Les combats de POLITIS

par Michel Soudais

Les trente-trois ans d’histoire de notre journal ont dessiné un engagement concret, souvent en avance sur son temps, et un lien fort, jamais démenti, avec ses lectrices et ses lecteurs.

Un journal est un être vivant. Un être collectif avec une histoire qui le conduit à évoluer au fil du temps, affirmant ainsi sa personnalité. Sans nécessairement s’éloigner du projet qui a présidé à sa naissance. Dans la forme, le Politis que vous lisez en 2021 ne ressemble pas à l’hebdomadaire né le 21 janvier 1988. Tout au long de ces trente-trois années, votre journal s’est décliné dans plus d’une douzaine de formats ; son logo a changé ; sa pagination a varié de 52 pages à ses débuts à 32 aujourd’hui, en passant par une période de vaches maigres où il n’en comptait plus que 16. Il a planté son drapeau sur Internet à la fin du XXe siècle et s’est progressivement adapté à de nouveaux usages, en s’efforçant d’ajouter aux articles de l’hebdo papier des contenus originaux. Toutefois, fidèle à son jour de parution – le jeudi –, Politis n’a jamais cessé d’informer, d’alerter et de décrypter le monde dans lequel nous vivons.

Cette mission essentielle à la démocratie, qui est celle de tout journal d’information, nous revendiquons la mener avec notre grille de lecture. Celle-ci nous conduit, même si nous ne nous interdisons aucun sujet, à en privilégier certains. À trier l’information, comme tous les médias, et poser sur elle une analyse qui, parce qu’elle ne s’inscrit pas dans le courant dominant de la pensée politique, économique ou culturelle, nous vaut d’être catalogués « presse d’opinion ». Une qualification péjorative à visée disqualifiante dans la bouche et sous la plume de celles et ceux qui se piquent d’une objectivité en trompe-l’œil. Un article de Politis n’est pourtant pas plus subjectif et ne reflète pas plus une opinion qu’un article du Point, de L’Obs, du Figaro ou du Monde. À cette différence que nous ne craignons pas, pour notre part, d’afficher la couleur de notre engagement. Mais un engagement non partisan qui s’articule autour de valeurs et de causes.

Les droits de l’homme, la solidarité et les libertés publiques, la question sociale, l’écologie, le féminisme, l’anticolonialisme et l’altermondialisme, la question palestinienne… Faudrait-il les hiérarchiser que cela s’avérerait impossible. Nous nous contenterons de survoler quelques-uns de nos combats. À commencer par la lutte contre les préjugés touchant à l’immigration. « La France manque d’immigrés », titrait crânement le premier numéro de Politis avec une forte interview du démographe Alfred Sauvy. On y contestait le consensus qui, « de la droite au PC, en passant par le PS et tous les syndicats », estimait nécessaire de « maîtriser les flux migratoires ».

Lire la suite : https://www.politis.fr/articles/2021/12/les-combats-de-politis-43849/

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.