Écologie ou justice sociale : faut-il choisir ? Récit du débat entre Attac, Greenpeace et la CGT

15 septembre 2021

 

À l’occasion d’un débat organisé par Reporterre le 14 septembre, Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Philippe Martinez (CGT) ont échangé autour d’une transition écologique créatrice d’emplois.

Mardi 14 septembre à 20 heures, Reporterre organisait un débat vidéo réunissant Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac, Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Le thème des discussions, animées par Hervé Kempf, rédacteur en chef du quotidien de l’écologie, épaulé par la journaliste Laury-Anne Cholez : « Travailleurs ou écolos : faut-il choisir son camp ? » Pour le dire autrement : les objectifs environnementaux sont-ils atteignables sans créer de la casse sociale au sein des usines et industries polluantes ?

Les trois intervenants planchent sur le sujet depuis longtemps. En janvier 2020, leurs organisations lançaient — avec d’autres, comme Oxfam ou les Amis de la terre — le collectif Plus jamais ça !, qui milite à la fois pour la justice sociale et le climat. Une alliance inédite au regard du cloisonnement habituel des questions écologiques et d’emploi.

Pendant 1 h 30 de débat retransmis en direct sur les réseaux sociaux, ils et elle ont abordé les points de désaccord au sein du collectif — notamment sur la question du nucléaire —, et surtout esquissé leur volonté d’avancer de concert sur les sujets qui les rassemblent.

Voir la vidéo du débat :

Texte du débat sur le site de Reporterre : https://www.youtube.com/watch?v=eyinaMh9P40

9 mai : Loi climat, la marche d’après

Le projet de loi Climat déposé par le gouvernement est loin d’être à la hauteur de l’urgence écologique. Pourtant c’est le dernier texte législatif du quinquennat consacré à l’environnement.
Le 28 mars, à la veille de l’entrée du texte de loi à l’Assemblée Nationale, nous nous sommes massivement mobilisé.e.s pour exiger une loi ambitieuse et défendre les mesures proposées par les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le Climat.
Nous appelons à une grande mobilisation le 9 mai 2021 à Clermont-Ferrand pour dénoncer les manquements de cette loi face à l’urgence climatique.
RDV à partir de 13h place de la Victoire pour rencontrer les militant.e.s et bénévoles associatif.ve.s du Puy-de-Dôme !
Départ de la marche festive à 14h à partir de la place de Victoire et retour prévu au plus tard à 16h place de la Victoire pour profiter encore des stands et des animations !
Musiques, spectacles et animations tout l’après-midi ! On vous attend nombreux.ses !

Non, la voiture électrique n’est pas écologique

Celia Izoard pour Reporterre

Mis à jour le 19 février 2021

Durée de lecture : 13 minutes

 

Cet article est le premier d’une enquête en trois volets que nous consacrons à la voiture électrique (voir à la fin de l’article les liens vers les autres articles)

[VOLET 1/3] Promue sans la moindre réserve par la classe dirigeante, l’auto électrique serait le véhicule «propre». Or, comme le montre Reporterre dans une grande enquête, de la production des batteries à leur durée de vie, en passant par le renouvellement du parc , le poids des véhicules et leur usage, le caractère écolo de l’auto électrique n’a absolument rien d’évident.

Premier volet : qu’en est-il des émissions de gaz à effet de serre?

Read moreNon, la voiture électrique n’est pas écologique

Le projet INSPIRE : les analyses de l’Atelier de gauche

Le projet « InspiRe » est un projet de restructuration du réseau de transport en commun surle territoire de Clermont Auvergne Metropole

CEPENDANT, le projet INSPIRE concerne peu (pas) les communes de l’ouest et du sud-est de Clermont Auvergne Metropole. Il s’inscrit dans le droit fil du Plan D’Urbanisme de Clermont-Ferrand (vote à Clermont début 2019 -).

Un projet sur les Transports en commun (TC) et mobilités semble devoir intégrer 2 exigences minimales :

ne pas être « punitif », être anticipatif.

  • Ne pas être punitif.

Comment faire ?

Tout d’abord, la gratuité des TC.

Read moreLe projet INSPIRE : les analyses de l’Atelier de gauche

Le projet de loi « climat et résilience » ne reprend que 10 propositions de la Convention citoyenne « sans filtre »

France Télévisions

Le projet de loi est examiné à partir du lundi 8 mars à l’Assemblée nationale.

C’était l’ambition affichée au départ : « Ce qui sortira de cette convention, je m’y engage, sera soumis sans filtre soit au vote du Parlement, soit à référendum, soit à application réglementaire directe », annonçait Emmanuel Macron, en avril 2019. Deux ans plus tard, 46 des 149 propositions formulées par la Convention citoyenne sur le climat (PDF) se retrouvent dans le projet de loi « climat et résilience », examiné à l’Assemblée nationale à partir de lundi 8 mars.

Appelés à voter pour évaluer si les « décisions du gouvernement relatives aux propositions de la CCC » permettraient de « s’approcher de l’objectif de diminuer d’au moins 40% (par rapport à 1990) les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 dans un esprit de justice sociale », les membres de la Convention ont sorti le stylo rouge : la moyenne est de 2,5 sur 10 seulement. « Mesures repoussées dans le temps, périmètres d’application restreints… Plusieurs stratégies ont été utilisées pour édulcorer le texte et abaisser l’ambition des mesures », déplore également Meike Fink, responsable transition climatique du Réseau action climat. Que sont devenues les propositions ? Franceinfo a passé au crible les 46 mesures et leurs modifications dans le texte.

Que sont devenues les propositions de la Convention citoyenne dans le projet de loi ?

 LIRE LA SUITE

Le projet de loi « climat et résilience » ne reprend que 10 propositions de la Convention citoyenne « sans filtre »

Privatisation de l’Office National des Forêts (ONF) : un désastre écologique et social

vendredi 26 février

 

En 2020, l’association Canopée , membre de la fédération des Amis de la Terre, alertait sur les risques de privatisation de l’ONF (Office Nationale des Forêts) qui risquait de dégrader fortement les conditions de travail des agents forestiers et qui annonçait aussi des licenciements. D’autre part, cette privatisation pouvait avoir des effets dramatiques sur la façon dont seraient entretenues les forêts en raison de la volonté croissante du directeur général de réaliser des profits.

L’ONF est un établissement public de la gestion des forêts publiques. Sa gestion se veut multifonctionnelle : production de bois, préservation de l’environnement et accueil du public. Une gestion qui nécessite donc des compétences multiples et une mise en place de moyens conséquents. L’importance de ces forêts est grande, représentant 25% de la surface forestière française, elles correspondent aux forêts anciennes préservées du Moyen-Âge et sont donc précieuses quant à la préservation du patrimoine naturel et des espèces animales y vivant. Mais la dualité entre production de bois et préservation de l’environnement finit par poser problème entre recherche de profit et lutte contre le changement climatique.

En 2020, plusieurs annonces de la part du gouvernement et du directeur général, Bertrand Munch, vont faire l’effet d’une douche froide aux agents forestiers.

– Une première annonce la modification du code forestier qui invite à « généraliser l’accès des personnels sous contrat de droit privé à l’ensemble des métiers et fonctions de l’établissement ».

Read morePrivatisation de l’Office National des Forêts (ONF) : un désastre écologique et social

Enquête Nitrate d’ammonium : la France reste très exposée à ce produit, à l’origine de l’explosion sur le port de Beyrouth

Publié
Cellule investigation de Radio France – Benoît Collombat
Radio France

La France est le premier consommateur de nitrate d’ammonium en Europe et le deuxième au monde. Pourtant, six mois après la catastrophe de Beyrouth, notre enquête montre que les contrôles sont encore insuffisants. Plusieurs sites sensibles ont été identifiés, en Alsace, en Loire-Atlantique et en Gironde.

Le 4 août 2020, l’explosion d’un stock de nitrate d’ammonium dévastait le port de Beyrouth, faisant plus de 200 morts et 6 500 blessés. Six mois après, la cellule investigation de Radio France a voulu savoir si une telle catastrophe serait possible en France. Notre pays est en effet le premier consommateur de nitrate d’ammonium agricole (ammonitrate) en Europe, et le deuxième dans le monde. Or la législation a encore des failles, et les contrôles ne sont pas systématiques.

Des « bombes agricoles » en puissance

Dans une note publiée après la catastrophe de Beyrouth, le ministère de l’Agriculture indique que « le nitrate d’ammonium, même très concentré, n’est pas considéré comme un ‘explosif ‘ mais seulement comme un explosif occasionnel (…) par exemple quand l’engrais est contaminé par des matières incompatibles. »

« Il suffit d’une montée en température due à un incendie combinée à 0,2 % de matière organique, comme un simple copeau de bois, pour arriver à une situation explosive », estime cependant Paul Poulain. Il regrette que les autorités n’appliquent pas de manière drastique la règlementation en matière de sécurité incendie. « On préfère prendre des risques plutôt que d’équiper ces installations de systèmes de détection incendie, ce qui renchérirait le coût de l’agriculture en France », ajoute-t-il.

« Il y a énormément de départ de feu dans les exploitations agricoles, s’inquiète un expert en risque incendie, Ronan Nicolas, du bureau d’étude Atossa. Cela peut provenir d’une fermentation des balles de foin ou d’installations électriques vétustes. Les agriculteurs stockent aussi beaucoup de combustibles : s’ils se retrouvent associés à du nitrate d’ammonium, tous les ingrédients d’une véritable bombe agricole sont alors réunis ! »

Des précédents dramatiques existent

Le 2 octobre 2003, à Saint-Romain-en-Jarez, dans la Loire, les pompiers sont appelés pour un incendie dans le hangar d’un arboriculteur. Ils ignorent qu’entre trois et cinq tonnes d’ammonitrate sont stockées sur place.

L’explosion blesse 18 pompiers, dont trois grièvement. Invalide à 80 % suite à l’explosion, Patrick Maniora a retrouvé péniblement l’usage de ses jambes. Mais cet ancien sapeur-pompier n’a jamais réussi à obtenir de la justice une reconnaissance et un dédommagement lié à son handicap. « Il faut changer la loi, estime Patrick Maniora. Je me suis battu jusqu’en cassation, mais au final il n’y a pas de faute pénale donc pas de responsable. L’exploitant était dans les clous de la loi en matière de stockage d’ammonitrate. C’est la blessure qui me fait le plus souffrir. »

Une grande partie de ces stocks échappent effectivement au contrôle. « Les installations qui stockent moins de 250 tonnes ne sont pas soumises à déclaration auprès des autorités, s’alarme Paul Poulain, spécialiste des risques industriels. Elles ne sont ni contrôlées par des bureaux d’études privés, ni inspectés par les services de l’État. Potentiellement, un exploitant agricole ou une coopérative peut donc stocker du nitrate d’ammonium agricole sans respecter les mesures de base de sécurité. Nous ne faisons pas tout pour éviter qu’un accident du type AZF ne se produise à nouveau. »

Près de 459 000 installations classées pour la protection de l’environnement ne sont jamais inspectées par les services de l’Etat. (Nicolas Dewit / Radio France)

Read moreEnquête Nitrate d’ammonium : la France reste très exposée à ce produit, à l’origine de l’explosion sur le port de Beyrouth

Et au milieu coule une rivière …polluée !

La cellule  « Clovis Chirin »

Suite aux multiples pollutions de l’Artière depuis le début de l’été et de leurs concomitances avec les sècheresses et l’état d’urgence sanitaire, au-delà des « préoccupations écologiques habituelles » se pose raisonnablement la question d’une contamination sanitaire des eaux traversant notre commune.

Read moreEt au milieu coule une rivière …polluée !

Un tour d’horizon de rivières qui souffrent : l’Artière et l’Allier

Le collectif Auzon l’Artière propres vous propose deux vidéos documentaires  sur la rivière L’Allier, le fleuve la Loire et deux émissions H2O France Bleu animé par Christophe NOISEUX : Julien Saillard du Conservatoire d’Espaces Naturels Auvergne et le reportage H20 sur les rivières L’Artière et L’Eau Mère  :

 

Read moreUn tour d’horizon de rivières qui souffrent : l’Artière et l’Allier

Menace sur les forêts françaises

François Ulrich

le 9 novembre 2020,

Comme l’agriculture, la sylviculture connaît un processus d’industrialisation.

On recense en France 136 essences d’arbres différentes. 76 % des forêts sont feuillues. Or, depuis quelques décennies, l’industrie du bois convertit progressivement les plantations de feuillus en plantations de résineux comme le douglas. La spécificité de ces essences est leur croissance rapide. Le douglas par exemple atteint à 40 ans une taille et un diamètre suffisants pour être prélevés par les têtes d’abattage des machines forestières. L’industrie procède par le triptyque suivant : coupe rase, plantation, monoculture. La coupe rase désigne l’abattage de tous les arbres d’une parcelle au moyen d’engins lourds qui tassent les sols. La plantation en monoculture consiste à réaliser un « champ d’arbres », c’est-à-dire la plantation d’arbres de même âge et de même hauteur.

Read moreMenace sur les forêts françaises

Les néonicotinoïdes tuent les abeilles … et les agriculteurs (2)

François Ulrich, le 05/10/2020

Un texte de loi autorisant le recours aux néonicotinoïdes est examiné aujourd’hui 5 octobre à l’Assemblée nationale. Le gouvernement souhaite autoriser à nouveau les producteurs de betteraves  à utiliser de manière préventive ce pesticide contre un puceron responsable de la jaunisse de la betterave. Macron avait promis l’interdiction du glyphosate en novembre 2020 ; à la place il prolonge l’utilisation d’un autre pesticide. Ce gouvernement est à la solde des lobbies !

C’est une aberration environnementale et économique. Les néonicotinoïdes tuent les abeilles, la biodiversité et les apiculteurs. Ce projet de loi est un grave recul : il est déconnecté de l’urgence écologique (érosion de la biodiversité) et économique (modèle agro-industriel à bout de souffle qui broie les paysans et empoisonne le vivant).

31 organisations environnementales, de consommateurs, la Confédération paysanne, les apiculteurs, …) sont contre. 7 Français sur 10 se disent opposés à cette dérogation d’après un récent sondage.

Il y a urgence à se mobiliser !

Read moreLes néonicotinoïdes tuent les abeilles … et les agriculteurs (2)

Il faut un moratoire et un débat démocratique sur la 5G

« Oui, nous allons lancer les enchères de la 5G. Oui, nous avons pris nos responsabilités sanitaires, environnementales». Ah bon ? Et les incertitudes sanitaires, environnementales, justement invoquées quelques jours plus tôt par la convention citoyenne pour le climat ? « Cette évaluation environnementale et sanitaire, nous l’avons, nous la faisons » assurait Agnès Pannier-Rusacherle, secrétaire d’état à l’industrie au mois de juin à l’Assemblée Nationale en réponse à une question du député LFI François Ruffin.

Or, même l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ne rendra ses premières conclusions qu’au printemps 2021.

En décembre 2018, un rapport sur les nouveaux problèmes en santé et environnement du Conseil scientifique de l’UE relevait qu’alors que « la controverse se poursuit sur les nuisances des actuelles technologies sans fil 2, 3 et 4G, les effets sur l’homme et l’environnement des technologies 5G sont encore moins étudiés que les précédentes ». Puis, plus loin « le manque de preuves claires sur le développement de l’exposition à la technologie 5G ouvre la possibilité de conséquences biologiques imprévues ».

Read moreIl faut un moratoire et un débat démocratique sur la 5G

Retour des insecticides « tueurs d’abeilles » : le gouvernement a ouvert une boîte de pandore

https://www.bastamag.net/

Sophie Chapelle

Le gouvernement a accordé aux betteraviers la possibilité de déroger à l’interdiction des néonicotinoïdes, ces insecticides qui contribuent à la disparition des pollinisateurs. D’après le projet de loi qui sera présenté ce 1er septembre au Conseil national de la transition écologique, la dérogation pourra être demandée pour tout néonicotinoïde… Pourquoi un tel recul alors que 80 % des populations d’insectes ont déjà disparu en Europe ?

La décision prise au cœur de l’été a mis en colère les défenseurs de la biodiversité. Le 6 août, le nouveau ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, annonce que les producteurs de betteraves pourront à nouveau utiliser des néonicotinoïdes à partir de 2021 [1]. Cette famille d’insecticides, qui agit sur le système nerveux central des insectes, est accusée de contribuer à la disparition des pollinisateurs, comme les abeilles. Les néonicotinoïdes sont pourtant officiellement interdits en France depuis le 1er septembre 2018, en vertu de la loi biodiversité adoptée en août 2016.

Read moreRetour des insecticides « tueurs d’abeilles » : le gouvernement a ouvert une boîte de pandore

Si nous voulons décarboner l’Europe…

Intervention lors de l’examen du Rapport d’information sur l’indépendance énergétique de l’Union européenne, le 24 juin 2020 devant la Commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale.

 Je voudrais tout d’abord saluer la qualité du rapport d’information présenté aujourd’hui, et en particulier sa première partie qui fournit un constat objectif de la réalité de la situation énergétique européenne et de la croissance de notre dépendance.
A ce titre, il dénote très largement de propos trop souvent angéliques, voire fantasmés, sur notre situation énergétique et sur notre capacité à régler cet enjeu stratégique au niveau européen par des coups de baguette magique, la baguette fusse-t-elle verte ! Il ne serait d’ailleurs pas inutile d’avoir dans le rapport une analyse de la croissance de la dépendance au gaz russe en particulier pour la production électrique, et de les mettre en relation  avec les choix de soutien public et d’investissement des vingt dernières années en faveur d’énergies renouvelables intermittentes et non pilotables comme l’éolien pour certains pays.

 Je n’en partage pas en revanche toutes les analyses sur la transition énergétique, notamment sur les capacités et les impacts de productions électriques décentralisées, et pas non plus tous les outils, mais nous pouvons nous retrouver sur les principales priorités des recommandations. 

Read moreSi nous voulons décarboner l’Europe…

Railcoop, la coopérative qui fait renaître les lignes de train abandonnées

2 juillet 2020 / Marie Astier (Reporterre)

C’est un nouvel acteur qui bouscule le petit monde ferroviaire : Railcoop a choisi une gouvernance coopérative et de relancer des lignes abandonnées par la SNCF, plutôt que de se tourner vers celles considérées comme rentables. Une initiative permise par l’ouverture à la concurrence du ferroviaire prévue pour la fin de l’année.

La proposition est inattendue : dans un monde ferroviaire qui demande des investissements aussi lourds que des locomotives, un poids léger a décidé de tenter de se faire une place. Railcoop, comme son nom l’indique, est une société coopérative ferroviaire. Si les amoureux du train l’avaient rêvée, ils n’auraient sans doute pas fait mieux. Elle compte réinvestir plusieurs pans de l’offre ferroviaire peu à peu délaissée par la SNCF et les politiques publiques ces dernières années : trains entre régions permettant d’éviter la centralisation parisienne, fret et train de nuit.

Ses premiers trains de fret pourraient rouler dès 2021, et surtout, la première ligne voyageurs devrait s’ouvrir mi-2022, entre Bordeaux et Lyon. Tout un symbole, alors que la liaison avait été abandonnée par la SNCF en 2014. Le projet est permis par l’ouverture totale à la concurrence du trafic ferroviaire, prévue pour fin 2020. «C’est l’occasion de proposer un modèle alternatif, estime Alexandra Debaisieux, directrice générale déléguée de la société. Nous partons du principe que le ferroviaire est un maillon important de la transition énergétique.»

Read moreRailcoop, la coopérative qui fait renaître les lignes de train abandonnées

Le plus vieux désert du monde meurt pour les batteries de nos voitures « vertes »

6 mars 2020 – Sarah Roubato

Quand on parle des espaces en danger, on imagine volontiers les forêts et les espaces humides. Mais les déserts sont tout aussi essentiels. Dans le nord du Chili, le désert de sel Atacama est un trésor naturel, national et mondial. C’est le plus vieux désert de notre planète. Il est aussi le réservoir de la plus ancienne collection de météorites, certaines âgées de plus de 2 millions d’années.

Or ce désert détient 40 % des réserves mondiales de lithium, l’ingrédient principal utilisé pour… les technologies vertes ! Notamment les batteries pour recharger les voitures électriques et hybrides, qui ont donné un immense boom au secteur déjà bien sollicité par les demandes pour fabriquer les batteries des téléphones portables et des ordinateurs. C’est une véritable ruée vers l’or qui s’est déclenchée dans le « triangle du lithium », dans les déserts de sel de l’Argentine du Chili et de la Bolivie. Mais c’est bien le Chili qui reste leader avec des prix très attractifs dus à des conditions d’extraction optimales.

Pour extraire le lithium, le processus consiste à évaporer l’eau où il est contenu. Les mines assèchent donc le désert. Ce sont déjà 430 milliards de litres d’eau qui ont été perdus sur le seul plateau d’Atacama. Et comme le dit le sous-secrétaire de l’extraction minière Ricardo Irarrazabal Sanchez :

Read moreLe plus vieux désert du monde meurt pour les batteries de nos voitures « vertes »