GOUVERNEMENT ET FINANCEMENT DES DÉPENSES DE SANTÉ , LES ROIS DE LA DIALECTIQUE !

 

            Encore bravo à notre Président-représentant du libéralisme et à ses ministres CASTEX, VÉRAN et DUSSOPT lorsqu’ils vous annoncent (à grands coups de trompes médiatiques et juré-craché) qu’ils « ne pratiqueront aucune augmentation des impôts ». Mais ils préparent en sous-main une au moins aussi importante récupération financière dans la poche des français, sous la forme (bien rodée depuis longtemps) d’une augmentation de taxes, qu’ils s’empressent de justifier, sous le nom délicat de « contribution exceptionnelle » (Taxe Covid).

Toutes ces mesures seront couplées (c’est nouveau, çà vient de sortir) à la mise en place d’un forfait payant (non susceptible de remboursement) pour les passages dans les services d’urgence sans hospitalisation à partir de 2021, même pour ceux qui ne disposent d’aucune alternative !

Avec l’argument de la diminution des prises en charge durant le confinement, et en occultant son rattrapage au fil du temps et le financement à 100 % par le régime obligatoire des actes pendant la crise sanitaire, les « complémentaires » vont être ponctionnées à hauteur de 2,6 % supplémentaires, faisant passer le taux des taxes à 16,5 % ! Cette ponction par l’État s’élèverait à 1 milliard d’euros pour 2020, et au moins 500 millions pour 2021.

Cette nouvelle taxation aboutira à alourdir (et la charge est déjà difficilement supportable, ne serait-ce que par les déremboursements et diminution des taux), la gestion au quotidien des dépenses de santé de chacun d’entre nous. La préservation de la santé demeure l’objectif prioritaire des français, donc une nécessité.  Ces contrats sont, par ailleurs, parmi les plus taxés d’Europe alors que de nombreux pays, comme l’Allemagne, les exemptent fiscalement). Sans compter sur la bizarrerie suprême, la taxe de la taxe (TVA sur la taxe !).

Tout ceci sans prendre en compte les trop nombreuses défaillances de paiement des entreprises ou liquidations avec non-paiement des cotisations sociales. Mais demeure le maintien par les complémentaires du règlement des prestations  (portabilité) dans le cadre des trop fameux « Plans de Sauvegarde de l’Emploi » sans oublier l’augmentation des aides apportées par leurs fonds sociaux.

La baisse temporaire des dépenses de santé, durant le confinement, est indéniable. Le chiffrage de rattrapage de consommation médicale reste difficile à quantifier et à replacer dans le temps. Les consommations médicales repartent en forte hausse. La dégradation rapide de la conjoncture économique, ainsi que les prévisions de chômage massif donc d’arrêt de cotisations, avec continuité de prestations, couplée à de très nombreux impayés ne vont pas manquer de détériorer gravement cette situation.

En résumé, il ne vous échappera pas que ce que le gouvernement finance à grand bruit et à grand coup de milliards par la main droite, il le reprend de la main gauche quasi-immédiatement !

Donc, quelles que soient les capacités dialectiques de nos gouvernants (ce dont ils sont passés maîtres en toutes circonstances), il s’agira bien d’une nouvel impôt. Et pour tous celles et ceux qui (avec les sacrifices que l’on devine) continueront d’avoir la « chance » de pouvoir disposer encore – car pour certains cet effort devient impossible – d’une couverture-santé, sans pour autant accéder au système de la gratuité d’état, l’effort financier sera encore plus prégnant. Il faudra le compenser par d’autres choix (nourriture, chauffage, habillement, …) ou ne pas se soigner du tout.

Sur qui fait-on reposer ce financement supplémentaire : sur les spéculations des (très) grandes entreprises, les fonds de placement, les actionnaires ? Non. Ni sur (l’énorme) fraude fiscale dont le recouvrement pourrait permettre une toute autre politique de santé publique, solidaire et efficace pour notre pays.

Serge DUBOISSET

 

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