboré par les citoyens, mais aussi avec toutes les forces et elles sont nombreuses et diverses qui rejettent les politiques d’austérité pour en faire un pacte d’engagements communs et partagés qui serait porté par un candidat commun. Les forces existent localement et nationalement pour y parvenir, communistes, écologistes, socialistes opposés à la politique Hollande/Vals, gauche alternatives, mouvement social, réseaux et associations engagés dans l »économie sociale et solidaire, l’éducation populaires, la démocratie participative, l’environnement, personnalités des sciences et de la culture. Ce sont des millions de gens qui sont engagés dans les territoires dont un grand nombre sont désespérés par les partis politiques mais qui aspirent à un vrai changement. C’est une force considérable qui peut devenir majoritaire si elle ne reste pas éparpillée et fragmentée comme elle l’est actuellement.  
A condition de n’être, ni dans une posture d’ambition personnelle et ni dans une logique partisane, mais dans une posture d’intérêt général pour éviter le pire et la régression à notre pays, car c’est de cela qu’il s’agit en 2017. 
A condition aussi de se rencontrer, de se parler, de s’écouter, de se respecter mutuellement et d’ accepter les différences des uns et des autres pour co-construire cette alternative. Mais cela suppose d’agir avec humilité, sans a-priori et de sortir de la défiance qui trop souvent nous anime et nous empêche d’appréhender tout le potentiel créatif et tout ce qui bouge autour de nous. 
 
Il est des moments dans la vie d’un pays où des choix cruciaux sont à faire et qui peuvent renverser le cours de l’histoire. Le PCF a su faire ces choix par le passé. Ainsi Dès l’été 1932, le PCF malgré les critiques de l’Internationale communiste prend des initiatives pour constituer un « Mouvement contre la guerre et le fascisme » et le 10 octobre 1934, lors d’un meeting, Maurice Thorez «jette l’idée d’un vaste mouvement populaire», quelques semaines plus tard devant la Chambre des Députés, il expose le projet de Front Populaire. Durant la seconde guerre mondiale, le PCF prend une initiative essentielle, le 15 mai 1941 en appelant à constituer un « Front national de lutte pour l’indépendance de la France ». Il va rechercher l’union avec les autres organisations de Résistance, quel que soit leur positionnement politique en 1939 au moment du Pacte Germano-soviétique. Et en janvier 1943, est conclu un accord politique entre les deux pôles essentiels de la Résistance Française qui facilitera en mai 1943 la création du Conseil National de la Résistance (CNR) et l’union de la Résistance. A contrario en Allemagne, la guerre fratricide entre socialistes et communistes-dont les racines sont connues- ne va pas permettre de créer un front antinazi, y compris ouvert au Centre, et va faciliter l’arrivée au pouvoir d’Hitler qui pourtant avait perdu 2 millions de voix aux élections de novembre 1932, recueillant 33% des voix. Avec les événements dramatiques que l’on connait.
 
Certes nous vivons dans une autre configuration que les années 30 et 40, mais aujourd’hui  nous sommes face à un tel choix qui aura des conséquences positives ou négatives pour la France, mais aussi pour l’Europe, selon les décisions qui seront prises. Allons nous avoir l’intelligence collective de créer cette dynamique  avec une plateforme commune, un candidat de rassemblement désigné en commun  et un nouveau front populaire et citoyen permettant de peser efficacement lors des présidentielles de 2017 et de gagner. Ou allons nous avoir pléthore de candidats de la gauche alternative, de Jean Luc Mélenchon à un socialiste frondeur,  en passant par un communiste, un candidat écologiste et autres candidats? Le résultat est couru d’avance comme nous en avons été témoin depuis 20 ans. Un tel éparpillement serait suicidaire. L’objectif pour les uns et pour les autres n’est pas de se compter et d’attendre une situation plus clémente. Il n’est pas de régler ses comptes avec le PS et de vouloir être devant lui, il est de créer les conditions pour qu’en avril 2017, les forces de la transformation sociale et écologistes deviennent majoritaires. Pour y parvenir il n’y a pas d’autres voies que le rassemblement de toutes les forces alternatives et citoyennes. C’est le moyen de redonner espoir et confiance à tous ces abstentionnistes qui ne se rendent plus aux urnes, ainsi qu’à tous ces militants associatifs, politiques et syndicaux qui doutent. Cela vaut pour les présidentielles, mais aussi pour les législatives qui suivront et qui devront se construire dans la même dynamique. Et ne croyons pas comme certains camarades le pensent,  que le résultat de la présidentielle n’impactera pas le résultat des législatives. Le rassemblement majoritaire à construire que nous souhaitons tous ne doit pas seulement être du domaine de la déclaration d’intention, mais doit devenir une réalité par des actes concrets au plan national et local. Rien n’est gagné en ce domaine tant la suspicion est grande entre les différentes forces et entre les citoyens et celles-ci . Que chacun d’entre nous réfléchissent à sa responsabilité et à la responsabilité collective des communistes, pour les choix qu’il fera et que nous ferons au niveau du PCF. C’est l’avenir de notre pays qui est en jeu.
JEAN CLAUDE MAIRAL

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