Vaccin contre le Covid-19 : une dose d’inégalité

AstraZeneca, BioNTech, Johnson & Johnson, Moderna, Novavax et Pfizer, six entreprises tiennent entre leurs mains le sort de milliards de personnes. Malheureusement, elles ont décidé de bloquer intentionnellement le partage de technologie et de désavantager les pays pauvres.

Dans notre nouvelle enquête, nous avons évalué six des sociétés qui tiennent le sort de milliards de personnes entre leurs mains : AstraZeneca plc, BioNTech SE, Johnson & Johnson, Moderna Inc., Novavax Inc. et Pfizer Inc. Nous dressons un  tableau affligeant d’un secteur qui manque cruellement à son obligation de respecter les droits humains. 

L’échec du dispositif COVAX

Pour évaluer la réponse apportée à la crise par les laboratoires en question, nous avons évalué les politiques relatives aux droits humains publiées par chacune de ces entreprises, ainsi que leur structure tarifaire, leurs archives relatives à la propriété intellectuelle et au partage de savoir-faire et de technologie, l’équité de leur distribution des doses de vaccin disponibles et la transparence de leurs opérations. Nous en sommes arrivés à la conclusion que les six laboratoires qui ont élaboré des vaccins avaient, à des degrés variables, manqué à leurs responsabilités en matière de droits humains.

Sur les 5,76 milliards de doses injectées dans le monde, une part dérisoire – 0,3 % – est allée à des pays à faible revenu, tandis que les pays à revenu intermédiaire supérieur ou à revenu élevé en ont reçu 79 %. Malgré les appels leur demandant d’établir des priorités et de collaborer avec le dispositif COVAX – l’outil international conçu pour assurer une répartition équitable des vaccins –, certaines des entreprises évaluées ont continué d’alimenter les stocks de pays connus pour accumuler les doses en grandes quantités.

Jusqu’à présent, toutes les sociétés évaluées ont refusé de participer aux initiatives coordonnées au niveau international pour accroître l’approvisionnement mondial en vaccin grâce à un partage de savoir-faire et de technologie. Elles ont également opposé leur refus à la levée temporaire des droits de propriété intellectuelle, notamment à la proposition de l’Inde et de l’Afrique du Sud de déroger à l’Accord sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Voici quelques éléments de notre recherche :

Pfizer et BioNTech ont pour l’instant livré au seul État suédois neuf fois plus de doses de vaccin qu’à tous les pays à faible revenu réunis – auxquels ces laboratoires ont alloué moins de 1 % de leur production à ce jour. Grâce au prix élevé auquel ils vendent leur vaccin, ils devraient engranger plus de 86 milliards de recettes d’ici à la fin de 2022.

Moderna n’a pas encore livré une seule dose de vaccin à un pays à faible revenu, a alloué seulement 12 % de sa production à des pays à revenu intermédiaire, et n’honorera pas la grande majorité de ses commandes destinées à COVAX avant 2022. Grâce à ses tarifs élevés, cette société devrait gagner plus de 47 milliards de dollars américains d’ici fin 2022.

Johnson & Johnson a mis au point le seul vaccin à injection unique du monde et le vend à prix coûtant, mais n’honorera pas la plupart de ses engagements de livraison à COVAX et à l’Union africaine avant 2022. Ce laboratoire a par ailleurs refusé d’accorder une licence à un fabricant canadien qui proposait de produire des millions de doses supplémentaires.

AstraZeneca est le laboratoire qui a livré le plus de doses de vaccin à des pays à faible revenu. Il vend son vaccin à prix coûtant et a accordé des licences volontaires à d’autres fabricants. En revanche, il a refusé de partager ouvertement son savoir-faire et sa technologie avec les initiatives mises en place par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et il s’est opposé à la dérogation à l’Accord sur les ADPIC.

Novavax n’a pas encore obtenu l’autorisation d’utilisation de son vaccin, mais il prévoit pour l’instant de livrer près des deux tiers de sa production au dispositif COVAX. Cependant, comme les autres, il a refusé tout partage de savoir-faire et de technologie et s’est opposé à la dérogation à l’Accord sur les ADPIC.

En dépit des milliards de dollars de financement public et de précommandes gouvernementales qu’ils ont reçus, les laboratoires qui ont conçu les vaccins ont conservé leur monopole sur la propriété intellectuelle, bloqué les transferts de technologie et exercé de très fortes pressions pour entraver les mesures visant à étendre la fabrication de ces vaccins à l’échelle mondiale. Par leurs manquements persistants, ils ont causé des atteintes aux droits humains, subies par les milliards de personnes qui n’ont toujours pas accès au vaccin vital contre le Covid-19.

Pays riches contre Pays pauvres

Le seul moyen de sortir de cette crise est de vacciner toute la population de la planète. Nous devrions être en train de saluer comme des héros ces laboratoires qui ont mis au point des vaccins si rapidement. Or, le blocage intentionnel des transferts de technologie par la Big Pharma et ses manœuvres commerciales à l’avantage des pays riches ont créé une pénurie de vaccins hautement prévisible et extrêmement dévastatrice pour tant d’autres personnes.

En conséquence, certaines régions d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie doivent faire face à de nouvelles flambées du virus, qui acculent au bord du gouffre des systèmes de santé affaiblis et provoquent chaque semaine des dizaines de milliers de morts évitables. Dans beaucoup de pays à faible revenu, même les soignants et les personnes à risque ne sont pas vaccinés. Dans les pays à faible revenu, moins de 1 % de la population est entièrement vaccinée contre 55 % dans les pays riches.

Sur fond de telles inégalités, les entreprises BioNTech, Moderna et Pfizer s’apprêtent à engranger à elles seules 130 milliards de recettes d’ici à la fin 2022. L’intérêt financier passe avant l’intérêt humain.

Notre ultimatum : 100 jours pour rattraper le retard

Ce 22 septembre, nous sommes à 100 jours de la fin de l’année. Nous demandons aux États de redistribuer de toute urgence les centaines de millions de doses actuellement inutilisées aux pays à faible revenu.

Nous demandons  aux laboratoires, qui ont élaboré les vaccins, de veiller à ce qu’au moins 50 % des doses produites aillent à ces pays. Pour un déploiement rapide et équitable, ces laboratoires doivent livrer en priorité les pays qui en ont le plus besoin en se fondant sur des considérations relatives aux droits humains. Elles doivent aussi suspendre leurs droits de propriété intellectuelle, partager leur savoir-faire et leur technologie et former des fabricants qualifiés, afin d’accélérer la production de vaccins contre le Covid-19.

RAPPORT :

 DOUBLE DOSE D’INÉGALITÉ
LES LABORATOIRES PHARMACEUTIQUES ET LA CRISE DES VACCINS CONTRE LE COVID19

SYNTHÈSE ET RECOMMANDATIONS

https://amnestyfr.cdn.prismic.io/amnestyfr/cea62aa7-ba36-4bea-b3ef-0efba4215823_POL_40_4704_2021_DoubleDoseOfInequality_ExecSum_Recom_ext_FR.pdf

Écologie ou justice sociale : faut-il choisir ? Récit du débat entre Attac, Greenpeace et la CGT

15 septembre 2021

 

À l’occasion d’un débat organisé par Reporterre le 14 septembre, Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Philippe Martinez (CGT) ont échangé autour d’une transition écologique créatrice d’emplois.

Mardi 14 septembre à 20 heures, Reporterre organisait un débat vidéo réunissant Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac, Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Le thème des discussions, animées par Hervé Kempf, rédacteur en chef du quotidien de l’écologie, épaulé par la journaliste Laury-Anne Cholez : « Travailleurs ou écolos : faut-il choisir son camp ? » Pour le dire autrement : les objectifs environnementaux sont-ils atteignables sans créer de la casse sociale au sein des usines et industries polluantes ?

Les trois intervenants planchent sur le sujet depuis longtemps. En janvier 2020, leurs organisations lançaient — avec d’autres, comme Oxfam ou les Amis de la terre — le collectif Plus jamais ça !, qui milite à la fois pour la justice sociale et le climat. Une alliance inédite au regard du cloisonnement habituel des questions écologiques et d’emploi.

Pendant 1 h 30 de débat retransmis en direct sur les réseaux sociaux, ils et elle ont abordé les points de désaccord au sein du collectif — notamment sur la question du nucléaire —, et surtout esquissé leur volonté d’avancer de concert sur les sujets qui les rassemblent.

Voir la vidéo du débat :

Texte du débat sur le site de Reporterre : https://www.youtube.com/watch?v=eyinaMh9P40

Manifestation des personnels devant le collège Molière de Beaumont (Puy-de-Dôme)

Ce mardi 14 septembre, tous les personnels du collège beaumontois Molière étaient en grève pour dénoncer un manque de moyens et de matériels.

La cause du mécontentement des personnels du collège Molière de Beaumont est partagée par tous : un manque cruel de moyens, tant humains que matériels. Un effectif qui ne cesse de croître (570 élèves en cette rentrée) et des locaux devenus trop exigus sans possibilité de pousser les murs posent de nombreux problèmes. Une demande de préfabriqué a été faite.
En effet, le collège comporte vingt divisions pour vingt salles. Il n’y a aucune possibilité de classe dédoublée ou de travaux en groupe puisque l’établissement n’a aucune latitude.

Lire la suite :

https://www.lamontagne.fr/beaumont-63110/actualites/manifestation-des-personnels-devant-le-college-moliere-de-beaumont-puy-de-dome_14011834/

Réunion mensuelle de l’Atelier de gauche, samedi 18 septembre de 9h30  à 12h30

Réunion mensuelle de l’Atelier de gauche ouverte aux adhérents et sympathisants,

samedi 18 septembre  de 9h30  à 12h30

à l’Espace « Les Chabades »  place Jacques Bingen (derrière la Poste).

 

Le passe sanitaire est exigé pour l’accès aux locaux municipaux

Pour tout contact : http://atelierdegauche.fr/
atelierfdegauche@gmail.com
ou https://www.facebook.com/Latelier631/

Pauvreté : la vie au bord du gouffre, une réalité qui s’étend ( un tiers des Français)

http://www.humanite.fr/
Jeudi 9 Septembre 2021

 

Le Secours populaire a publié, hier,  son baromètre annuel sur la perception de la pauvreté en 2021. Il révèle la hausse de la précarité et d’existences faites de privations pour celles et ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Des budgets au cordeau, dans lesquels chaque euro compte, des postes de dépenses sacrifiés, et l’angoisse au ventre d’un basculement dans la misère… La crise économique engendrée par le Covid a d’abord fragilisé ceux qui vivaient déjà dans la précarité, rappelle le sondage annuel du Secours populaire publié ce jeudi 9 septembre, qui met l’accent sur le quotidien des Français vivant en dessous du seuil de la pauvreté. Ces derniers sont ainsi 58 % à avoir subi une perte de revenus en 2020, contre 45 % pour l’ensemble des Français. Quand la baisse a été très importante, l’écart est encore plus fort : 13 % contre 7 %. Depuis le début de la crise, les trois quarts d’entre eux (63 %) ont rencontré des difficultés financières, soit près du double de la population générale (36 %).

De plus en plus de sacrifices

Conséquence de cette perte de revenus, les plus pauvres ont des budgets de plus en plus serrés et doivent faire de plus en plus de sacrifices. Parmi eux, 64 % ne savent plus « sur quelles dépenses faire des compromis car ils ont déjà réduit tout ce qui pouvait l’être » (contre 40 % en population générale). Pour assurer à leurs enfants de bonnes conditions de vie, les parents sont contraints, une fois honorées les factures vitales comme le logement et l’énergie, de rogner sur d’autres postes : plus de 80 % disent renoncer aux loisirs, aux vêtements ou aux soins de beauté. Ils sont même 54 % à se priver de soins médicaux et 62 % de nourriture.

55 % des Français connaissent un proche en situation de pauvreté, dont 22 % dans leur famille.

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+8,7% sur le prix du gaz en septembre 2021 : il faut un retour au service public de l’énergie, 100 % public avec une maîtrise publique .

 Le mois de septembre marque la 5ème augmentation consécutive depuis le mois de mai 2021 : +8,7% par rapport à août. Selon la CRE (Commission de régulation de l’énergie), l’augmentation des coûts d’approvisionnement d’Engie en est la seule explication. Cette dernière hausse place le prix actuel du gaz naturel au point le plus élevé depuis 2015. Les usagers qui sont encore abonnés au tarif réglementé s’apprêtent donc à voir leur facture augmenter radicalement.

Récapitulatif des hausses et baisses du tarif réglementé du gaz en 2021
Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
+0,2% +3,5% +5,7% -4,1% +1,1% +4,4% +9,96% +5,3% +8,7%

Depuis 2004, le prix du gaz a doublé pour l’usager. et nous avons en France 3,5 millions de ménages  « en situation de précarité énergétique »

Pour la CGT, rien ne justifie une telle hausse, elle revendique un retour au service public de l’énergie, 100 % public avec une maîtrise publique .

Ouvrons le débat : une politique publique de prévention des comorbidités

publié par L’Humanité, le lundi 30 août

PAR ALICE DESBIOLLES

Médecin de santé publique, épidémiologiste

Après plus de dix-huit mois de pandémie, la question de la stratégie pertinente et des mesures à adopter pour faire face au coronavirus se pose régulièrement, notamment à chaque apparition d’un nouveau variant. Pour y répondre, plusieurs visions s’opposent, voire s’affrontent.

La stratégie dite du « zéro Covid » aspire à l’élimination rapide du coronavirus grâce à la technique (vaccin) et l’action humaine (confinements stricts et locaux dès le premier cas détecté, fermetures des frontières, des écoles, des commerces, des lieux de culture, de loisir). Cependant, l’émergence récurrente de nouveaux variants, la forte probabilité d’établissement de réservoir animal dans différents pays du monde et la circulation du virus à l’échelle de la planète font du coronavirus un agent pathogène difficile à éliminer. Se pose donc la question de la pérennité et de la soutenabilité d’une telle approche. De nombreux pays, comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, l’ayant mise en place s’interrogent désormais de plus en plus quant à son efficacité et sa pertinence.

À l’autre extrême du spectre, se trouve la stratégie du « laisser faire », incarnée en son temps par des Trump ou Bolsonaro et qui revenait peu ou prou à ne rien faire, si ce n’est nier la gravité et la dangerosité du virus.

Entre ces deux approches, chacune délétère à sa manière, se trouve pourtant une alternative nuancée et respectueuse de la santé dans toutes ses dimensions : il s’agit de la stratégie de « l’atténuation », qui invite à gérer le risque et non à le supprimer. Elle consiste à contenir le coronavirus et prévenir ses dommages sur la santé, sans pour autant chercher par tous les moyens à le faire disparaître.

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