La situation des migrants regroupés place du 1er mai : intervention au conseil municipal de Beaumont

Nous pensons que nous ne pouvons pas conclure ce conseil municipal sans évoquer ce qui s’est passé et se passe encore place du 1er Mai, dans notre métropole.

Nous savons très bien que l’accueil d’urgence est une compétence de l’État et que l’accueil des mineurs isolés est une compétence du Conseil Départemental. Ce n’est pas parce que l’un et l’autre n’assument pas leurs responsabilités que nous ne devons rien faire et que nous pouvons regarder ailleurs.

Nous sommes une métropole de 290 000 habitants, dont le budget de fonctionnement avoisine 230 M€, dont une étude de 2015 estime à 7% environ le nombre de logements vides, et il a fallu 7 semaines pour trouver un début de solution et placer 144 personnes à l’abri sur les 251 que la Préfecture a dénombré le 9 octobre. En effet depuis ce matin 100 personnes sont accueillis dans un gymnase appartenant au ministère des finances semble-t-il et 44 autres à Monanges. Il reste selon les décomptes de la préfecture une centaine de personnes place du 1er mai qui selon nos informations devraient être abrités dans le gymnase Andanson à Montferrand (gymnase qui bénéficie d’un permis de démolition depuis 2 ans!).

Nous savons tous très bien que ce problème est permanent et se posera à nouveau de manière aussi visible. Et nous savons tous également très bien qu’une des causes importantes de celui-ci est le choix absurde des gouvernements successifs et de celui-ci en particulier qui consiste à refuser de régulariser la situation des personnes non expulsables. Du coup celles-ci ne peuvent ni travailler ni se loger, et errent entre les hébergements d’urgence, les squats et la rue.

Le 26 septembre, a vu le jour l’ Association nationale des villes et des territoires accueillants qui s’est fixée pour but de refuser « toute politique remettant en cause l’accueil inconditionnel, entravant les libertés fondamentales et constituant une forme de violence institutionnelle ». Il s’agit de dire à l’ Etat qu’il y a des politiques migratoires qui ne résolvent rien, fabriquent de la misère et restreignent les droits humains. Là où nous sommes, nous élus de territoires, nous voyons bien que cela n’est pas acceptable. Des villes comme Nantes, Grenoble, Briançon sont dans cette association.

Nous pensons que notre commune doit prendre sa part de responsabilités, s’organiser pour pouvoir proposer des places d’accueil, et peser de tout son poids au sein de la métropole pour organiser la solidarité des communes envers ces personnes exilées.

Je vous remercie.

Groupe Front de Gauche

Christine Thomas, François Ulrich

Conseil municipal du mardi 16/10/2018

Commentaire de la rédaction : le maire et le conseil municipal n’ont pas réagi après cette déclaration. Le Maire est passé à la question suivante…