L’État refuse la nationalisation de l’entreprise Luxfer de Gerzat (Puy-de-Dôme) pour fabriquer des bouteilles d’oxygène médical

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le 03/04/2020

Un nouvel espoir vient de s’envoler pour les salariés de Luxfer de Gerzat (Puy-de-Dôme). Alors que l’usine pourrait préserver la France d’une pénurie de bouteilles d’oxygène, le ministre de l’Economie vient d’écarter l’hypothèse d’une nationalisation du site. Une déception pour le député André Chassaigne.

C’est une déception de plus dans le triste feuilleton que vivent les salariés de Luxfer depuis le 26 novembre 2018 et la fermeture de l’usine basée à Gerzat (Puy-de-Dôme). Ces dernières semaines, une nouvelle lueur s’était allumée avec l’espoir de relocaliser en France la fabrication de bouteilles d’oxygène. La nationalisation du site devenait donc une piste notamment défendue par le député André Chassaigne.

Un fin de non-recevoir notifiée ce jeudi matin

L’élu du Puy-de-Dôme ne cache pas sa déception. Car ce jeudi 2 avril, durant la visioconférence organisée par le Premier ministre avec les dirigeants de partis et les présidents de groupe, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a répondu par une fin de non-recevoir à la demande de nationalisation de l’entreprise Luxfer de Gerzat.

Mobilisation nationale autour de la nationalisation de Luxfer

Production impossible ?

« Alors que nous rappelions l’exigence de réquisitionner cette entreprise pour répondre à l’urgence de fabriquer en Europe des bouteilles d’oxygène médical, le ministre a exprimé le refus de l’État en affirmant que  » ni les salariés, ni les machines ne sont disponibles pour reprendre l’activité, interrompue depuis fin 2019, ce qui rend la production impossible « , tout en rappelant que son ministère travaillait à trouver une solution à long terme si le besoin était confirmé ».

Des salariés capables de livrer sous 2 mois

Des arguments que réfute André Chassaigne qui estime que la réalité est tout autre : « le plan de relance de l’activité, élaboré par la CGT et les salariés, garantit que l’outil de travail, maintenu en état pendant l’occupation des locaux, peut être immédiatement réactivé avec la livraison des premiers produits dans un délai de deux mois. »

Ce délai comprendrait la remise en route des machines, l’approvisionnement en matières premières et la fabrication des bouteilles.

Luxfer : l’absurde situation d’une entreprise qui pourrait sauver d’une pénurie éventuelle de bouteilles d’oxygène

De plus en plus besoin de bouteilles à oxygène

Le président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale constate que le contexte amplifie l’usage des bouteilles à oxygène : « Contrairement aux propos de Bruno Le Maire, notre pays court le risque d’être confronté à des difficultés d’approvisionnement de ce matériel indispensable aux patients en déficience respiratoire. »

Le député exige des moyens exceptionnels

André Chassaigne réclame donc des moyens exceptionnels pour faire face à cette situation exceptionnelle :  « La réquisition par l’État de l’entreprise Luxfer reste une exigence que nous renouvelons. C’est une priorité de santé publique. Nous attendons de l’Etat qu’il prenne ses responsabilités et mette tout en œuvre pour endiguer cette pandémie et en limiter les conséquences humaines. »

Fabrice Mina

 

1 réflexion au sujet de « L’État refuse la nationalisation de l’entreprise Luxfer de Gerzat (Puy-de-Dôme) pour fabriquer des bouteilles d’oxygène médical »

  1. Le 17 mars, Bruno Lemaire affichait une volonté de guerrier et envisageait la possibilité de nationalisations.
    Le refus de nationaliser Luxfer apporte un démenti clair.
    Ceci étant, si la nationalisation n’est plus à l’ordre du jour, la privatisation a bien fonctionné depuis longtemps. La première grande vague date du gouvernement Jospin. Elle n’a guère cessé (ex : autoroutes avec J. Chirac) même si sous Sarkozy, cela a été plus calme.
    Même s’il ne restait plus grand chose à privatiser, le quinquennat Hollande a relancé la vague .
    Et demain ?
    Peut-on croire une droite qui annonce et fait l’inverse ou une certaine gauche qui agit en catimini ?. Mais, hélas, toujours au détriment du secteur nationalisé.

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