Municipales 2020 : et si cette fois c’était la bonne…?

  Face aux deux listes de droite, toute la  gauche et les écologistes assemblés sur

« la liste UNI-ES POUR BEAUMONT »

Le second tour des élections municipales, qui se tiendra le 28 juin, aura valeur d’exemple pour une gauche et des écologistes qui tentent de dessiner l’ébauche d’un rassemblement.

Tempus horribilis. À l’exception du score d’EELV aux européennes (13,2 %), les défaites et les déconvenues se sont enchaînées ces dernières années pour la gauche et les écologistes. Aujourd’hui encore, les organisations tâtonnent. En trois ans, deux nouveaux partis ont vu le jour (Génération·s et Place publique) et trois ont changé la tête de leur exécutif (PCF, EELV et PS). Les lignes politiques ont, elles aussi, un peu changé. La gauche s’écologise, et réciproquement. « Ce scrutin municipal ancre définitivement EELV à gauche », analysait dans Reporterre la chercheuse en sociologie politique Vanessa Jérome. Pour éviter un nouveau duel Le Pen-Macron, et poussés par la société civile, les associations et les syndicats, les partis dessinent l’ébauche d’un rassemblement, comme le 20 mai dernier à l’appel du collectif « Plus jamais ça ».

Le second tour des élections municipales, qui se tiendra le 28 juin, a donc valeur d’exemple. Entre des socialistes qui gardent un ancrage local et une percée écologiste. Les roses, les rouges et les verts se prennent à rêver de garder leurs bastions ou d’en décrocher. Au premier tour comme au second, les alliances ont été nombreuses et prolifiques. « Paris sera vraisemblablement remporté par Anne Hidalgo, Lyon par l’écologiste Grégory Doucet, et Marseille par Michèle Rubirola, se félicite Pierre Jouvet, en charge des élections au PS. Si nous avions les trois plus grandes villes de France, ce serait une première. » Et d’estimer : « On a tous compris qu’on avait besoin les uns des autres. » Si d’autres partagent son enthousiasme, Ian Brossat, communiste et candidat dès le premier tour sur les listes d’Anne Hidalgo, relativise : « Faire des alliances n’est pas une nouveauté, nous en faisions seulement beaucoup moins en 2014 en raison de la politique menée par François Hollande. » À Paris, Nantes ou Rennes (Strasbourg est une exception notable), EELV fait le choix de rejoindre, au second tour seulement, les maires socialistes sortantes. Une manière de signifier que ce parti ne veut plus être « le supplétif du PS ». Dans plusieurs villes, des socialistes ont dû s’asseoir sur leurs ambitions personnelles pour que la victoire revienne à leur camp ; à Marseille, où Benoît Payan s’est effacé devant Michèle Rubirola ; à Besançon, à Lyon, à Toulouse… Chez EELV, on cite encore et toujours Grenoble en exemple.

Mais ces élections portent aussi des incertitudes : les électeurs se rendront-ils aux urnes ? Que penseront-ils des alliances entre LREM et la droite traditionnelle ? Comment préparer le coup d’après ? Déjà au travail, nous dit-on, pour les élections régionales et départementales de mars 2021, les partis de gauche auront fort à faire pour entamer ce que les fans de football appelleront une « remontada ».

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