Projet de décret sur l’assurance chômage : « Sur le fond comme sur la méthode, c’est un très mauvais cadeau de Noël », réagit la CGT

Publié le 25/12/2022
Denis Gravouil, en charge du dossier assurance chômage pour la CGT, le 21 novembre 2022. (BERTRAND GUAY / AFP)

« Emmanuel Macron et son gouvernement veulent faire des économies considérables sur l’assurance chômage », dénonce Denis Gravouil, en charge du dossier assurance chômage pour la CGT. « On invente des prétextes autour de la contrainte alors que dans les faits, on raccourcit les fins de droits ».

« Sur le fond, comme sur la méthode, c’est un très mauvais cadeau de Noël », réagit dimanche 25 décembre sur franceinfo Denis Gravouil, en charge du dossier assurance chômage pour la CGT, alors que le gouvernement a présenté vendredi soir aux partenaires sociaux une nouvelle disposition modifiant les règles d’indemnisation du chômage, à l’occasion de l’envoi du projet de décret au Conseil d’État. Ce décret inédit prévoit une baisse de 40% de la durée d’indemnisation, quand le taux de chômage français aura atteint 6% en moyenne au niveau national. « On est en train de pousser des chômeurs vers le RSA, vers la très grande pauvreté ».

>> Assurance-chômage : la précédente réforme a fait baisser les allocations de 16% en moyenne

franceinfo : Est-ce que vous avez été surpris par ce projet de décret ?

Denis Gravouil : C’est vraiment, sur le fond comme sur la méthode, un très mauvais cadeau de Noël pour les chômeurs qui pourraient être concernés. Ce gouvernement est en train de casser l’assurance chômage et quand il a tous les syndicats en face, que ce soit sur l’assurance chômage ou les retraites, il n’en tient absolument pas compte.

« Il nous bassine avec du dialogue social, mais il ne sait même pas le sens du mot dialogue ni le sens du mot social. »Denis Gravouil, en charge du dossier assurance chômage pour la CGT

à franceinfo

On fait énormément de pseudo concertations. On nous invite à des tas de réunions. Sauf que le gouvernement avance avec son idée en n’écoutant absolument rien. Quand l’ensemble des syndicats est contre sa politique, si le gouvernement était un tout petit peu démocrate, il écouterait ça.

L’argument du gouvernement, c’est de rendre les règles plus dures quand le marché de l’emploi s’améliore et inversement quand la situation se dégrade. L’assurance chômage fait déjà l’objet de réformes. Pourquoi la nécessité de les renforcer, selon vous ?

La véritable raison, c’est qu’Emmanuel Macron et son gouvernement veulent faire des économies considérables sur l’assurance chômage. Imaginez qu’on baisse en deux ans les pensions de retraite ou les salaires de 16%. C’est exactement ce qui se passe sur l’assurance chômage. Il faut faire des économies à tout prix. Et on invente des prétextes autour de la contrainte, autour de la contracyclicité [nouveau concept de modulation des droits au chômage selon la conjoncture économique], des termes extrêmement techniques. Alors que dans les faits, on raccourcit les fins de droits pour ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas pu retrouver du boulot avant l’épuisement de leurs droits au chômage. Ils vont perdre plusieurs mois et ils pourraient encore perdre avec cette nouvelle disposition.

On est contre ce mécanisme parce que ça veut dire qu’en gros, les millions de gens qui restent au chômage sont responsables de leur situation. Ça ne veut absolument rien dire. Ce n’est pas parce qu’il y a du boulot au quartier de La Défense à Paris que des métallos aveyronnais qui ont vu leurs entreprises être délocalisées ont retrouvé du boulot pour autant.

Si le chômage passe en dessous des 6%, le gouvernement affirme qu’on s’approche d’un niveau de quasi plein emploi et que le marché du travail sera plus souple.

Alors c’est le plein d’emplois précaires dans ces cas-là. Parce que d’abord, on ne compte que le taux de chômage des gens qui sont au chômage total.

« Dès qu’on a travaillé une heure en intérim, on n’est pas considéré comme étant au chômage. »Denis Gravouil

à franceinfo

Et même si on passait à cinq millions de chômeurs, il resterait toujours cinq millions de personnes (…) qui on besoin d’un revenu de remplacement, destiné justement à remplacer des salaires perdus pour ceux qui ne peuvent pas exercer leur droit au travail.

Ces propositions gouvernementales peuvent-elles encore changer ?

J’espère bien ! Là, on est tous montés au créneau parce qu’on a découvert ça vendredi [23 décembre] et on est tous en train de dire qu’il est inacceptable que cette disposition figure dans cette façon-là. On est en train de pousser vers le RSA, vers la très grande pauvreté des chômeurs qui n’auront pas pu retrouver du travail. Pour l’instant, que je sache, on n’a pas trouvé six millions d’emplois disponibles et stables pour tous ceux qui en ont besoin.

Camaïeu et les autres…

C’est noté sur un post-it : Appeler une ex-salariée de camaieu. Demain, il y a une conférence de presse. Mais, je n’aime pas trop ces moments. Les autres journalistes m’agacent et le moment est souvent impersonnel. J’appelle donc une des 26 ex-salariées du Puy-de-Dôme. Elle décroche. Elle a du temps à m’accorder, me dit-elle. J’entends le sourire au bout de sa voix et les larmes au bout de ses yeux. La pudeur de la victime. Ne pas craquer tout de suite. Je ne suis qu’une journaliste. Peut-être se méfie-t-elle un peu. Il y a un groupe whattsapp qui permet aux dirigeants de communiquer avec « leur base ». En juillet, les salariés ont reçu un message de leur direction « tout va bien, on va réinjecter 14 millions d’euros. »

Parce qu’il faut dire que dans les magasins, ce n’est pas terrible. Bien sûr, il y a eu le covid. Mais, en Juillet 2020, la marque est reprise par Michel Ohayon. 14eme fortune de France, propriétaire de Go Sport, La grande Récré, Les cafés Legal, et quelques galeries Lafayettes. Dès son arrivée, il investit énormément dans la communication. « Il faut changer l’image de l’enseigne » affirme-t-il. Mais, les salariés sont dubitatifs. Dans les magasins, aucune collection ne se renouvelle. Pendant 6 mois, la collection d’été restera en boutique. A titre d’exemple, dans le magasin de mon interlocutrice, on passe de 2500 euros de chiffres d’affaires par jour à 400 euros. Les stocks sont ridicules, les magasins sont vides. Aucune collection n’est achetée par le patron. Puis, il y a eu une cyber-attaque. Pendant 6 mois, tout déconne, c’est difficile de faire des commandes. Pas de chance. Enfin, en tous cas pas pour les salariés. Car, le patron a justement contracté une assurance contre les cyber-attaques, quelques semaines auparavant. Ça tombe à pic ! Bon, mais, le numéro 2 l’a écrit sur Whattsapp, « tout va s’arranger. »

Apprendre son licenciement par BFM TV

Alors, les employés partent sereinement en vacances. Quand ils reviennent en août, ils apprennent que leur entreprise a été placée en redressement judiciaire. Là, personne ne leur a rien dit. Le fil Whattsapp est silencieux. Depuis, il l’est toujours. Mercredi, le tribunal de Lille a annoncé la liquidation de l’enseigne, après 38 ans d’existence. Celle qui me parle au téléphone s’excuse, elle sanglote. Cela faisait 21 ans qu’elle bossait pour Camaieu. Son seul et unique vrai boulot. Elle apprend la liquidation de son entreprise et donc son licenciement par BFM TV. Ses copines l’appellent, ce sont les clientes qui leur ont appris. Elle allume la télé. Pour une fois, la chaîne ne raconte pas de conneries.

On brade le dernier jour

Elle vient de perdre son boulot, mais sa direction ne l’a pas prévenue, pas contactée. Elle ne sait même pas ce à quoi elle a droit, si elle doit aller pointer à Pôle Emploi. Désemparée, elle me demande conseil. Elle a su mercredi par BFM TV que samedi, elle irait pour la dernière fois dans sa boutique. Le Whattsapp se rallume, sans s’affoler. On prévient les salariés que samedi c’est le dernier jour et que, donc tout est à 50 %. Alors, les vendeuses sortent leurs derniers vêtements à vendre et regardent la foule profiter des bonnes affaires. Samedi soir, elles baissent le rideau de fer. Elles ont un goût amer. On n’a pas daigné les prévenir. On n’a pas daigné non plus sauver leur entreprise.

Elles ont l’impression que le grand patron a profité du système, des subventions du Covid, des assurances et qu’il a tout pris. Tout. Leur boulot. Leur marque. Leur identité, même ose-t-elle me souffler au téléphone. « Je retrouvera du travail. Mais, s’enrichir sur notre dos. Profiter du système, et ne même pas nous remercier pour tout ce qu’on a fait, ça je n’y arrive pas. » Elle a 43 ans, elle pleure de l’autre côté du téléphone, elle m’invite à l’AG de demain, où les salariés seront quasi tous là. Ils ont des questions à poser, des actions à mener. Elles ne savent même pas, pour la plupart comment ça marche les licenciements. Elles n’ont bossé que pour la marque. Elle finit par sécher ses larmes. J’entends ses enfants derrière. Tenir le cap, le coup, la face. On se dit à demain. Je lance un « bon courage » qu’elle mériterait au centuple. Puis, on raccroche.

Un monde à deux mondes

Puis, je chiale. Hier, les salariés de B&M à qui on coupe les frigos pour les économies d’énergie pendant que les cadres bossent en t-shirt dans leurs bureaux climatisés. Ce matin, les salariés de Uber Eat France licenciés (sauf ceux de Paris). Alors qu’ils étaient déjà maltraités en tant que salariés, on n’ose pas imaginer les conditions de licenciement. C’est un monde à deux vitesses. Un monde à deux faces. Une lutte des classes exacerbée sans que cela n’indigne plus personne. Il y a ceux qui jettent ceux qui les ont enrichis. Ceux qui ont le pouvoir et ceux qui n’ont que la grève et la lutte. Ceux qui ferment des usines et ceux qui crient pour les garder ouvertes. Ceux qui décident, ceux qui subissent. Alors même que les essentiels sont en bas de la pyramide. Et que ce bout pointu est trop aiguisé pour être humanisé. Il y a ceux qui ne pensent qu’à leur enrichissement quand les autres pensent collectivement la société. Malheureusement, ce sont toujours les mêmes qui gagnent.

Témoins des héros du quotidien

Et quand on est journalistes, on est témoins de ces injustices et horreurs humaines. On les relate comme on peut. Parce que voici la réalité du monde dans lequel nous vivons. Et notre rôle est de vous le montrer tel quel. Et nous en sommes désolés. Mais savoir ce monde c’est le début pour le combattre. Alors, demain on sera à l’AG des Ex-Camaieu, on sera du côté des Uber Eat dans les jours à venir. On suivra la grève des « B&M »…Et, on vous donnera des nouvelles de tous ces héros du quotidien. On déprimera encore un peu. Mais, on les trouve beaux tous ces gens en lutte ensemble, sans être résignés. On les trouve beaux. Et ceux qui nous lisent, qui lisent leur histoire, leurs mésaventures les accompagnent aussi. Alors merci d’être là…

Présence tentaculaire des cabinets de conseil au sein des ministères

Un rapport du Sénat rendu public jeudi 17 mars met en évidence la présence tentaculaire des cabinets de conseil au sein des ministères. Rien que pour l’année 2021, 1 milliard d’euros minimum ont été dépensés par l’État pour obtenir ces conseils.

Le point de départ de cette enquête du Sénat, la gestion de la crise sanitaire à partir de 2020. On apprend à ce moment-là que le cabinet de conseil McKinsey est intervenu dans la campagne vaccinale. L’influence de ces intervenants extérieurs dans les ministères est alors mise en lumière. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Car selon la sénatrice PCF Éliane Assassi, les cabinets sont intervenus sur des pans entiers de politique publique. Par exemple, le cabinet Capgemini a travaillé sur la simplification de l’accès aux droits des personnes handicapées. Pour la réforme de l’aide juridictionnelle l’appui a été demandé au cabinet EY. 

1 milliard d’euros dépensés en 2021

Au total, seulement pour l’année 2021, 1 milliard d’euros minimum ont été dépensés par l’État pour avoir recours à ces conseils. Le cabinet qui est particulièrement dans le viseur du Sénat est l’américain McKinsey, très sollicité par l’État. Pendant l’enquête, un de ses directeurs assurait payer l’impôt sur les sociétés en France. Les sénateurs qui ont vérifié affirment que McKinsey n’aurait pas payé d’impôt sur les sociétés en France depuis au moins dix ans. Entre 2018 et 2021 les dépenses des ministères ont été multipliées par 2,36. Le président est intervenu sur cette enquête en justifiant et validant le recours à des intervenants privés. 

Le logement, la priorité oubliée du quinquennat (2)

C’est le plus gros poste de dépenses obligatoires, et son augmentation pèse lourdement dans le niveau de vie des Français : les 10 % les plus pauvres y consacrent même 40 % de leur budget. Le logement est pourtant le grand absent de la campagne présidentielle. Il l’était déjà en 2017. « Le logement n’a jamais été une priorité de l’exécutif au cours de ce mandat », souligne le 27e rapport annuel de la Fondation Abbé-Pierre (FAP), rendu public ce mercredi 2 février.

ORPEA : Pourquoi cette indignation ?

Le scandale ORPEA, dénoncé à juste titre, secoue les milieux politico-médiatiques. L’Atelier propose une lecture des réactions médiatiques (en particulier sur les chaînes TV « Bolloré »). Listons leurs observations.« Scandale »

  1. « Scandale »

Ils ont raison. Mais leur réaction violente révèle que ces chroniqueurs se sentent touchés directement. Ils découvrent ce qui d’ordinaire ne les touche pas. Ils ont l’argent et l’argent est un bouclier. Sauf que là, il ne les a pas protégés. D’où leurs mines effarées.

2. « L’Etat n’a pas rempli ses missions »

De quelles missions s’agit-il ? De suivi et contrôle. Sauf que pour cela, il faut une démarche politique volontariste et des moyens. Ces moyens, ce sont des contrôles avec des fonctionnaires indépendants. Or, ce sont les mêmes médias qui ne cessent de dénoncer la « pléthore de fonctionnaires », « les contrôles tatillons »..etc.

  1. « L’Etat a été content de se décharger sur le privé »

Là, ils n’ont pas tort. Il est vrai que l’Etat a renoncé à prendre en charge « le grand âge », tout en tenant des discours mielleux… non suivis d’effets. Au nom de quoi : de la liberté de choix, de la liberté d’entreprendre, de la réduction des charges partagées avec baisse de la fiscalité (ex : suppression de la fiscalité sur les grandes fortunes). Donc, ils n’ont pas tort car l’Etat a répondu à leurs exigences libérales.

  1. « Ce secteur est d’un faible rendement financier »

L’argument se veut technique et plus subtil. Il n’est pas totalement faux en théorie du fait du poids des dépenses liées aux salaires. Dans la pratique, c’est un peu différent (Cf article du Canard Enchaîné ci-joint). Dans l’absolu, la gestion-placement financier EHPAD n’est pas la poule aux œufs d’or. Mais, vu la quantité de personnes concernées et l’évolution démographique, au niveau de la bourse, une opération financière sur ce créneau est sans risque et « tranquillou ». Quand en plus, comme ORPEA, on ajoute tarifs délirants, magouilles, retro-commissions…, ça devient formidable.

Surtout, ces commentateurs passent sous silence un point essentiel : la réalité sur le poids des dépenses liées aux salaires. En effet, les dépenses salariales concernant les médecins-coordonnateurs et les infirmiers sont prises à 100 % par l’Etat. Il en est de même (à hauteur de 70 %) pour les aides-soignants.

A chacun.e de conclure

3 février 2022

Le canard enchaîné du 02 février 2022

L’atelier de gauche  soutient le mouvement de grève des agents municipaux contre la loi de transformation de la fonction publique et l’absence de dialogue du maire de Beaumont

L’atelier de gauche  soutient le mouvement de grève des agents municipaux contre la loi inique de transformation de la fonction publique et l’absence de dialogue total du maire avec ses personnels…malgré les beaux discours…

Cette absence de concertation s’ajoute aux nombreux signes déjà perçus : suppression de la parole aux citoyens à la fin des conseils municipaux, grande difficultés pour prendre des rendez-vous avec les adjoints chargés de dossiers importants …comme celui de la révision du PLU…

et rappelle sa position

Tout au long de la pandémie, les fonctionnaires n’ont ni ménagé leurs efforts, ni compté leurs heures pour que les services publics continuent d’assurer leur mission d’intérêt général. Auprès des personnes âgées, de nos enfants, dans l’accueil du public, ils et elles ont été essentiel·le·s !

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Un pognon de dingue.. Documentaire : par qui Macron a été mis en place.

Un documentaire vérité sur la France de 2020

L’actuelle crise sanitaire du Coronavirus, étincelle d’une bombe financière préexistante, jette une lumière crue sur les failles du système capitaliste. Les déclarations d’intention des dirigeants politiques s’échouent sur l’impératif de profit immédiat, cher à la classe dominante.
Un Pognon de Dingue inverse les propos de M. Macron sur les minima sociaux pour mettre à nu la situation des Français selon leurs moyens réels.
En 2019, deux records historiques ont été battus dans l’Hexagone : le nombre absolu de personnes vivant sous le seuil de pauvreté monétaire et le montant des dividendes versés en majorité aux détenteurs de gros portefeuilles financiers. Nous menons l’enquête sur ces inégalités, sur ce qui les permet et les justifie a priori, sur la façon dont une petite minorité maintient son pouvoir économique et sur les chemins à emprunter vers une véritable justice économique et sociale pour demain.

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Morts en chaine, à vélo

Au boulot chronique hebdomadaire (L’Humanité Dimanche du 3 juin 2021)

Le drame  des livreurs à vélo, esclaves des plateformes type Ubereats, Deliveroo, Frichti s’étend tous les jours…  Il n’y a pas que les 500 morts par accident du travail par an, dont 21 policiers et 215 ouvriers du BTP, il y a la hausse des accidents routiers professionnels. Parmi eux, depuis Franck Page, 18 ans, tué à Pessac en 2019, en en est à 8 livreurs morts à vélo depuis deux ans. A Paris La Chapelle le 4 mai, c’est le jeune Rumel Ahmed, qui est percuté par un camion. Le 6 mai c’est à Sotteville-lès-Rouen, que Chahi, 41 ans, père de 4 enfants, est mortellement renversé.

Deliveroo s’est permis d’abaisser de 5 euros à 2,60 euros chaque course et d’inciter à la prise de risque, avec une prime liée à chaque commande réalisée sans condition. Pour survivre, il faut un rythme de travail infernal. Pas de contrat de travail, ni protection sociale, ni cotisation retraite, ni droit à chômage, pas d’indemnisation ni couverture des frais médicaux en cas d’accidents hormis de très rares motifs dans les contrats d’assurance des plates-formes.

Pas de salaire minimum, ni de rémunération pendant les temps d’attente, paiement à la tâche, au nombre de kilomètres parcourus, calculé en toute opacité par les applications. La cadence de travail des livreurs leur est imposée à la fois par les algorithmes, par les exigences d’immédiateté des clients et par cette forme de rémunération qui impose de travailler le plus vite possible, sans pause ni congé.

Ce système n’est pas seulement inhumain, amoral, il tue. La justice le condamne dans tous les pays, en Angleterre, en Italie.

En France il faut évidemment interdire ces pratiques criminelles par la loi,  restaurer et imposer la présomption de salariat. Macron et Borne savent tout ça et se refusent à agir parce que ces plateformes, au fond, c’est leur modèle de société. JC Cambadelis vient de dire que « Macron est un caméléon », non, non pas du tout, Macron défend avec acharnement une société sans statut, une société post-salariale, au coût du travail bas, aux superprofits, uberisée et sans cotisations sociales.

Le 18 juin partout en France les livreurs manifestent.

Gérard Filoche

Inégalités. L’écart de revenus ne cesse de se creuser en France

http://www.humanite.fr/

Jeudi 3 Juin 2021

 

 

L’Observatoire des inégalités a publié mercredi son rapport bisannuel. Il pointe des différences persistantes face à l’emploi et une augmentation de la pauvreté.

 

Les inégalités de revenus repartent à la hausse. C’est le constat dressé par l’Observatoire des inégalités dans son rapport bisannuel sur les inégalités, en se fondant sur des données allant jusqu’en 2019. « Les inégalités de revenus en France augmentent depuis le début des années 2000, malgré une phase de baisse en 2011 et 2012, déplore Anne Brunner, qui a codirigé le rapport. Plusieurs signes nous montrent une remontée des inégalités depuis 2016 et, en particulier, depuis 2017 et 2018. À cette période, des mesures fiscales très favorables aux plus riches ont été prises, ce qui laisse penser que les inégalités de revenus repartent, depuis, à la hausse. Cela vient confirmer que la France n’est pas un pays égalitaire. »

Premier indicateur qui montre ce rehaussement des inégalités : en 2019, le niveau de vie minimum des 10 % des Français au revenu disponible le plus élevé est 3,5 fois supérieur au niveau de vie maximum des 10 % des Français au revenu disponible le plus bas. Un des plus hauts niveaux enregistrés ces quarante dernières années.

Quand on compare plus précisément les revenus moyens de ces deux groupes opposés, l’écart est encore plus frappant. En 2018, les plus riches ont touché un revenu 7,1 fois plus élevé que les plus pauvres, après impôts et prestations sociales. Cet écart se mesure concrètement : ce sont 52 500 euros que les 10 % les plus riches ont gagnés en plus, en moyenne, sur l’année 2018. En 1998, ce montant était de 43 100 euros. Comme le souligne l’Observatoire des inégalités, la suppression de l’impôt sur la fortune ou encore la baisse des impôts sur les revenus financiers ne sont pas étrangères à cette dynamique.

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Le projet Macron, c’est la privatisation du monde

https://www.youtube.com/channel/UC__xRB5L4toU9yYawt_lIKg?app=desktop BLAST – Le souffle de l’info

Gaël Giraud, né le , est un économiste et prêtre jésuite français. Spécialiste en économie mathématique, il a été économiste en chef de l’Agence française de développement (AFD) de 2015 à 2019.

lecture : 2 minutes 16

Exclusif. Les chiffres cachés du travail chez Amazon en France

http://www.humanite.fr/

Article  du Jeudi 21 Janvier 2021 par Jean-Baptiste Malet

Ces informations, les dirigeants d’Amazon France Logistique refusent depuis des années de les communiquer aux représentants du personnel et aux journalistes. Un rapport inédit, que l’Humanité a pu consulter, expose enfin la réalité du bilan social en France de l’empire de Jeff Bezos, 2e homme le plus riche au monde. Un document qui contredit crûment le discours officiel. Révélations à lire dans L’Humanité.fr :

Exclusif-les-chiffres-caches-du-travail-chez-amazon-en-France

SALARIES DE L’ADAPEI du Puy de Dôme EN GRÉVE POUR LA SAUVEGARDE DE LEURS CONDITIONS DE TRAVAIL

Les salarié-es de l’Adapei 63 sont en grève et en lutte depuis 8 jours

Les professionnels de l’Adapei 63 aux parents et aux personnes accueillies.

 

Les professionnels de l’Adapei 63 se sont fortement impliqués et encore maintenant, pendant les deux confinements que nous avons traversés, pour préserver la santé, la sécurité et un accompagnement de qualité et cela malgré une situation difficile.
Voici le résultat.
Après avoir dénoncé le 26 novembre 2019, l’accord sur l’organisation du temps de travail, notre Direction Générale vient de faire la même chose avec nos usages et engagements unilatéraux le 15 décembre 2020.
Tous les professionnels de l’Adapei 63 tiennent à vous informer qu’ils entament une mobilisation et un mouvement de protestation, pour répondre à ces dénonciations.
De nombreuses Adapei sur le territoire national font, ou ont fait, l’objet d’attaques similaires. C’est une volonté politique de toutes ces Directions de s’attaquer à nos conditions de travail et à celles de nos collègues.
Notre Direction a attendu 14 mois pour nous dévoiler ses propositions élaborées par les cadres qu’elle a mis en place, sans concertation avec les professionnels de terrain que nous sommes. Il ne reste que moins de 2 mois (jusqu’au 28 février 2021) pour finaliser un accord.

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Les jeunes, premiers de cordée de la pauvreté

http://www.humanite.fr/

Vendredi 27 Novembre 2020

 

Dans son rapport annuel, l’Observatoire des inégalités alerte sur les écarts qui risquent de se creuser. Et propose des solutions pour aider ceux qui risquent de tomber dans le cercle infernal de la misère.

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RSA : Plus de bénéficiaires, pas de financement !

3 novembre 2020

En mars 2020, 1,9 million de personnes étaient allocataires du RSA (environ 15 500 dans le Puy-de-Dôme, dont     1 000 nouveaux bénéficiaires entre février et avril 2020). Selon les prévisions elles seront près de 200 000 de plus d’ici la fin 2020, soit près de 9 % d’augmentation en moyenne sur l’année. Cette situation est inédite : par comparaison, entre 2017 et 2018, le nombre de bénéficiaires du RSA avait augmenté de 1 %.

C’est une conséquence de la crise sanitaire, et le couvre-feu puis le confinement ne vont rien arranger.

Face à cette situation, les Départements sont en première ligne. Ce sont eux qui financent le RSA pour un peu plus de 11 milliards d’euros en 2019. Dans le Puy-de-Dôme, le budget 2020 adopté le 3 juillet fait apparaître pour le RSA la somme de 97 millions d’euros en augmentation de 4 % par rapport à 2019 ; ce montant représente environ 14 % du budget de fonctionnement qui s’élève à environ 684 millions d’euros. Avec la hausse de 9 %, c’est plus d’un milliard d’euros supplémentaires à trouver. Et avec quelles ressources ?

Les ressources des Départements sont essentiellement constituées des droits de mutation à titre onéreux (taxes sur les transactions immobilières) qui baissent en période de crise ; des dotations de l’ État, stables après avoir baissé pendant plusieurs années ; et depuis cette année d’une fraction de la TVA (elle aussi en baisse en période de crise) qui remplace la taxe foncière transférée aux communes.

Ainsi les dépenses sociales des Départements augmentent en période de crise alors que leurs recettes baissent ! Et l’ État ? Déjà en 2019 il ne prenait en charge que 60 % du RSA. Le nombre de bénéficiaires augmente, les dotations baissent : mécaniquement, l’écart se creuse ! Si, jusqu’à l’année dernière, les Départements pouvaient augmenter la taxe foncière, ils n’ont aucun pouvoir sur la fraction de TVA qu’ils perçoivent et qui pèse proportionnellement davantage sur les classes populaires. Cette négation de l’autonomie fiscale des Départements devient intenable dans une période où la solidarité nationale devrait jouer pleinement son rôle, « quoi qu’il en coûte » disait Macron.

Le modèle de financement de la solidarité en France doit être profondément revu, pour le RSA comme pour les autres prestations sociales portées par les Départements, notamment celles destinées aux personnes âgées ou handicapées.

F. U

GOUVERNEMENT ET FINANCEMENT DES DÉPENSES DE SANTÉ , LES ROIS DE LA DIALECTIQUE !

 

            Encore bravo à notre Président-représentant du libéralisme et à ses ministres CASTEX, VÉRAN et DUSSOPT lorsqu’ils vous annoncent (à grands coups de trompes médiatiques et juré-craché) qu’ils « ne pratiqueront aucune augmentation des impôts ». Mais ils préparent en sous-main une au moins aussi importante récupération financière dans la poche des français, sous la forme (bien rodée depuis longtemps) d’une augmentation de taxes, qu’ils s’empressent de justifier, sous le nom délicat de « contribution exceptionnelle » (Taxe Covid).

Toutes ces mesures seront couplées (c’est nouveau, çà vient de sortir) à la mise en place d’un forfait payant (non susceptible de remboursement) pour les passages dans les services d’urgence sans hospitalisation à partir de 2021, même pour ceux qui ne disposent d’aucune alternative !

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Infrarouge. Les damnés, des ouvriers en abattoir. Sur France 2, en replay

un documentaire remarquable qui montre les mots et les maux des ouvriers d’abattoir…

Joseph, Nadine, Stéphane… les lignes d’abattage ont été ou sont encore leur cadre quotidien. Ce mardi soir, sur France 2, ils témoignent, entre rage et désespoir.

Le documentaire s’ouvre sur des images du procès de quatre salariés et de l’ex-directeur de l’abattoir de Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), en septembre 2018, devant le tribunal de grande instance de Pau. La justice avait été saisie à la suite de la révélation, par l’association L214, de pratiques de maltraitance animale. Si les images de bêtes martyrisées ont ébranlé l’opinion publique, un raisonnement simpliste a pu, dans le même temps, se répandre, assimilant les ouvriers de ce secteur à des « tortionnaires ». De ce point de vue, ce numéro d’ Infrarouge remet les pendules à l’heure. L’idée n’est ni d’exonérer ni d’accabler des individus, mais de démonter les mécanismes d’une violence en réalité systémique. « Je suis un élément participatif, constitutif de l’industrie de la mort. Ce n’est pas anodin : on ne fabrique pas des chaises, on tue des bêtes », annonce d’emblée Joseph, qui n’est pas tout à fait un inconnu. Les amateurs de littérature reconnaîtront Joseph Ponthus, auteur du roman (éditions de la Table ronde, 2019), dans lequel il a consigné son quotidien d’intérimaire en abattoir. Une expérience aujourd’hui derrière lui, mais qui ne cesse de le hanter. Un autre visage se révèle familier, celui de Nadine (Hourmant), charismatique déléguée syndicale FO de France Poultry (ex-Doux). D’autres s’expriment à visage caché, tel Michel qui, après une description factuelle du protocole d’exécution des animaux, confie « pleurer » avec ses vaches.

Comment ne pas flancher ? Et, surtout pourquoi ne pas partir ?