Les néonicotinoïdes tuent les abeilles … et les agriculteurs (2)

François Ulrich, le 05/10/2020

Un texte de loi autorisant le recours aux néonicotinoïdes est examiné aujourd’hui 5 octobre à l’Assemblée nationale. Le gouvernement souhaite autoriser à nouveau les producteurs de betteraves  à utiliser de manière préventive ce pesticide contre un puceron responsable de la jaunisse de la betterave. Macron avait promis l’interdiction du glyphosate en novembre 2020 ; à la place il prolonge l’utilisation d’un autre pesticide. Ce gouvernement est à la solde des lobbies !

C’est une aberration environnementale et économique. Les néonicotinoïdes tuent les abeilles, la biodiversité et les apiculteurs. Ce projet de loi est un grave recul : il est déconnecté de l’urgence écologique (érosion de la biodiversité) et économique (modèle agro-industriel à bout de souffle qui broie les paysans et empoisonne le vivant).

31 organisations environnementales, de consommateurs, la Confédération paysanne, les apiculteurs, …) sont contre. 7 Français sur 10 se disent opposés à cette dérogation d’après un récent sondage.

Il y a urgence à se mobiliser !

Les néonicotinoïdes participent d’un système agro-industriel qui met à mal les agriculteurs 

  • Les réelles difficultés économiques de la filière sont surtout dues à l’agro-industrie et à sa logique de surproduction à l’aide de pesticides ;
  • La libéralisation par la fin des quotas sucriers en 2017 a fait plus de mal aux agriculteurs que la jaunisse de la betterave. Que fait le gouvernement pour protéger les agriculteurs ? RIEN ;
  • Les agriculteurs français souffrent de ce modèle. 1 sur 3 vit avec moins de 350€ par mois. Un agriculteur se suicide tous les 2 jours ;
  • 1 agriculteur sur 5 a des problèmes de santé lié aux pesticides.

Les néonicotinoïdes tuent le vivant, défendons la biodiversité

  • Une tonne de néonicotinoïdes peut tuer 150 000 milliards d’abeilles, et le gouvernement veut en autoriser 100 tonnes sur 400 000 hectares ;
  • Les néonicotinoïdes sont 7 297 fois plus toxiques que le DDT, interdit en France depuis près de 50 ans ;
  • L’appauvrissement du vivant par surproduction à grand renfort de pesticides crée un terreau favorable aux maladies ;
  • 80 % des insectes européens ont disparu en 30 ans, en grande partie à cause des pesticides.

Pour en savoir plus sur les raisons de s’opposer à ce projet de loi :

Cliquer pour accéder à LETTRE%20NEONICOTINOIDE_parlementaires.pdf

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