Mathilde Panot : « Les forêts ne sont pas qu’un gisement de bois destiné à l’industrie »

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Vendredi, 5 Juin, 2020

Mathilde Panot, députée FI et présidente de la commission d’enquête citoyenne et parlementaire « Forêts, biens communs », déposera, début juillet, une proposition de loi-cadre visant un changement de modèle de gestion forestière. Entretien.

Dans la forêt du Morvan, au cœur de la région Bourgogne – Franche-Comté, de grandes affiches vont se déployer à partir de ce vendredi 5 juin pour dire stop aux « coupes rases ». C’est ce massif de basses montagnes qu’ont choisi les associations SOS Forêt France et Canopée-Forets vivantes pour lancer une campagne nationale visant à interdire cette technique consistant à abattre l’intégralité des arbres d’une même parcelle, symptôme d’une industrialisation croissante de la forêt. La députée du Val-de-Marne, Mathilde Panot (FI), présidente de la commission d’enquête citoyenne et parlementaire « Forêts, bien communs », doit déposer une proposition de loi-cadre, début juillet, qui vise un autre modèle pour sauvegarder la biodiversité de ces lieux, sans pour autant mettre la forêt sous cloche. Entretien.

Depuis bientôt un an que vous êtes à la tête de la commission « Forêts, bien communs », vous vous penchez sur le sort des forêts. Qu’avez-vous observé ?

Mathilde Panot Les forêts sont à un carrefour, un peu à l’image de l’agriculture dans les années 1950-1960. On assiste à une industrialisation rampante : les exemples les plus emblématiques en sont le Morvan ou le plateau de Millevaches. Cette industrialisation repose sur un triptyque : monoculture – généralement des pins Douglas –, coupes rases et plantations. On entend souvent que la superficie des forêts augmente… les surfaces où des arbres sont plantés augmentent. Mais une plantation d’arbres n’est pas une forêt.

Ce modèle maltraite à la fois l’écologie, les hommes et les femmes. Les agents de l’Office national des forêts sont de plus en plus vus comme de simples « coupeurs de bois » et se trouvent dans une vraie souffrance. Dans le cas de l’agriculture, il n’y a pas eu de choix démocratique. Sur les forêts, on peut encore en faire un !

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Pétition : le magazine H2O doit rester une émission quotidiennne d’une heure !

La Direction de France Bleu Pays d’Auvergne a décidé d’arrêter l’émission H2O qui traitait pourtant, avec pertinence, des enjeux environnementaux locaux.
Cette décision est incompréhensible et elle est fort dommageable pour l’information des citoyens compte-tenu de l’état d’urgence actuelle climatique, environnementale et pour la biodiversité.
Nous regrettons que France Bleu annule une émission grand public de très grande qualité, formidablement animée par Christophe NOISEUX. Son professionnalisme et ses convictions apportaient une vraie plus-value à l’émission H20.

Nous avons besoin de plus de soutiens. Pour en savoir plus et pour signer, c’est ici:

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La chronique de Jean-Christophe Le Duigou. Pourquoi faut-il de « bons » salaires ?

L’Humanité Dimanche du 4 juin

La crise sanitaire a fait percevoir la faiblesse intrinsèque des rémunérations des personnels hospitaliers et de différentes catégories de salariés qui assurent les services de base de notre pays. Une réalité qui émerge enfin ! Le gouvernement se devra de répondre rapidement aux attentes. Mais il devra aussi affronter la question plus globale des salaires et des grilles de rémunération.

Les années 1990 ont marqué une rupture dans le contrat salarial traditionnel qui reposait sur un système de classification, sur une évolution salariale négociée annuellement et sur des contrats à durée indéterminée. La notion de travail rémunéré s’est alors nettement érodée. La portée des grilles de rémunération a été remise en cause. La pression à la baisse sur les salaires s’est exercée via le développement d’emplois irréguliers ou à horaires réduits et de compléments de rémunération non salariaux (primes diverses, intéressement…). Au total, un quart des actifs se sont ainsi retrouvés placés à la périphérie de l’emploi. Pour les personnes mal protégées, le Smic ne joue même plus le rôle de « voiture-balai ». Dans le même temps, à la suite de l’individualisation des salaires et de la concurrence accrue accompagnant la mondialisation des productions, le pouvoir de négociation des syndicats s’est affaibli, tandis que le patronat se servait de la fragilité de ces « invisibles » pour tirer vers le bas l’ensemble des grilles de rémunération.

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La taxe Jean Valjean : « Une taxe utile pour le monde d’après »

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Mercredi, 3 Juin, 2020

Justice fiscale. À l’initiative du groupe GDR (Groupe de la Gauche démocrate et républicaine), vingt-cinq députés (voir à la fin du texte) invitent à instituer la « taxe Jean Valjean », proposée par le comédien Vincent Lindon.

Entretien avec Sébastien Jumel, député PCF de Seine-Maritime

La création d’une « taxe Jean Valjean » a été ignorée par Emmanuel Macron. Pourquoi avoir décidé de la faire entrer au Parlement ?

Sébastien Jumel Le 6 mai, quand j’ai vu la vidéo de Vincent Lindon sur Mediapart, j’ai été bouleversé parce que j’ai considéré qu’elle était juste, sincère et pleine d’humanité. Comme les députés PCF n’ont cessé de le faire, cet appel éclaire de manière salutaire la compréhension des liens qui existent entre l’affaiblissement de nos services publics, la montée des inégalités et les décisions politiques qui frappent les plus faibles. Vincent Lindon résume ainsi l’action de l’exécutif : « Des offrandes pour ceux qui n’ont besoin de rien, des sacrifices pour ceux qui ont besoin de tout », et propose d’y remédier. Ses mots m’ont causé.

Que contient la proposition de résolution ?

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Que faire dans « l’Europe d’après » ?

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Une monnaie unique ne peut fonctionner sans mécanisme de solidarité financière.

L’« Europe d’après » n’est déjà plus tout à fait celle de Karlsruhe. La Banque centrale a annoncé le rachat de 1 025 milliards de titres publics sur le marché secondaire, pour permettre aux États d’emprunter à des taux bas sur le marché primaire. Sa politique non conventionnelle fait croître la masse monétaire bien plus vite que le PIB. Elle en appelle désormais au déploiement de la politique budgétaire, ce que la Commission européenne a permis, en suspendant le pacte de stabilité pour que les États puissent engager des plans de relance.

La capacité d’endettement de certains d’entre eux étant limitée, le débat sur la mise en place d’une capacité budgétaire commune, financée par une dette mutualisée, est désormais ouvert. La position défendue par les Pays-Bas est mise à mal. Elle consiste à demander au Mécanisme européen de stabilité (MES) d’octroyer des prêts venant alourdir la dette de chaque État concerné. La solution proposée par l’accord franco-allemand du 18 mai est au contraire de financer un fonds commun grâce à l’émission d’euro-obligations par la Commission. Ce fonds verserait des subventions, et non des prêts. Les remboursements d’emprunts seraient opérés par chaque État au prorata de sa contribution au budget communautaire, ce qui revient à instituer une union de transferts organisant la convergence vers le haut des zones économiques en difficulté. Dans une résolution votée à une écrasante majorité, le Parlement européen demande l’ajout de ces sommes au cadre financier pluriannuel, le contrôle démocratique du fonds et l’orientation de ses ressources vers un pacte vert.

Les 500 milliards du plan annoncé le 18 mai sont certes inférieurs aux 2 000 milliards demandés par le Parlement européen, mais ces événements n’ont rien de « rikiki » pour qui souhaite changer l’Europe dans le cadre de l’euro. Ils sont précisément l’occasion d’ancrer le débat sur le contenu social et écologique des plans de relance, désormais envisageables dans le « monde d’après ». Ils tranchent avec la stratégie de dévaluation interne qui a prévalu jusqu’à présent, imposant aux économies endettées et victimes de « chocs » de baisser salaires et dépenses sociales.

Une monnaie unique dans une Europe composée d’économies non convergentes ne peut fonctionner sans mécanisme de solidarité financière. À défaut, les pays victimes de déséquilibres macroéconomiques sont condamnés à sortir de l’euro, pour s’ajuster par la dévaluation externe. Par électoralisme, les populistes de tous bords rejettent désormais tout plan B en dehors de l’euro. Ils se replient sur un plan A qui s’avère, pour le coup, bien « rikiki », dès lors que leur ADN leur interdit d’explorer la piste d’une union de transferts. À tel point qu’ils ont voté sans remords contre la résolution du Parlement européen. Leur posture se limite à ressasser que la Banque centrale doit monétiser la dette publique, en transformant les titres souverains qu’elle détient en dette perpétuelle à taux négatifs. Ceci est évidemment proscrit par les statuts de la BCE, dont la modification représente une ligne rouge infranchissable pour l’Allemagne, a fortiori en l’absence de menace crédible de sortie de l’euro…

Liêm Hoang-Ngoc Maître de conférences à l’université de Paris-I.

SÉCHERESSE 2020 : pétition pour une gestion équitable de l’eau dans le 63

Face à la baisse des réserves en eau observée depuis quelques années dans le Puy-De-Dôme, ainsi qu’aux pénuries hautement probables pour l’été 2020 sur le département, le collectif citoyen « Eau Bien Commun 63 » a lancé une pétition demandant avant l’été la modification de l’arrêté cadre préfectoral « sécheresse » de 2013 devenu obsolète, ainsi que sa mise en conformité réglementaire.

Il est ainsi demandé que la Préfecture du Puy-De-Dôme fasse valoir une répartition équitable de l’eau, respectueuse de l’intérêt général et de la préservation de la biodiversité, conformément à la loi sur l’eau de 2006.

LA PETITION :  https://you.wemove.eu/campaigns/secheresse-2020-pour-une-gestion-equitable-de-l-eau-dans-le-puy-de-dome

POURQUOI EST-CE IMPORTANT ?

Le collectif réprouve le fait qu’au niveau de la Préfecture du Puy-De-Dôme, les décisions ne sont pas prises dans l’intérêt des citoyens, mais plutôt dans l’intérêt des puissants lobbies locaux, industriels, commerciaux et agro-industriels.

Seule une forte mobilisation citoyenne peut ouvrir la possibilité de contester les décisions politiques inacceptables prises non seulement au détriment de l’intérêt général et de la préservation de la biodiversité sur laquelle repose l’existence de l’humanité,… mais aussi au mépris de la législation en vigueur !

Avant les pénuries d’eau prévues dès cet été sur le Puy-De-Dôme, il est donc extrêmement important et urgent que votre structure citoyenne ou associative, oeuvrant pour l’environnement et la justice sociale, soutienne elle aussi cette pétition et la diffuse sans attendre dans votre réseau.

Le collectif « Eau Bien Commun 63 » : ABCD, Alternatiba 63, ANV-COP21 63, ATTAC 63, CILE, Confédération Paysanne du Puy-de-Dôme, Extinction-Rebellion Clermont-Ferrand, Groupe Eau Puy-De-Dôme, H20 Sans Frontières, La FRANE, La Ligue des Droits de l’Homme section Combrailles, Les Gilets Jaunes 63, PREVA et Puy-de-Dôme Nature Environnement, l’Atelier de gauche.

la  Démocratie  et le Déni

Monsieur le Maire de la commune de BEAUMONT n’est pas d’accord avec ses collègues des communes voisines.

« Déni de Démocratie » dit il dans le journal local. Les élections qui se profilent ne seront pas un acte démocratique.

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec lui et ce sur plusieurs points : Pas de véritable débat puisqu’il n’y aura pas de réunions publiques ; abstention certainement encore plus importante (légitimité des élus)  et bien d’autres choses encore.

Mais ce qui tend à nous  rapprocher du chef de l’exécutif local, c’est sa connaissance profonde de ce qu’est la  Démocratie  et le Déni

Depuis plusieurs décennies à la tête  de la commune  de BEAUMONT, il a fait la démonstration de ce que l’on peut appeler un déni : omniprésence dans tous les domaines, pas de partage et consultations de façade, commissions inexistantes… une liste tellement impressionnante qu’elle lasserait le lecteur.

Le pompon si l’on peut dire, c’est la crise que nous traversons. Malgré les appels du pieds, téléphoniques, courriers, courriels, signaux de fumée, il a travaillé seul en toute démocratie, partageant avec lui-même ou ses doubles les réflexions et les débats pour la meilleure marche à suivre et le bien être de ses administrés.

Il va falloir encore réviser et peut être encore plusieurs mandats pour intégrer la chose. Futur programme ?

Ch.B

Mise à jour sur la pétition : pas de « jour d’après » sans Luxfer, Cargill, Michelin, Bosch, Famar, GE, …

Mise à jour sur la pétition

 Le jour d’après ? La souveraineté sanitaire ? La souveraineté industrielle ? Des mots sur des grands discours politiques du gouvernement, mais derrière les discours, quand vont suivre les actes ?

Luxfer Gerzat : La dernière usine de fabrication de bouteille de gaz à usage médical (utilisé dans le traitement des symptômes du COVID). Cette entreprise bénéficiaire a été fermée par le groupe Luxfer pour créer volontairement des pénuries et pouvoir spéculer sur les prix des bouteilles, et ils ont continué pendant la crise sanitaire et continuent toujours. Pourtant plusieurs repreneurs sérieux attendent une action de l’état pour sauver cette usine. 136 salariés concernés.

Famar Lyon : Dernière usine française d’antipaludique a base de nivaquine (dérivé de la chloroquine). Cette usine sous traitante des grands laboratoires pharmaceutiques risque de passer en redressement judiciaire. 250 salariés concernés.

Michelin La-Roche-sur-Yon : Dernière usine de pneu poids lourd de France. Cette entreprise bénéficiaire va fermer ces portes pour être délocalisée dans des pays où la main d’œuvre est moins chère. 619 salariés concernés

Général Electric Villeurbanne : Fermeture de l’usine pour réaliser des économies d’échelle. Cette usine avec un savoir faire incomparable indispensable à la maîtrise de notre chaîne d’approvisionnement en énergie va fermer ces portes. 500 salariés concernés

Cargill haubourdin : Cette usine rentable prévoit de licencier 183 des salariés pour réorienter son activité sur des produits moins chers à fabriquer. Ce fabricant de produit à base d’amidon notamment pour l’alimentation infantile appartient pourtant a un groupe qui a engrangé plus de 2 Milliards de dollars de bénéfices.

Bosch Rodez : Fabricant d’injecteur Diesel, à l’image de tant d’autres sous-traitants automobiles. Pris entre une folle course au profit et un marché européen qui ne sait plus vers quelle technologie se tourner (Diesel, Essence, Électrique a batterie, GNC, PAC). 1540 salariés concernés.

Ce ne sont que 6 exemples d’usine en restructuration pendant la crise du COVID sans lien avec la crise économique entraînée par cette crise sanitaire. Il y en a encore beaucoup d’autres.
Il n’y aura ni de souveraineté sanitaire, ni de souveraineté industrielle sans modifier en profondeur le système de protection économique de notre pays.
Et cela commence par une intervention de l’état pour sauver ces entreprises rentables !

Crise dans la crise, les syndicats de personnels du CHU de Clermont (Puy-de-Dôme) manifestent leur colère

Patrick Ehme
Une crise ne peut, et ne doit, pas en masquer une autre, tout aussi virale. c’est ce qu’ont exprimé bruyamment les syndicats des personnels du CHU de Clermont.

La crise sanitaire amorçant la décrue (du moins tout le monde l’espère), celle politique et sociale reprend, aussitôt, ses droits. À commencer par celle qui, bien avant la pandémie, affectait déjà les secteurs mobilisés en première ligne que sont les professions de santé, hospitaliers au premier rang.
C’est ainsi qu’hier matin, au CHU de Clermont, l’intersyndicale CGT, FO et Sud avait appelé les personnels à se rassembler devant la direction générale de l’établissement pour « dénoncer l’incurie du gouvernement et de l’Agence régionale de santé (Ars) » et les sommer de réagir et de « tomber les masques ».

Des revendications sans ambages comme une autre pandémie. Photo Rémi Dugne.

Des propos très durs

Les mots étaient violents tant le mal parait grand : « méprisants », « hypocrites », « manipulateurs », « criminels », pouvait-on lire sur les tracts dénonçant le non-versement de la prime exceptionnelle pourtant promise pour le mois de mai, le non-paiement des heures supplémentaires majorées de 50 % ; l’absence d’action de dépistage généralisée pour les personnels hospitaliers et les retards d’approvisionnement en matériel de protection ou bien encore la reconnaissance du statut de maladie professionnelle étendue à l’ensemble des agents hospitaliers… Ajouté à cela l’inévitable serpent de mer de la non revalorisation des indices, de plus en plus difficile à avaler.

Une centaine de personnels et militants rassemblés pour faire chorus sous les bannières. Photo Rémi Dugne

Autant de revendications et de propos peu amènes venus témoigner bruyamment du malaise de professions déjà contraintes d’exercer à flux tendu bien avant le virus.

À l’hôpital, les oubliés du nettoyage sortent du silence

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Cécile Rousseau

Mardi, 19 Mai, 2020

 

Une trentaine d’employés de la société ATN ont manifesté ce mardi devant l’hôpital Tenon, à Paris, pour exiger une prime décente. Ils ont signé un accord dans la matinée.

Manifestation éclair devant l’entrée de l’hôpital Tenon (20 e arrondissement de Paris). Ce mardi matin, dès 6 heures, une trentaine de salariés du sous-traitant de nettoyage ATN, soutenus par le syndicat CNT-SO (Confédération nationale des travailleurs-Solidarité ouvrière) ont sorti les drapeaux pour exiger des primes de risque dignes de ce nom. Charlotte sur la tête et surchaussures aux pieds, les grévistes refusent d’être les grands oubliés des personnels hospitaliers, en première ligne contre le Covid-19. Quand le gouvernement a annoncé des versements de 500 à 1 500 euros pour les soignants (voir notre article), maigres compensations face à la dangerosité du virus, les employés du secteur n’étaient, eux, pas concernés. Un comble alors qu’un certain nombre d’entre eux ont été infectés par le coronavirus. Après d’âpres discussions avec ATN, seuls 100 euros à 150 euros de primes ont été arrachés. « Du mépris » selon les concernés, abonnés aux conditions de travail maltraitantes, avec des contrats à temps partiel pour des rémunérations comprises entre 900 et 1 000 euros par mois et plusieurs heures de transport pour se rendre sur leur lieu de travail aux aurores.

Sans eux, le système de santé s’effondre

Sur le piquet, les discussions sont allées très vite. « La direction de Tenon venait nous voir toutes les 20 minutes pour savoir quand l’activité allait reprendre, rapporte Étienne Deschamps, secrétaire national de la CNT-SO, pendant ce temps-là, leurs chambres et leurs blocs opératoires n’étaient pas lavés… Les représentants d’ATN sont aussi arrivés rapidement. C’est bien simple, si les agents de nettoyage s’arrêtent, le système de santé français s’effondre. » Essentiel à la bonne marche de l’hôpital, leur travail de désinfection des espaces collectifs ou encore des salles d’examens a contribué activement à la lutte contre la pandémie. Malgré cette mission cruciale, ils avaient déjà dû hausser le ton mi-mars, en déclenchant un droit de retrait pour obtenir des équipements de protection individuels comme des masques.

Titularisation des contrats de professionnalisation

Finalement, vers 10 heures du matin, les employés ont repris le service après la signature d’un protocole d’accord contenant quelques garanties. Une prime Covid de 500 euros sera versée à tous. « J’ai une trésorerie à surveiller, avec des surcoûts d’équipements de sécurité et des clients qui ont fermé », a tenté d’expliquer le président d’ATN, Dominique Leszczynski. Un engagement a également été formalisé sur la titularisation des contrats de professionnalisation et la direction a accepté de mettre en route une négociation, d’ici septembre, pour permettre aux employés d’avoir deux jours de repos consécutifs. « C’est plutôt positif, estime Jacob Adjeminko, délégué CNT-SO sur le site. L’entreprise a cédé et du monde est venu nous soutenir. » Pour Étienne Deschamps, dans cette histoire, il en va aussi de la responsabilité du donneur d’ordres, l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) : « Ils ne peuvent pas se défausser. Les entreprises sous-traitantes n’ont pas forcément les moyens de donner 1 000 euros de prime à tout le monde. L’État pourrait aussi prendre en charge un complément. » ​​​​​​​

Informations COVID 19 : « Pourquoi Monsieur le Maire de Beaumont ne veut pas réunir le conseil municipal, rapidement ? » (8)

Dès le 6 mai, les élu.e.s d’opposition de gauche  (Front de Gauche, Idées pour Beaumont, Dominique Molle) ont adressé un courriel à Monsieur Dumeil, maire de Beaumont, pour lui demander d’organiser un conseil municipal afin de préparer la semaine du dé-confinement (écoles, masques, CCAS, associations…) et de débattre de la vie municipale dans les semaines suivantes, ou au moins, dans un premier temps,  de réunir les présidentEs de groupe.

Dès le 7 mai, le maire de Beaumont  leur a adressé un courriel, une véritable  fin de non-recevoir : « Votre demande « groupée » peut-être entendue, mais dans l’état actuel de la situation de pandémie et de confinement je ne vous cache pas que je trouve votre demande bien précipitée ou pour le moins largement prématurée. »

Des réunions de conseils municipaux se sont déjà déroulés à Chamalières et Riom sans aucune difficulté, et les conseils élus le 15 mars se réuniront obligatoirement avant le 28 mai.

Cette position nuit à la démocratie et n’est donc pas acceptable. Les élus d’opposition de gauche ont cru que ce recadrage auquel nous oblige la crise permettait de créer un monde d’Après . Nous constatons que rien ne change à Beaumont: c’est toujours l’exercice solitaire du pouvoir et chacun.e aura pu en constater les limites et les carences.

Il faut rompre avec ces méthodes: le débat et la transparence sont des conditions nécessaires à la recherche de l’intérêt général. »

Pour le groupe Front de Gauche,

François Ulrich

Après le mépris, on voudrait nous museler !!!

Toujours bonne élève, à l’image de ce gouvernement qui méprise les salariés et tente de manipuler l’opinion publique tout en poursuivant sa politique de destruction de l’hôpital public, la Direction Générale du CHU de Clermont-Ferrand voudrait interdire la tenue des heures d’informations syndicales que nous avons programmées pour le mardi 19 mai 2020 de 12h 30 à 14h30.

C’est aussi « cordialement » que la DG nous rappelle la « loi d’état d’urgence sanitaire ».

Il est clair que la DG, s’appuyant sur les dispositions LIBERTICIDES de l’état d’urgence sanitaire, cherche à empêcher l’expression publique de nos revendications et profite de la situation pour s’attaquer à nos droits. Tout en poursuivant les restructurations avec suppressions de lits et de postes, en favorisant le management délétère.

C’est la conception du « dialogue social » de la Direction Générale.

Nous lui répondons :

Ni bâillonnement, ni quarantaine : la satisfaction des revendications, c’est maintenant !

Ce ne sont pas une médaille et des hommages le 14 juillet 

Qui vont payer nos courses et nos loyers !

Assez de belles paroles ! On veut des actes !

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Ouvrons le débat sur « le jour d’après, c’est maintenant » : la « Pénurie » Alimentaire (8)

La crise alimentaire sera-t-elle plus meurtrière que la crise sanitaire ? Ruptures des flux d’approvisionnement, surstock et arrêt des exportations de céréales, manque de main d’oeuvre pour les récoltes : Qu’en est-il de la France ? On fait le point dans la seconde moitié de cette vidéo !

Ouvrons le débat sur « le jour d’après, c’est maintenant » : création du Conseil National de la Nouvelle Résistance (7)

Dans le texte ci-dessous, des personnalités annoncent la mise en place d’un nouveau CNR, baptisé CNNR. Elles entendent ainsi « offrir un point de ralliement à toutes celles et tous ceux qui pensent que les Jours heureux ne sont pas une formule vide de sens ».

Brecht le disait clairement : « Ceux qui se battent peuvent perdre, ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu. » Pour mener le combat du jour d’après, nous avons suscité la création d’un Conseil ­national de la nouvelle Résistance (CNNR) en nous plaçant sous la tutelle de l’histoire, des luttes sociales et écologiques contemporaines. Notre ambition est d’offrir un point de ralliement à toutes celles et tous ceux (individus, collectifs, mouvements, partis ou syndicats) qui pensent que les Jours heureux ne sont pas qu’une formule vide de sens mais le véritable horizon d’un programme politique.

En dehors des partis et des syndicats (mais pas contre eux !), les personnes qui composent ce nouveau conseil ont pour légitimité leurs travaux, leur expérience, leur engagement contre les ravages du néolibéralisme dont nous payons aujourd’hui la terrible addition.

Dans un premier temps, il s’agit d’énoncer les principes selon lesquels notre société devra désormais être gouvernée et de sommer les responsables politiques de prendre des engagements vis-à-vis d’eux.

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Intimidations anti-ouvrières

Patrick Le Hyaric

12 mai 2020

Une grande meute composée d’éditocrates au service de leurs employeurs –partie intégrante des milieux d’affaires– et de ministres représentant ces mêmes milieux, sonne la charge contre la CGT.

Son crime ? La section syndicale de l’usine Renault de Sandouville a demandé au tribunal de vérifier si les conditions sanitaires étaient réunies sur son lieu de travail. « Je regrette la décision de la CGT à Sandouville » s’est exclamé le ministre de l’économie. Nous ne savions pas que la CGT rendait les jugements en France, ni qu’elle avait pris possession du tribunal du Havre ! Et le même d’exercer un chantage à la relocalisation de la production automobile : « c’est une décision qui est mauvaise pour la nation française, au moment où on veut relocaliser des activités industrielles ». Ah bon, M. Le Maire, on se prépare ardemment au rapatriement de productions des usines Renault en France ? On se prépare aussi à ce que vous aidiez tout autant les entreprises sous-traitantes en souffrance. On vous attend donc au tournant. Mais on ne savait pas qu’un ministre contestait désormais des décisions de justice quand elles sont favorables aux travailleurs. Vous allez avoir du travail car d’autres jugements de ce type auront lieu.

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Ouvrons le débat sur « le jour d’après, c’est maintenant » : pour un projet social et écologiste (6)

par Denis Sieffert
publié le 13 mai 2020

La singularité de la situation, c’est que nul ne peut prédire ce qui va sortir de cette étrange période d’angoisse collective. Rien n’est exclu. Ni le pouvoir autoritaire et xénophobe dont rêve Marine Le Pen. Ni une gauche enfin capable d’offrir une alternative. Ni même une droite macroniste renforcée.

Les enfants rentrent à l’école, mais la politique ne sort pas vraiment du confinement. Et la démocratie imparfaite, qui est ordinairement la nôtre, boite encore un peu plus que d’habitude. Ce n’est pas que les oppositions soient muettes, mais, pour l’essentiel, elles sont réduites à commenter l’action d’un pouvoir qui attire à lui tous les regards, en un moment particulier où, il est vrai, ses décisions conditionnent nos vies et celles de nos proches. La parole gouvernementale n’a jamais pesé aussi lourd. En temps « d’urgence sanitaire » – ce régime de semi-dictature plus ou moins consenti –, les préoccupations électorales sont inavouables. Elles n’en sont pas moins omniprésentes. Il faudrait être naïf pour croire que les positionnements choisis, l’intensité des critiques à l’encontre du gouvernement, n’ont pas quelque rapport avec les sondages.

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