La CFDT condamnée pour «abus de pouvoir».

 

Ces derniers jours, Laurent BERGER tourne en boucle à la télé, à la radio et s’étrangle d’indignation suite à l’intrusion de militants dans les locaux du siège de la CFDT, à Belleville.

Outré, il condamne cette violence avec fermeté, le tout soigneusement relayé par les médias bienveillants.

Eh bien ce même Laurent BERGER vient de se manger une condamnation de la cour d’appel de Paris pour abus de pouvoir envers d’anciens militants de la CFDT.

Laurent Berger? C’est de nous qu’il s’agit.

Car la violence, c’est en interne, à la CFDT, que nous l’avons vécue. Lorsque notre syndicat était encore affilié à la centrale de Laurent BERGER.

Voir nos articles :

https://www.syndicat-commerce.fr/tribune/cfdt-devant-tribunal/

https://www.syndicat-commerce.fr/a-la-une/lempire-cfdt-vs-scid/

A l’époque, Macron était ministre de l’économie et œuvrait pour l’ouverture des commerces le dimanche. Nous y étions farouchement opposés, contrairement à la CFDT.

Pour nous neutraliser, Laurent BERGER avait en 2015 mis autoritairement et brutalement notre syndicat, le SCID «sous tutelle». Nos locaux ont été vandalisés par la CFDT, nos documents confisqués, nos comptes bancaires accaparés (voir la lettre de Laurent BERGER), notre site internet fermé… La totale.

Ces méthodes étant aussi illégales que violentes, nous avions décidé de porter cette affaire devant les tribunaux pour obtenir justice.

Au bout de 4 ans de procédures, la cour d’appel de Paris vient de nous donner raison en condamnant la CFDT de Laurent BERGER au motif que : «(…) en plaçant le syndicat SCID sous administration provisoire, la CFDT a outrepassé ses pouvoirs (…)».

La CFDT doit aussi nous rendre tous les documents qu’elle nous a volés, sous peine d’astreintes…

Donc, un secrétaire général – qui plus est de la 1ère organisation syndicale de France – qui est aussi prompt à condamner «toutes les formes d’abus de pouvoir» et d’«autoritarisme», devrait commencer par cesser de les pratiquer dans sa propre organisation.

Par conséquent, nous demandons aujourd’hui officiellement la démission de Laurent BERGER.

Nous demandons également à ce que cette organisation cesse de mettre illégalement des syndicats sous tutelle, sans aucune décision de justice.

«Nul ne peut se faire justice à soi-même» est un principe élémentaire de droit que même la CFDT se doit de respecter.

Le SCID : pour remettre l’humain au centre des décisions.

La Cour a annulé la désignation des administrateurs provisoires et, donc, toutes les décisions prises par ces derniers…

Vous le croirez si vous voudrez, mais à ce jour (plus d’un an après), la CFDT n’a toujours pas restitué au syndicat CFDT-RATP son fichier d’adhérents, ses documents comptables, son matériel, pas plus qu’elle n’a rétrocédé les cotisations des adhérents ! Et la CFDT les emmerde toujours !

Voir leur site : http://sgpg-ratp.com/

Car l’empire CFDT se considère totalement au-dessus des lois et de la justice.

Pourtant la justice a encore tranché hier, cette fois en faveur du SCID.

Le TGI de Bobigny, que nous avions saisi pour contester la mise sous administration par la Fédération des Services CFDT, affirme ainsi que :

la Fédération des Services n’a pas respecté ses propres statuts,

la Fédération des Services n’avait pas le droit de nous suspendre « hors toute procédure contradictoire »,

la Fédération des Services n’avait pas non plus le droit de désigner des « administrateurs provisoires pour gérer le syndicat en lieu et place de ses instances dirigeantes »,

« la Fédération a ainsi méconnu ses propres règles en violation des dispositions légales sus-visées concernant la liberté syndicale » !

Et la Fédération est condamnée à verser au SCID 25 000 euros de dommages et intérêts + 3000 euros d’article 700 (Code de procédure civile).

Naturellement, la Fédération des Services n’a pas apprécié ce jugement, elle s’est immédiatement fendue d’une communication musclée envers ses troupes pour les informer, façon CFDT :

 

Bon, nous on a bien ri. Car le plus important pour nous, c’est que le tribunal ait reconnu l’abus de pouvoir. Cette communication nous a paru un peu désespérée. Certes nous n’avons pas obtenu la restitution de nos biens, le juge ayant considéré que la notion « d’ensemble » n’était pas assez précise.

Mais dans ses propres conclusions, la Fédération dit que le SCID « devrait adresser ces demandes à la CFDT (comprenez la Confédération) qui a procédé à la mise sous administration provisoire du Syndicat à compter du 11 février 2015 ». Nous allons donc nous empresser de le faire, merci du conseil.

La Fédération aurait pu transmettre d’autres chiffres de représentativité que ceux d’élections nationales !

Chez Lafayette Gourmet, le SCID a fait plus de 60%,

Chez Morgan Champs-Elysées, le SCID a fait 100%,

Chez Carrefour Supply Chain, le SCID a fait plus de 30 %,

Chez Paul Smith, le SCID a fait 100%.

De plus, la CFDT est quasiment rayée de la carte aux Galeries Lafayette et Printemps Haussmann, chez Ikea Villiers (plus gros de France). Et vu le boulot syndical que font nos supers militants, ça va pas être facile pour la CFDT lors des prochaines élections.

Bref, la centrale de Laurent BERGER a peur que le contrôle lui échappe, que d’autres aient envie de retrouver leur liberté, que l’empire CFDT vacille et se fissure…

Peut-être n’a-t-elle toujours pas senti la petite brise qui se lève, ce parfum de révolution, cette vibration de la base qui ne supporte plus de se faire piétiner, tromper, manipuler. Qui ne supporte plus qu’une poignée de nantis se gavent sur son dos, violent les lois, mentent, escroquent, en demandant aux autres toujours plus de sacrifices.

Non, on n’en peut plus et on va le faire savoir.

La liberté a un prix, c’est vrai. Mais c’est qu’elle est tellement précieuse !

1 réflexion au sujet de « La CFDT condamnée pour «abus de pouvoir». »

  1. Bonjour,
    Il est toujours intéressant de disposer de telles informations, peu relayées par les medias « classiques ». La Direction de la CFDT est condamnée. OK. M. Berger a pu ne pas pleinement respecter les droits du Syndicat CFDT du Commerce. OK. M. Berger a fait preuve d’un autoritarisme déplacé. OK. MAIS …
    Ne peut-on pas reconnaître certaines capacités à M. Berger ?
    Ainsi, sur le projet de réforme des retraites, il est capable d’émettre un avis globalement positif et de défendre fermement sa position. Preuve d’une exceptionnelle capacité de compréhension et d’analyse.
    En effet, lui seul SAIT et il le dit. Au risque de s’opposer à des incapables, comme les députés qui déplorent de ne disposer que de 6 jours pour prendre connaissance d’un document de plus de 1 000 pages. Mais, surtout, M. Berger voit clair, vite, là où le Conseil d’Etat patauge lamentablement.
    Car, face aux assertions de M. Berger, le Conseil d’Etat tergiverse, chipote.
    – Il indique qu’il n’a pas eu le temps de « garantir au mieux la sécurité juridique » en particulier du fait de « projections financières lacunaires ». On rêve… M. Berger lui a eu le temps et a compris les projections financières.
    – Il affirme que le recours aux ordonnances « fait perdre la visibilité d’ensemble ». En clair, il soupçonne le pouvoir de recourir aux ordonnances (dispositif évitant -empêchant ?- le débat parlementaire) pour passer son texte en force. M. Berger lui pense que ces arguties ne sont que temps perdu en débats stériles (même si ces débats sont vus par certains démocrates « dépassés » comme la base d’un fonctionnement correct de la représentation au Parlement).
    – Il (on parle toujours du conseil d’Etat) estime que 3 semaines pour rendre son avis sur les 2 projets de loi, ce n’était pas suffisant. Ajoutant que durant cette période, le gouvernement a modifié ces projets à 6 reprises. Mais, bon sang, M. Berger a LUI été capable de formuler avis, suggestions, validation en beaucoup moins de temps.

    Conclusion 1
    M. Berger est exceptionnel. Il sait ce que le pouvoir lui-même ne sait pas. Il comprend ce que les parlementaires ne comprennent pas. Il évalue ce que le Conseil d’Etat avoue ne pas pouvoir évaluer.
    Conclusion 2
    Alors, oui. La CFDT de M. Berger a pu être condamnée. Sans contester la décision, on s’interroge. Pourquoi sanctionner une démarche allant de l’avant, une démarche… en marche.
    Conclusion 3
    Face à une telle lucidité (extra-lucidité ?) ne faut-il pas envisager un DESTIN à M Berger ?

    A méditer me semble-t-il.

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