Ouvrons le débat : la France aura-t-elle assez d’électricité en 2050 ?

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La consommation énergétique de la France en 2050 est un sujet majeur qui suscite de très nombreux scénarios et débats. Le sujet l’est d’autant plus qu’il va devoir s’accompagner d’une profonde révolution énergétique imposée par la lutte contre le réchauffement climatique : abandonner toutes les énergies fossiles émettrices de CO2 (charbon, pétrole, gaz naturel) pour ne conserver que des énergies primaires non carbonées.

Or, en 2019, les énergies fossiles ont représenté 70 % de l’énergie finale totale consommée par le pays, les énergies faiblement carbonées, nucléaire et renouvelables ayant fait le reste avec seulement 30 %. En 2050, elles seront les seules utilisables. Elles devront donc croître fortement pour satisfaire les besoins en énergie du pays.

De nombreux scénarios de consommation d’électricité ont été élaborés, dont certains postulent une consommation d’électricité pratiquement inchangée voire inférieure. Cela ne pourrait conduire qu’à un sevrage sévère en énergie qui ferait perdre au pays son niveau de vie de pays développé, avec des conséquences économiques et sociales dévastatrices. D’autres prévisions plus réalistes anticipent au contraire une consommation d’électricité qui pourrait être environ 80 % plus élevée que celle de 2019. D’où la question : pourra-t-on satisfaire ce niveau élevé de consommation ?

La réponse des chiffres est la suivante : un tel niveau de consommation d’électricité sera inaccessible sans une contribution majoritaire d’électricité nucléaire : un mix « 100 % renouvelable » ne peut en effet satisfaire que de faibles consommations. Mais le défi n’en restera pas moins immense dans la mesure où des capacités très importantes en moyens de production devront être mises en œuvre, à la fois en nucléaire et en renouvelables éolien et photovoltaïque. Or, toutes ces capacités de production seront soumises à des contraintes fortes qui restent à préciser mais pourraient limiter leur déploiement.

Le risque de non-satisfaction d’une consommation d’électricité aussi élevée ne peut donc être exclu. Dans ce contexte, les progrès d’efficacité énergétique et des efforts de sobriété raisonnables pour être socialement acceptables ne seront pas une option mais une nécessité. Et une gouvernance politique fondée sur les principes de raison, de réalité et une vision permanente de long terme sera indispensable pour accompagner cette très difficile révolution énergétique. Tout droit à l’erreur devra en être exclu : la vie du pays en dépendra totalement.

Dès maintenant, la capacité nucléaire française, principale source pilotable non carbonée en Europe avec l’hydraulique européen, devrait être préservée et les projets de nouveaux réacteurs dans les pays de l’Est européen comme en France (construction de 6 EPR de série) devraient être soutenus par la France et l’Europe.

Lien vers l’étude de Georges SAPY : La France aura-t-elle assez d’électricité en 2050 ?