Quels enseignements tirer du « référendum » chez Smart ?

13 Septembre 2015

​Par référendum, les 800 salariés de Smart ont décidé d’accepter le plan de la Direction, de travailler 37h00 payées 35 dès le 1er octobre 2015 puis 39h00 payées 35 le 1er octobre 2016. Par contre, la Direction s’est engagée au maintien de l’emploi jusqu’en 2020 et de revenir aux 35h00 dès 2020.

Des compensations sont proposées aux salariés :

Augmentation de 120 € bruts par mois et une prime unique de 1000 €.

La participation a été de 93 %.

Sur les votants, 74 % des cadres ont voté « oui » contre seulement 39 % des ouvriers.

La CGT de l’entreprise était pour le « NON »

Quels enseignements tirer de ce vote ?

Les « cols blancs » (Cadres et Tam) ont voté « oui » et les ouvriers « non ».

Il est important de noter que l’entreprise ne rencontre pas de difficultés particulières et a une bonne compétitivité, mais la Direction veut constamment l’améliorer, d’où des efforts continus à demander aux travailleurs.

Le maintien de l’emploi ne signifie pas que les salariés partant à la retraite seront remplacés, ni ceux qui démissionnent ou signent des ruptures conventionnelles, ni ceux qui seront licenciés pour faute, ni les mutations.

C’est un test important pour le Patronat.

Ce référendum pourrait se reproduire ailleurs.

Cela pourrait permettre au patronat de « soi-disant réduire le coût du travail » en France, de réaliser de solides économies et distribuer plus de dividendes à ses actionnaires.

Il y aura dégradation des conditions de travail des salariés, des conséquences sur l’équilibre vie privée/vie professionnelle.

Avec la possibilité de signer des accords d’entreprise moins favorables que la LOI, il sera possible à un employeur d’exercer des pressions sur les salariés pour qu’ils abandonnent l’intéressement, la participation, etc.

Rien ne dit qu’en 2020, l’employeur ne va pas demander aux travailleurs de travailler 40 heures payées 35h00, toujours en contrepartie de maintien des emplois.

L’arrivée de migrants, saluée par Mr Gattaz, Président du MEDEF est un moyen de pression supplémentaire sur les salariés Français qui accepteraient de nouvelles concessions pour garder leur emploi.

Enfin, c’est le rêve du Patronat : court-circuiter les syndicats de l’entreprise même si ces derniers doivent être consultés pour dire s’ils sont favorables ou non à cet accord.

Le patronat va s’employer à la mise en place de « syndicats maison » ou « pro-Direction ».

Parfois, certains « représentants syndicaux » vont collaborer activement avec les Directions » pour signer n’importe quel accord, fût-il défavorable aux salariés et contrecarrer les syndicats les plus virulents dans l’entreprise.

Si l’employeur décide en 2019 de fermer l’usine, quelles sanctions risque-t-il?

Si l’employeur délocalise l’usine en Turquie en 2020 (ou avant) et propose aux salariés un emploi en Turquie, que se passera-t-il (il y aura bien maintien des emplois)?

Le patronat veut la disparition du salariat (remplacement par des robots quand c’est possible ou alors favoriser le passage de salarié à auto-entrepreneur).

Bref, ce « référendum » constitue une mauvaise nouvelle pour les travailleurs.

Ce « référendum » intervient quelques jours après les déclarations de Manuel Valls et François Hollande sur la réforme du Code du Travail.

NB : de telles promesses avaient été faites chez Continental (ne pas fermer l’usine) , il y a longtemps mais elles n’avaient pas été tenues par la Direction.

Ce gouvernement « socialiste » aura fait plus de mal à la classe ouvrière que de nombreux gouvernements de droite.

Bernard

http://cgt-pp-grimaud.overblog.com/2015/09/quels-enseignements-tirer-du-referendum-chez-smart.html

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