Pour des candidatures communes aux législatives (appel a l’unité 2/2)

Par Frank Mouly, membre du Conseil national du PCF et initiateur de l’appel à faire Front commun

La gauche de transformation la plus bête du monde a-t-elle élu résidence en France ? Il semble bien que ce soit le cas.Absence de dialogue au cœur du Front de gauche, démarches et stratégies concurrentes, maladresses et querelles personnelles, logiques partisanes reprenant le dessus sur le besoin de rassemblement, incapacité à intégrer significativement les forces citoyennes que nous voulions agréger…, l’année écoulée à bien failli enterrer définitivement l’unité que nous construisions patiemment et parfois difficilement depuis 2005 pour créer un rassemblement à vocation majoritaire : le Front de gauche.

Bien sûr, le Front de gauche que nous avons connu a vécu. Parce que nous n’avons pas su le faire évoluer vers une véritable force politique et citoyenne. Parce que la création de la France Insoumise a été une façon de l’enterrer, et tout autant la tentation permanente du PCF d’une recomposition avec un Parti socialiste supposé capable d’un retour à gauche miraculeux.

Notre gauche qui avait su se rassembler, est divisée comme jamais depuis 10 ans. Pourtant, devant l’imminence de la catastrophe, les militantes et militants d’Ensemble ! de la France Insoumise et du PCF ont finalement réussi à faire l’unité sur une candidature commune à la présidentielle, structurante dans le paysage politique. Cela a été une très bonne nouvelle.

Mais alors que nous commençons, nombreux, à entrer dans cette campagne, autour d’un candidat, d’un programme, l’Avenir en commun, et avec des apports importants comme le pacte d’engagement commun proposé par le PCF, la division resurgit par la fenêtre.

Dans de nombreuses circonscriptions, les déclarations de candidatures concurrentes se multiplient. Des hommes et de femmes qui ont en commun tant de propositions et qui vont tout faire pour que Jean-Luc Mélenchon fasse le meilleur score à la présidentielle, pourraient s’affronter aux législatives. Qui peut comprendre cela ? Qui peut comprendre que l’idée d’un campagne autonome tourne à un affrontement absurde ? Qui peut exiger qu’on se soumette à une Charte qui n’aurait pas été discutée en commun ? Il y a derrière tout cela beaucoup plus de cuisine que de politique et le résultat sera désastreux si nous voulons des élus, des voix et des points d’appuis pour résister et construire.

L’appel à Faire front commun lancé en septembre a contribué pour une part significative à parvenir à un choix raisonnable et porteur d’une candidature commune à la présidentielle. Face à la droite et à l’extrême droite, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de la division aux législatives. Les électeurs ne pourraient en aucun cas l’admettre. Dans les 577 circonscriptions, les 10.000 signataires de notre appel œuvreront inlassablement dans les prochains jours et les prochaines semaines pour que les campagnes présidentielles et législatives soient menées ensemble, dans un même mouvement, et aboutissent à des candidatures uniques aux législatives, discutées et assumées ensemble.


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