Deux mois auront suffi pour que le vernis « écologiste » du maire de Beaumont et de sa majorité disparaisse…

Dans son interview du 21 août, M. Cuzin (maire de Beaumont) dévoile ses intentions réelles en matière d’écologie :

«  […] nous préférons […] mettre en œuvre, aussi souvent que possible, (sic) des éco-logiques ». Que faut-il comprendre ? Comme pour « la démocratie implicative » , un pseudo-concept vide inventé par des communicants.

Un peu plus loin « nous engagerons Beaumont dans une politique en faveur de l’environnement » . Ouf ! Nous avons évité que ce soit en défaveur… De là à être rassuré, il y a un pas que nous ne franchirons pas.

Pire, il y a de quoi être inquiet face à l’ignorance des enjeux et/ou à l’absence d’une logique des plus élémentaires. Parce que si, comme le dit M. le Maire, « il est évident qu’aujourd’hui, l’écologie ne représente plus une option mais s’impose à tous » , les propositions énoncées sont dérisoires.

Les scientifiques du monde entier, dans les derniers rapports du GIEC, sonnent l’alarme : le COne cesse de s’accumuler dans l’atmosphère, les glaciers fondent, le niveau de la mer augmente, les incendies et les ouragans croissent en intensité et en nombre. Si l’on ne change pas radicalement d’orientation dans la prochaine décennie, on pourra difficilement empêcher l’élévation de la température au-delà de 1,5° C par rapport à la période pré-industrielle. Or, une fois cette limite dépassée, une réaction en chaîne risque de se déclencher, conduisant à une hausse de 2, 3 ou plus degrés, dans une spirale catastrophique.

Contrairement aux « collapsologues » qui proclament que le désastre est inévitable, et que tout ce que l’on peut faire, c’est « s’adapter », nous croyons qu’il faut se battre pour éviter « l’effondrement ». Comme l’écrivait Bertolt Brecht : « Celui qui lutte peut perdre ; celui qui ne lutte pas a déjà perdu ».

Il est urgent de rompre avec l’idéologie productiviste du progrès et de s’opposer à l’expansion infinie d’un mode de production et de consommation destructeur de la nature. En effet :

1) Le  mode de production et de consommation actuel des pays capitalistes avancés, fondé sur une logique d’accumulation illimitée (du capital, des profits, des marchandises), de gaspillage des ressources, de consommation ostentatoire et de destruction accélérée de l’environnement, ne peut aucunement être étendu à l’ensemble de la planète sous peine de crise écologique majeure. Ce système est donc nécessairement fondé sur le maintien et l’aggravation des inégalités criantes entre le Nord et le Sud.

2) La continuation du « progrès » capitaliste et l’expansion de la civilisation fondée sur l’économie de marché menace directement la survie même de l’espèce humaine. La sauvegarde de l’environnement naturel est donc un impératif humaniste.

La rationalité bornée du système capitaliste, avec son calcul immédiatiste des pertes et profits, est intrinsèquement contradictoire avec une rationalité écologique, qui prend en compte la temporalité longue des cycles naturels. C’est le système lui-même, fondé sur l’impitoyable compétition, les exigences de rentabilité, la course au profit rapide, qui est destructeur des équilibres naturels. Le prétendu capitalisme vert n’est qu’une manœuvre publicitaire.

Certes, ce n’est pas à Beaumont ni même à la métropole que nous changerons le système pour ne pas changer le climat. Mais dans la commune et la métropole, il est possible d’agir pour la réduction des déchets, des émissions de CO2 , la préservation de la biodiversité, l’extension de la gratuité et la réduction des inégalités. Encore faut-il en avoir la volonté, être convaincu que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers, et que les communs sont bien mieux gérés pas les services publics que par les entreprises privées.

François Ulrich

Conseiller municipal

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