Devoir d’Histoire

Mercredi 5 Mai 2021

Jacques Chirac avait refusé de célébrer l’anniversaire de la bataille d’Austerlitz, en 2005. Le dernier discours d’un président rendant hommage à Napoléon date de 1969, avec Georges Pompidou. Les cendres de l’empereur ont été ramenées à Paris en 1840, à l’initiative d’Adolphe Thiers et de Louis-Philippe.

« L’accès à la vérité passe par la vérité du malheur », écrivait la philosophe Simone Weil. Puisque le contemporain fonctionne à « l’événement », du soir au matin comme fonds de commerce, il est désolant de constater que, parfois, certains lâchent la bataille d’hommes pour l’ombre en pratiquant le deuil de l’Histoire majuscule – ce par quoi la politique s’en trouve dégradée. Emmanuel Macron a donc décidé de commémorer le bicentenaire de la disparition de Napoléon. Un discours à l’Institut de France, puis un dépôt de gerbe devant le tombeau de l’empereur déchu, aux Invalides. Appelons les choses par leur nom : il s’agit d’un hommage officiel. D’où la controverse mémorielle.

Napoléon a été non seulement l’auteur du coup d’État du 18 brumaire, qui mit fin à la première République et à la Révolution française, mais aussi celui qui a rétabli l’esclavage dans les colonies en 1802, marquant la France au fer pour les générations futures. Notre pays devint le seul à revenir sur son abolition après l’avoir proclamée en 1794. Le militaire de génie et modernisateur de l’État (Codes civil et pénal, etc.) restera d’abord et avant tout un despote plus ou moins « éclairé ». Sa dictature fut une dictature militaire, donc absolue : conquérir, administrer, surveiller, punir, museler la presse. Après le grand renversement révolutionnaire qui éclaira les Lumières et le monde, il laissa la France exsangue, prête à s’offrir, de nouveau, à toutes les oligarchies

Certes, « commémorer » n’est pas « célébrer ». On s’étonnera néanmoins que le prince-président actuel, concepteur du « en même temps », ignore royalement les 150 ans de la Commune de Paris mais décide de porter son attention sur Napoléon, devenant le premier hôte de l’Élysée à prononcer une allocution depuis… Georges Pompidou. Le successeur du général en 1969, comme tant d’autres qui cherchèrent à tirer profit du mythe et de sa construction au fil des siècles, osa alors un parallèle entre le « sauveur » Napoléon et le « sauveur » de Gaulle, se servant de l’empereur pour prêcher la fin des antagonismes de classe et vanter l’union sacrée en tant que « salut public », au nom de la nation. Emmanuel Macron prend un énorme risque en instrumentalisant le bonapartisme : celui de contraindre la République à baisser la tête devant son propre souvenir, trahissant le devoir d’Histoire et le travail de mémoire.

La Commune de Paris, une vie courte, un héritage riche

150 ans après, l’histoire de la Commune est ineffaçable malgré les efforts des pouvoirs capitalistes.

Elle a fait rêver dans le monde entier et ses décisions révolutionnaires sont impressionnantes, entre autres :

  • Liberté de la presse
  • Inspection du travail
  • L’école laïque
  • L’enseignement professionnel
  • La séparation de l’Église et de l’État
  • L’égalité de salaire entre les hommes et les femmes

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1ER MAI 1886

Tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’histoire sera racontée par les chasseurs.

Extrait du film « Howard Zinn, une histoire populaire américaine » de Olivier Azam et Daniel Mermet

Au début du XXème siècle, les parents d’Howard Zinn débarquent d’Europe de l’Est à Ellis Island, comme des millions de migrants qui rêvent de terre promise, qui rêvent de fortune, qui rêvent simplement d’une vie meilleure… Ils découvrent l’Amérique.

Avec l’énorme succès de son livre Une histoire populaire des Etats-Unis, Howard Zinn a changé le regard des Américains sur eux-mêmes. Zinn parle de ceux qui ne parlent pas dans l’histoire officielle, les esclaves, les Indiens, les déserteurs, les ouvrières du textile, les syndicalistes et tous les inaperçus en lutte pour briser leurs chaînes. À la fin Zinn disait « Je veux qu’on se souvienne de moi comme quelqu’un qui a donné aux gens des sentiments d’espoir et de pouvoir qu’ils n’avaient pas avant ».

14 avril 1931, la République espagnole est proclamée.

site Parti de Gauche Midi Pyrénées http://www.gauchemip.org/spip.php?article15923

Nouvelle imageEntretien avec Fernando Hernandez Sanchez sur l’Espagne de 1931 à 1939 ( Historien spécialiste de la Guerre Civile espagnole, professeur  à l’université autonome de Madrid ).

La Seconde République est proclamée le 14 avril 1931. Quel était le sens de cette rupture  ?

Fernando Hernandez Sanchez. La proclamation de la République constitue une rupture historique dans l’histoire contemporaine espagnole. Politiquement, on a assisté à un changement au sein du bloc dirigeant qui avait exercé le pouvoir quasi continuellement durant un siècle et demi antérieur au profit d’une minorité, au terme d’un processus conflictuel, convulsif et inachevé de la révolution bourgeoise espagnole. Pour la première fois, les classes populaires ont trouvé dans ce nouveau régime une représentation, des parcelles de pouvoir et des interlocuteurs en vue d’obtenir des améliorations substantielles des conditions de vie.

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Un monument pacifiste : le monument aux morts de Gentioux.

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La commune de Gentioux, dans la Creuse, qui compte aujourd’hui 370 habitants, a payé un très lourd tribut durant la guerre 14-18 : 58 de ses hommes ont été tués.

Dès 1920, un comité se met en place pour l’érection d’un monument aux morts. Il comprend le Conseil municipal et les anciens combattants. L’initiative en revient au maire Jules Coutaud, un républicain aux idées avancées, marqué par quatre années de guerre et dont la santé est compromise par l’action des gaz asphyxiants.

Le projet retenu le 29 janvier 1922 comprend un pylône avec trois marches, une statue en fonte bronzée, celle d’un enfant devenu orphelin, en sabots, la casquette à la main, vêtu de son sarrau noir comme l’étaient tous les écoliers à l’époque, le bras tendu, le poing serré désignant, sous l’interminable liste des victimes, l’inscription :

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Le monument de Gentioux n’a toujours pas été inauguré officiellement. En effet, les autorités n’ont jamais accepté son caractère pacifiste ni la connotation symbolique du poing brandi qui est un appel à la lutte et au rassemblement des exploités. Mais en 1922, malgré le refus de la Préfecture d’être présente à la cérémonie inaugurale, la population est réunie avec le Maire et le Conseil municipal.

Dans une interview à Limousin Magazine, en novembre 1971, le Maire précise : « Jamais (…) notre monument aux morts ne suscita de discussions, de polémiques parmi les citoyens de la commune qui ne partageaient pas forcément les mêmes idées politiques. Le cri de révolte contre la guerre (…) traduit tout simplement les sentiments de gens de très modestes conditions qu’avaient indignés et meurtris quatre années de misères, de larmes et de deuils. ».

article de la LDH Toulon

11-Novembre : il faut réhabiliter les « fusillés pour l’exemple » de la Grande Guerre.

Nouvelle imageIl n’y a pas qu’un moyen d’abolir enfin la guerre contre les peuples, c’est d’abolir la guerre entre les individus , c’est d’abolir la guerre économique, le désordre de la société présente.
La guerre est de l’essence du capitalisme et la racine de la guerre ne sera arrachée que lorsque la capitalisme lui-même aura été arraché.
Dans le monde capitaliste, il y a une guerre permanente, éternelle, universelle : c’est la guerre de tous contre tous, des individus dans une classe, des classes contre les classes dans une nation, des nations contre les nations , des races contre les races.
Oui, le capitalisme et la guerre sont liés , le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage.
On parle de guerre imminente, mais sait-on de quoi on parle ?

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Ça ressemblait à quoi un tract du PCF dans les années 70 ?

Nouvelle image (4)« Mme Le Pen parle comme un tract du PCF des années 70 ». Cette formule lâchée par François Hollande, dimanche sur Canal +, a suscité la colère des communistes qui se sentent « ulcérés » d’être ainsi comparés au parti d’extrême droite. Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent allant jusqu’à exiger « des excuses publiques ». Antifascisme, défense des travailleurs immigrés, droit de vote des étrangers… Voilà à quoi ressemblait un tract du PCF dans les années 70.

D’autres exemples :

http://www.humanite.fr/diaporamas/politique/ca-ressemble-quoi-un-tract-du-pcf-dans-les-annees-70-571792

Une réponse de Christine Thomas à la phrase insultante du président de la République

cocos des années 70
cocos des années 70
on en est fiers , on l’revendique
d’autant qu’c’est dans ces années-là
qu’on a fait le programme commun

avec un certain Mitterrand
qu’est d’venu ensuite président
c’est dire si le mot de l’autre François
nous fait trembler, nous fout les foies

c’est y donc qu’avec le FN
il serait plutôt amour que haine
et veut pour les présidentielles
porter Marine au septième ciel

en signant un nouveau contrat
pour remplacer le vieux papa
par un jeune Valls ou un Macron
faut-il qu’il nous prenne pour des cons.

coco des années 70
on restera en République
avec le peuple, on lâchera rien
sur nos valeurs et pour demain.

la lutte on la continuera
avec Podemos, Siriza
et nous finirons par gagner
la liberté, l’ égalité et surtout la fraternité.