Ceux dont on ne parle jamais au journal télévisé du soir

Au boulot n°532 chronique hebdo dans l’Humanité dimanche 11° année 

Sur un chantier à Villepinte, alors que deux salariés procédaient a leur chargement un des  poteaux d’un poids de 10 kg a été projeté, heurtant la tête de la victime, debout derrière le camion, qui a succombé à ses blessures. Selon l’enquête, l’employeur n’avait prévu aucun mode opératoire pour la manutention.

Trois salariés au château de Vaux le Vicomte étaient chargés de retirer les branchages qui obstruaient des buses situées sous un pont. Resté seul à un moment, pendant qu’était cherché un chariot élévateur, l’un d’entre eux a été retrouvé dans l’eau, coincé dans une buse dans laquelle il a été happé après être tombé.

Un salarié a chuté mortellement d’une hauteur de plus de 10 mètres dans la trémie intérieure de l’échafaudage d’un chantier à Paris : un défaut de garde-corps a été constaté.

Sur le chantier de construction de la tour Hekla à La Défense, un salarié a été mortellement écrasé par un ascenseur de chantier alors qu’il se trouvait sur une nacelle élévatrice.

A Enghien-les-Bains un salarié intervenait dans un transformateur suite à une coupure de courant dans le secteur privant d’électricité plusieurs riverains. Il a été victime d’un arc électrique.

Lors de travaux sur des canalisations de gaz à Choisy-le-Roi un salarié a eu besoin d’aller aux toilettes. Pour se cacher de la vue des automobilistes, il a pénétré dans une bouche d’égout à proximité d’une grille. La grille a cédé et le salarié a fait une chute de 12 mètres dans les égouts. Sur le chantier, prévu pour durer 2 jours, il n’y avait aucune des installations prévues par le code du travail : pas de cabinet d’aisance, de local vestiaire, ni de restauration ou de véhicule de chantier aménagé. Les questions de sanitaires sur les chantiers sont d’autant plus importantes que les restaurants ou cafés, dans lesquels les salariés n’ayant pas de base-vie se rendaient, sont fermés en raison de la pandémie.

Des faits divers ? Non, ils ne font jamais la « une ».

Gérard Filoche

Violences faites aux femmes:​ ​ ​420 millions qui n’existent pas ! ​

Ou comment le gouvernement a roulé dans la farine à peu près tout le monde lors du 25 novembre. Un coup de maître.

Depuis le 25 novembre, Marlène Schiappa nous parle de 420 millions engagés par le gouvernement contre les violences.

Alors je vous propose d’en parler parce qu’en fait… ils n’existent pas. Du tout. (Coucou Agence France-Presse, Le Monde, Le Figaro, Franceinfo et d’autres qui ont repris les chiffres du gouvernement sans vérifier)

Ces 420 millions sont un chiffre issu de ce qu’on appelle le « DPT », Document de politique transversale. Un terme technique pour une idée simple. Chaque année, les services de l’Etat recensent l’ensemble des dépenses relatives à un thème transversal.

Par exemple, sur l’égalité femmes – hommes, le DPT liste les dépenses du Ministère de Marlène Schiappa mais aussi de l’Intérieur, de la Santé, de l’international, etc… En général, on est pas exhaustif. Parce qu’on connaît pas toutes les actions menées en lien avec l’égalité.
Ce document est surtout un outil de communication permettant de montrer l’engagement global de l’Etat sur l’égalité.

Première #FakeNews, la ministre annonce une hausse de 120 millions. Comme l’a montré le journal Les Nouvelles News dans un excellent article, c’est… faux. En fait, ces 120 millions existaient déjà l’an passé. D’ailleurs, incroyable, le DPT 2017 explique dès son introduction que 400 millions sont recensés. Aucune augmentation donc. On reprend les crédits de l’an passé et on les reconduit.

Read moreViolences faites aux femmes:​ ​ ​420 millions qui n’existent pas ! ​