Municipales 2020. L’alternative peut venir des villes (communes et intercommunalités)

L’Humanité du vendredi 19, samedi 20 et dimanche 21 juin 2020

Face aux difficultés sociales accentuées par l’épidémie de coronavirus, les candidats de gauche et les écologistes en campagne pour le scrutin du 28 juin défendent nombre de mesures pour changer le quotidien.

Pendant la crise sanitaire, les maires ont été plébiscités : 75 % des Français ont estimé qu’ils avaient été à la hauteur des enjeux, d’après une enquête Odoxa, quand seuls 34 % pensent de même pour l’exécutif. En première ligne pendant le confinement, les édiles ont assuré l’approvisionnement en masques pour la population ou organisé matériellement la continuité scolaire. Ils ont aussi mis en place, en particulier dans les villes de gauche, des dispositifs de solidarité exceptionnels pour faire face à l’explosion du chômage, partiel ou non, qui a provoqué une hausse de la précarité. La crise a ainsi mis en lumière les failles des politiques libérales qui ont mis à mal les services publics, mais aussi la capacité des communes, pourtant elles aussi affaiblies par les gouvernements successifs, à prendre à bras-le-corps les situations d’urgence pour l’ensemble des citoyens.

Paradoxalement, alors que le second tour approche, les urnes pourraient ne se trouver que partiellement remplies, le 28 juin. Parmi les 16,5 millions de citoyens convoqués pour l’élection dans près de 5 000 communes, seulement 38 % déclarent avoir l’intention d’aller voter, selon un sondage Ifop. Le taux d’abstention historique pour les municipales observé le 15 mars (55,34 %) pourrait ainsi se voir amplifié, malgré des signaux sanitaires passés au vert. Les choix défendus par les candidats portent pourtant sur des questions cruciales pour le quotidien de chacun, dans une période de difficultés économiques et sociales accrues. Santé, éducation, droit aux loisirs ou encore logement… voici un petit tour d’horizon de ce que peuvent les villes face à la crise quand leur maire prend le parti de la solidarité.

Santé, des dispositifs de proximité (1)

Comme ils l’ont démontré face au Covid-19, les maires peuvent développer de nombreuses politiques pour prendre soin de la santé de leurs administrés. Ainsi, à Saint-Denis, le maire PCF Laurent Russier veut aller au-delà des quatre centres de santé municipaux qui accueillent chaque année 25 000 patients. L’édile souhaite ajouter un centre de santé mobile qui ira au-devant des citoyens, et créer une mutuelle communale. Cette solution, déjà testée à Montreuil et programmée à Dieppe, a pour but d’aider les habitants à faire face à leurs frais de santé, de façon solidaire. La gauche porte ces exigences dans de nombreuses villes. Ainsi, au Havre, le communiste Jean-Paul Lecoq veut créer un centre de santé et des équipes mobiles dans les quartiers. Il souhaite aussi, comme le maire de Saint-Denis, ouvrir une maison des aidants afin d’apporter soutien, formation et aide administrative à ceux qui aident un proche âgé ou en situation de handicap. La candidate de la gauche à Marseille, l’écologiste Michèle Rubirola, s’est fixé le même objectif, en plus de développer et soutenir les activités sportives à tous les âges. Car, la santé des citoyens passe aussi par une pratique sportive adaptée, une alimentation saine et équilibrée que les candidats de gauche veulent promouvoir, et un environnement sain, ce qui passe par la gratuité des transports en commun pour réduire la pollution, l’interdiction des pesticides et un retour de la nature en ville.

(1) NDLR : amplifier le rôle du Centre Communal d’Action Sociale, une des rares prérogatives laissées à la commune

Alimentation, un accès à une nourriture saine

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