«Dans notre civilisation, on ne meurt pas au travail»

Tels sont les propos tenus le 6 janvier par un « économiste » sur BFM  Business (taisons son nom par respect pour sa famille). France Info a réagi à ces propos et les a «démontés». Allons plus loin.

Qu’en pense l’Atelier ?

Ces propos sont ignobles. Pourquoi serait-il envisagé voire admissible qu’on meurre au travail ? 

De plus, ils sont mensongers. Car hélas, on meurt au travail (sans doute moins dans les rédactions de BFM Business, tant mieux). Oui, on souffre au travail. Oui, on subit des maladies professionnelles. Et on supporte tant de souffrances pour lesquelles on ne demande rien. On les subit comme une fatalité.

Des chiffres ?

On peut les aligner. Ceux des mort.e.s au travail, ceux des handicapé.e.s à vie. Ceux des viré.e.s sans raison et qui perdent tout (pour eux-elles et proches).

Le 17 décembre 2019,  l’Atelier a abordé le cas des agriculteurs dans le contexte de  la réforme des retraites, retenons donc uniquement cet aspect.

Il tient, hélas, en peu de chiffres. Dans le monde agricole : environ plus de 600 suicides par an (Source MSA), près de 2 par jour. Que dire de plus ?

Vous le savez tou.te.s

Ils disent :  « on ne meurt pas au travail, on tombe d’un échaffaudage par hasard, on est électrocuté par négligence…etc ». Ils mentent et vous le savez.

Alors, réagissez. Refusez ces « évidences et fatalités ».

P.C.

4 réflexions au sujet de “«Dans notre civilisation, on ne meurt pas au travail»”

  1. La souffrance au travail est une réalité et chacun peut en témoigner. Qui ne voit pas, n’entend pas, ne subit pas la pression? Pourquoi tant de ruptures dites « conventionnelles »? La « déconstruction » du code du travail, la rentabilisation, la marchandisation de la santé … pousse la machine humaine à toujours plus, mais elle a ses limites . Personne n’est épargnée, tous les domaines sont touchés jusqu’au plus « sanctuarisés » comme tout ce qui à trait à l’enfance, aux personnes âgées, à la santé … Comment un éducateur peut il s’occuper de 10 enfants qui ont été maltraités? Une aide soignante de X personnes âgées … . Et dans l’industrie où l’on détruit l’emploi, comment peut on arriver à faire plus avec moins de salariés? On enfonce des portes ouvertes en affirmant ces évidences, mais lorsqu’au bout il y a un être humain on peut être redondant. Se dire aussi que l’acquis n’est pas un gros mot et que derrière se cache des luttes, des pertes d’emploi, des morts; nos gouvernants souvent déconnectés du terrain ne voient pas la misère du peuple dont la sueur, et la souffrance les poussent dans la rue et parfois à la mort.

    Répondre
    • Tout cela est parfaitement exact… hélas.
      Juste une précision : on entend parler des « acquis sociaux ». Certes, mais il s’agit surtout de « conquis sociaux ». Car il a fallu se battre. Et aujourd’hui, les acquis sont détruits.
      Les soignants de l’hôpital public d’Annecy ont réalisé un très beau montage. Court. Percutant. Avec un mélange de provocation (torses nus, alignement de pieds de « morts ») et de retenue et pudeur. Mais surtout avec une émotion et une volonté de défendre le service public hospitalier. Merci à elles et eux.

      Répondre
  2. Salut à vous deux,j’aime bien votre analyse.

    En effet combien de combat pour déraciner l’esclavagisme (1789,mai 68,le front populaire,manifestation contre le C.P.E.
    ect…(qui nous à permis d’avoir certain acquis sociaux).

    Donc je pense qu’il faut se mobiliser (même si c’est pas toujours facile) pour faire reculer la destruction de ces acquis,car selon moi si on laisse faire,dans un prochain avenir ils nous enléverons le Smic,les congés payer (« un jour par ci par là »pour que ça se voit moins),le droit de grêve,les syndicats,les rtt,les services publics (au non de la rentabilité), et de plus les pays ou ils y a pas de social du tout se traduit par la pauvreté et la maladie à coup sure,donc il faut réfléchir dans qu’elle société voulons-nous vivre pour nous,nos enfants et nos proches.

    Répondre
    • Hélas…
      Quand j’ai rédigé ce papier d’humeur je n’imaginais pas que mort au travail allait être massive. C’est aujourd’hui le cas. La mort subie, la mort portée, transmise. C’est terrible.
      Les messages gouvernementaux sont à la hauteur de ses capacités de lutte contre le COVID : LAMENTABLES.
      On vit aujourd’hui les effets du néo-libéralisme aveuglé par les profits. Et demain ?
      Inutile d’en dire plus.
      Mais, vous qui lisez ce message : protégez-vous, protégez les autres. Puisqu’on ne nous laisse que nos actions quotidiennes, si dérisoires, pour « faire la guerre ».
      Et n’oubliez pas ce qu’ils ont fait au nom de … ? de quoi ?? Au nom de « leurs profits » disons-nous dans les manifs. On se faisait railler. Et pourtant, c’est nous qui disions la réalité.
      Courage à tou.te.s , pour aujourd’hui et demain.
      P. Cassan (29 mars 2020)

      Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.